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Cela a commencé à l’aéroport où toutes les délégations ont été accueillies par les masques et danseurs dogons. Elles ont ainsi pu admirer un pan important de la diversité culturelle du Mali.

La culture et l’art malien ont merveilleusement fait partie du décor de ce 23è sommet contribuant ainsi à sa brillante réussite.

Les premières dames ne se sont pas privées du plaisir et du privilège de visiter le Musée national (l’un des plus riches du continent) où elles ont été accueillies par le ministre de la Culture Cheick Oumar Cissoko.

A l’image de Mme Pascaline Sassou N’Guesso, elles n’ont pas caché leur émerveillement devant tant de merveilles, tant de témoins de l’histoire du pays et de rayonnement culturel jalousement préservé de l’usure du temps.

Les différentes rencontres ont été agrémentées par la musique, avec surtout l’ensemble instrumental du Mali. A l’hôtel Kimpeski où a eu lieu la rencontre des premières dames sur la mortalité maternelle et néonatale, c’est Mah Kouyaté N°1 qui s’est mise en valeur à travers une pertinence et captivante composition sur ce thème.

Elle a ensuite cédé la scène à Baba Salah Cissé, le meilleur espoir masculin de la musique malienne, qui a électrisé la salle en interprétant un titre de son nouvel album attendu dans les bacs ce mois-ci.

Le dîner officiel a aussi été dégusté et digéré sur un fond musical agréable. A l’affiche, Nahawa Doumbia, le célèbre couple aveugle Amadou et Mariam Bagayoko, Mah Kouyaté N°1, Abdoulaye Diabaté et Baba Salah.

La cerise sur le gâteau a été la prestation captivante et éblouissante d’une création sous la supervision de Massambou Wélé Diallo, Boncana Maïga et Toumani Diabaté. «La symphonie du président» !

C’est le titre magistralement interprété par une douzaine de koras, la flûte, les calebasses et par des voies sublimes comme Kassé Mady Diabaté.

Une réelle attraction culturelle

L’une des retombées du sommet, est qu’il a mis la culture malienne au devant de la scène. Presque tous les médias ont consacré des pages ou des émissions à la diversité culturelle du pays.

Le Mali est ainsi devenu, en l’espace d’un sommet, la plus grande attraction artistique du continent. Ce qui est un atout considérable au moment où les autorités maliennes consacrent de gros efforts à la promotion du tourisme.

«Label France» (le magazine international de l’actualité française) a ainsi consacré un dossier spécial au continent avec Rokia Traoré à la Une (voire notre photo). L’Afrique culturelle ; l’Afrique plus haut, plus vite, plus sport ; Nouvelles technologies : une chance pour l’éducation, les médias font bouger l’Afrique, une société civile qui s’affirme, les nouvelles littératures africaines, l’État de droit en Afrique, la paix, un défi africain ; l’Afrique qui réussit et l’Afrique, un génie original… sont les thèmes abordés dans ce N°61 (1er trimestre 2006).

«Les musiques africaines se portent et s’exportent bien.

Parmi les préférés des scènes européennes : l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly et son reggae engagé, le couple malien Amadou et Mariam, Cesaria Evora, reine de la morna capverdienne, la gracile Rokia Traoré du Mali ou encore le groupe ivoirien Magic System qui a fait danser la France entière», lit-on.

Les légendes vivantes qui ont traversé le temps et les continents n’ont pas été oubliées. Il s’agit notamment de la Sud-Africaine Miriam Makeba, le reggaeman ivoirien Alpha Blondy, Salif Kéita, Oumou Sangaré, Ali Farka Touré…

À leurs côtés, on trouve des stars comme le roi du m’balax (Sénégal) Youssou N’Dour, ou encore le «carré d’as congolais», tourné vers un public plus communautaire : Koffi Olomidé, Papa Wemba, JB Mpiana et Werrasson.

Parmi les valeurs sûres, le magazine cite l’Angolais Bonga et sa voix rocailleuse, Oliver Mtukudzi du Zimbabwe, Ismaël Lô et Baba Maal (Sénégal), Lokua Kanza (République démocratique du Congo) ou Richard Bona (Cameroun).

Il fait aussi un clin d’œil à Kamaldine, la nouvelle star d’Afrique de l’Ouest et la protégée du génial arrangeur malien Boncana Maïga. Les festivals de musique sont légion en Afrique.

Ce qui démontre toute la pertinence et l’efficacité de la créativité africaine.

Moussa Bolly

06 décembre 2005.