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Quelques minutes avant l’ouverture du sommet des Chefs d’Etat à Ouagadougou, le samedi 7 juillet 2012, un groupe de personnes quitte la salle de Conférence. Selon leurs explications, des responsables maliens auraient demandé leur retrait de la salle, au risque de faire un scandale.

« Nous aussi, nous sommes des Maliens, nous ne sommes pas des rebelles, nous sommes nés Maliens et nous restons maliens ». Très remonté, c’est par ces mots que Mohamed Ould Mataly qui se dit représentant de société civile de la région de Gao, s’est adressé aux hommes des médias après avoir été expulsé de la salle de conférence.

Il a fait savoir qu’ils sont venus pour éclairer les Chefs d’Etat et toutes les parties prenantes sur la situation réelle dans le Nord-Mali. « Nous sommes restés sur le terrain malgré la guerre et nous sommes là pour aider la CEDEAO à trouver des solutions, car nous sommes de ceux-là qui travaillons à ce que le Mali retrouve sa quiétude.

Mais quelle ne fut notre surprise quand on nous a dit que des responsables maliens nous ont pointé du doigt comme des rebelles et que si nous ne quittons pas la salle, ils allaient faire un scandale », a-t-il déploré. Mohamed Ould Mataly a précisé que c’est par respect au peuple du Burkina et aux chefs d’Etat qu’ils ont accepté de se retirer. « Les vrais rebelles, ce sont ceux qui sont en train de piller le Mali à Bamako et ils ne peuvent rien faire au Nord, car ils ne représentent rien au Nord Mali » a-t-il indiqué.

Il a poursuivi qu’ils se sont organisés en tant que société civile pour donner des cours aux enfants, et qu’ils ont créé des commissions avec des sous- commissions de l’électricité, de la santé, de l’agriculture, etc. Il a déclaré que l’agissement de certains responsables maliens relève plutôt de problèmes de personnes et de vengeance qu’autre chose.

Et Azaz Ag Loudag-Dag, conseiller communal de Bourem à Gao, de préciser qu’ils sont républicains. Il a lancé un appel aux responsables maliens à Bamako à ne pas tomber dans le piège du danger de l’exclusion, car il y a des milliers d’habitants du Nord qui travaillent à la souveraineté du Mali et qui sont républicains, mais qui n’ont pas eu l’opportunité de venir au Sud parce qu’au lendemain de l’invasion, des gens qui tentaient de rallier le Sud ont subi des violences. « Nous pensons que nous pouvons contribuer à ce processus de paix, parce que nous connaissons la mentalité des populations du Nord » a-t-il affirmé.

Il a indiqué qu’ils prennent même des risques en venant au sommet. Malgré tout « quels que soient les efforts de la CEDEAO, il faut tenir compte des populations du Nord désireuses de la paix », a-t-il prévenu. Il a assuré qu’ils vont se battre pour exprimer leurs points de vue partout où il le faut et à lutter contre l’exclusion.

Raphaël KAFANDO

Sidwaya

09 Juillet 2012

Source : Lefaso.net