Partager

ankara1.jpg
Les autorités d’Ankara ont réussi à donner un cachet particulier à cette rencontre inédite. L’hôte du sommet, le président Abdullah Gül, tout à sa joie d’inaugurer le premier sommet de coopération Afrique-Turquie, a assuré que son pays ne considérait pas l’Afrique comme uniquement le berceau de l’homme et des civilisations, mais surtout comme le centre de l’avenir.

Aussi a indiqué Abdullah Gül, son pays a organisé ce sommet avec l’idée que le succès de l’Afrique sera celui de l’humanité toute entière. Tout au long de l’histoire, Istanbul a été témoin et hôte de nombreux événements et réunions de grande importance. Toutefois, a-t-il indiqué, ce sommet constitue une primeur pour Istanbul, capitale économique de la 17è puissance économique mondiale et revêt une importance toute particulière.


Une preuve tangible

Le président turc a réitéré son bonheur de voir évoluer les relations avec les pays africains pour occuper toute leur place dans la mise en oeuvre multidirectionnelle de la politique étrangère de la Turquie. « C’est en 1998 que nous avons commencé à mettre en oeuvre notre Plan d’action d’ouverture vers l’Afrique » afin de consolider davantage nos relations politiques, militaires, culturelles et économiques avec les pays africains, a précisé Abdullah Gül.

Depuis que l’année 2005 a été décrétée « Année de l’Afrique », les visites réciproques ont donné un nouvel essor aux relations. C’est ainsi que la Turquie a pu être reconnue comme « partenaire stratégique » de l’Union africaine en janvier dernier, a-t-il rappelé.

Le volume des échanges commerciaux de la Turquie avec les Africains a presque été multiplié par six dans la dernière décennie et les investissements des entreprises turques dans les pays africains n’ont cessé de croître d’année en année.

On relève aussi la croissance des aides au développement, des actions humanitaires en direction des pays africains, le nombre accru de bourses d’étude supérieure accordées aux étudiants africains tandis que les aides accordées dans le domaine de la santé se comptent parmi les points positifs de la coopération afro-turque diversifiée, a souligné Abdullah Gül.

Le sommet qui se tient à Istanbul, a souligné le président turc est une preuve tangible de la détermination d’Ankara à développer davantage ses relations avec les pays africains. La « Déclaration d’Istanbul » et le « Cadre de coopération pour le partenariat Afrique-Turquie » vont pouvoir donner une orientation aux relations bilatérales, a souhaité le président turc.

La conception de la coopération turco-africaine met en avant la notion de partenariat et tient compte des conditions locales ainsi que des intérêts mutuels de nos pays et de nos peuples, a-t-il précisé.
Les documents soumis à l’approbation des chefs d’État et de gouvernement africains reflètent cette approche. Ankara juge importantes les possibilités de coopération entre la Turquie et les pays africains et accorde une importance particulière à l’entraide dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’éducation ainsi que des petites et moyennes entreprises.

L’humanité est désormais entrée dans une nouvelle ère où les destinées de l’ensemble des peuples sont intimement liées, a souligné le président turc. Les menaces et les risques globaux ne connaissent pas de frontières. Désormais, nul n’a le droit de dire qu’il « ne vit que dans sa propre région« , a-t-il estimé. C’est cette approche qui incite la Turquie à considérer que la destinée de l’Afrique est commune à celle de la communauté internationale qui devrait porter une attention accrue aux problèmes du continent africain.

Les difficultés et les souffrances du continent africain sont donc celles de tous, a jugé le président Gül avant de souhaiter que les pays et peuples africains prennent toute la place qu’ils méritent sur l’échiquier de la globalisation. Il a, par conséquent, souhaité à l’Afrique de devenir un havre de paix, de stabilité et de prospérité.


Une avance technologique importante

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, et son homologue de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo, ont pris part aux travaux de la rencontre des ministres des Affaires étrangères et du forum des hommes d’affaires africains et turcs.

Les opérateurs économiques maliens ont brillé par leur absence à ces assises malgré l’invitation qui leur avait été adressée. Ce que les ministres ont déploré. Mais, ce n’est que partie remise, ont-ils assuré. Ils pourront prendre le train en marche et y trouver intérêt car la Turquie présente de belles opportunités d’affaires et de coopération.

Le ministre Diallo a annoncé la venue prochaine à Bamako d’opérateurs économiques turcs pour discuter des opportunités d’investissements, notamment dans les domaines de la production industrielle de lait frais et autres produits dérivés du lait, de la production de viande pour l’exportation. Des hommes d’affaires turcs ont manifesté un intérêt particulier pour ces domaines d’activités, a confirmé le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce.

L’Afrique représente un enjeu majeur de coopération bilatérale et multilatérale pour la Turquie, qui est prête à dynamiser ses échanges avec le continent, a souligné le ministre Ouane.

La Turquie dispose d’une avance technologique importante dans plusieurs domaines de coopération sur laquelle les États africains peuvent s’appuyer pour amorcer leur développement économique.

Ankara a montré lors de ce sommet sa disponibilité à les accompagner. La balle est désormais dans le camp des États africains. La « Déclaration d’Istanbul » et le « Cadre de coopération pour le partenariat Afrique-Turquie » adoptés par le sommet devraient les aider à réagir dans la bonne direction.


Envoyé spécial
M. COULIBALY

21 Août 2008