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Ces mots du Premier ministre, Modibo Sidibé, prononcés hier à la faveur du lancement officiel dudit programme en même temps que celui de la Réadaptation à base communautaire (RBC) constituent sans nul doute pour ces personnes une nouvelle graine d’espoir semée dans le champ de la solidarité nationale qui a tendance de nos jours à se dérober sous les pas des plus déshérités.

La cérémonie riche en couleurs s’est déroulée dans la salle de presse du Centre international de conférence de Bamako, en présence des membres du gouvernement, des ambassadeurs accrédités dans notre pays, du représentant du directeur exécutif de l’Institut africain de réadaptation (IAR), Papa Malick Fall et de Djibril Sow, directeur régional du même institut, représentant le secrétaire exécutif de la Décennie africaine des personnes handicapées.

On notait également la présence d’une foule nombreuse de personnes handicapées.

Dans leurs allocutions, Papa Malick Fall et Djibril Sow ont rappelé les péripéties de la création de leurs différents organismes, impliqués dans la réadaptation des personnes handicapées en Afrique et le rôle joué par notre pays pour atteindre cet objectif.

Papa Malick Fall a mis un accent particulier sur les actions menées par notre compatriote Ismaïla Konaté, pour la création de l’institut. Un engagement qui lui a valu le titre d’ambassadeur de bonne volonté de la réadaptation des personnes handicapées en Afrique. Le titre lui a été décerné par le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping.

Djibril Sow a rappelé pour sa part l’ensemble de l’œuvre du doyen dont le combat pour la réadaptation des personnes handicapées a dépassé nos frontières. Il est donc légitime que Ismaïla Konaté se soit vu décerner par le secrétaire exécutif de la Décennie africaine des personnes handicapées le même titre d’ambassadeur de bonne volonté.

Le phénomène de mendicité dans notre pays, a rappelé le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, interpelle nos consciences. Dans la forme actuelle du phénomène, il n’y a en effet pas un seul espace qui soit épargné, des lieux de culte aux domiciles particuliers.

Face à l’ampleur du phénomène et surtout à ses conséquences désastreuses sur les enfants, le département chargé de la Solidarité a décidé d’apporter une riposte vigoureuse grâce au double Programme de réadaptation à base communautaire (RBC) et de réinsertion des mendiants (RPM). Le premier est un programme pilote qui s’étend sur deux ans (2008/09) et le second sur trois ans (2008/10).


La fragilité avérée :
Selon le ministre Diakité, le PRM vise à capitaliser les expériences menées jusqu’ici, à constituer une base de données sur le phénomène, à informer et sensibiliser l’ensemble des intervenants du champ social en vue d’un véritable changement de comportement.

Il vise également à créer un cadre permanent de concertation avec tous les intervenants, à insérer les enfants mendiants, à appliquer les textes réglementaires et le suivi-évaluation.

L’élaboration de programmes spécifiques en direction des personnes handicapées et des personnes en situation difficile, particulièrement les mendiants, procède d’une volonté des plus hautes autorités du pays de réduire la fracture sociale et créer un environnement économique, politique, social, culturel et juridique permettant à tous d’être de véritables acteurs du développement, a indiqué Sékou Diakité.

Il convient de préciser que le PRM et la RBC sont tous les deux des maillons essentiels de la Politique nationale de solidarité (PNS), adoptée par notre pays en 1993. Et dont l’intervention est centrée sur différents groupes cibles à la fragilité avérée : personnes âgées, personnes handicapées, femmes chefs de familles, enfance déshéritée, indigents.

Elle vise à prévenir et lutter contre la pauvreté, les phénomènes de marginalisation et d’exclusion sociale. Elle contribue ainsi à renforcer les capacités d’autopromotion de ces personnes cibles en fonction des moyens de l’État dans le cadre de ses missions de protection sociale.

Les axes d’interventions de la PNS sont la prévention et le traitement des risques sociaux par la mise en œuvre d’un système de protection sociale pour tous ; la promotion des personnes handicapées ; la lutte contre la mendicité, la promotion des personnes âgées, enfin l’organisation de l’aide sociale et le développement.

Le Premier ministre a rappelé, pour sa part, quelques-unes des convictions fortes qui motivent l’action publique en direction des personnes handicapées et des personnes en situation difficile.

Il s’agit tout d’abord de la volonté inébranlable des plus hautes autorités du pays, notamment le chef de l’État, d’accorder toute l’attention requise à la solidarité nationale envers les couches sociales en difficulté.

La deuxième conviction réside dans l’accompagnement nécessaire, dont les personnes handicapées peuvent bénéficier pour les aider, non seulement à surmonter leur handicap, mais aussi à vivre pleinement de leurs droits en tant que personnes actives.

La troisième conviction exprimée par le Premier ministre est la volonté des personnes handicapées de s’inscrire dans une dynamique positive de changement, par delà de l’appui des partenaires.

Modibo Sidibé s’est félicité du rôle de la Fédération nationale des associations de personnes handicapées (FMAPH), qui est au cœur de cette dynamique.

La cérémonie avait débuté par une prestation de l’orchestre Benso des personnes handicapées, qui a gratifié le public d’une chanson dédiée à l’initiative riz lancée par le chef du gouvernement.

A. O. DIALLO

30 Mai 2008