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« Les crises au nord du Mali, quelles pistes de solutions ? » est le thème de l’atelier d’échange initié, hier au CICB, par le Parti pour la renaissance nationale (Parena). La rencontre a regroupé de hautes personnalités, acteurs du processus de paix qui a abouti à la signature du Pacte national en 1991, des élus locaux, nationaux, de responsables d’organisations et d’institutions ainsi que de nombreux représentants de partis politiques.

Comment gérer la revendication du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ? Quelles réponses donner aux défis posés par Aqmi ? Faut-il négocier avec les groupes rebelles ? L’état de l’armée ? Quel peut être l’apport de la communauté internationale ? Ce sont quelques-uns des sujets sur lesquels les échanges ont porté. Pour le président du Parena, Tiébilé Dramé, l’organisation de cette rencontre participe de la volonté de trouver des solutions adéquates aux problèmes de la nation.

Des échanges, il est apparu que la crise actuelle au nord découle non seulement de la faiblesse de l’Etat malien dans l’application correcte du Pacte national, mais aussi des mouvements sociaux qui ont ébranlé les Etats arabes en particulier la Libye d’où sont venus la majeure partie des éléments qui composent les différents groupes rebelles qui écument présentement le Nord du Mali.

Les maires de Kidal et de Gao qui ont participé aux échanges ont estimé qu’il est illusoire de vouloir négocier avec les groupes rebelles. Même si leurs revendications divergent, leur objectif reste le même, c’est-à-dire détruire le Mali, ont martelé des élus locaux.

Le maire de Gao a réfuté l’idée selon laquelle, l’armée malienne ne disposerait pas de moyens logistiques notamment des armes. A ses dires, ce ne sont pas des rebelles qui terrorisent les populations du Nord, mais ce sont bien des terroristes venus d’ailleurs et qui doivent être traités comme tels.

Les participants aux échanges ont évoqué les différents obstacles qui se dressent sur le chemin de la paix. Parmi ces obstacles ils ont surtout noté l’actuelle situation politique qui règne à Bamako avec un tricéphalisme au sommet de l’Etat. C’est pourquoi beaucoup ont souhaité le retour à une stabilité politique au sommet de l’Etat.

Par ailleurs, il a été constaté aux cours des échanges que les Maliens ne pourront pas eux seuls venir à bout des terroristes au nord sans l’appui de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Denis Koné

Les Echos du 18 mai 2012