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Avec la gratuité des antirétroviraux, la multiplication des centres de dépistage volontaire et des moyens importants consentis pour briser la chaîne de transmission mère-enfant, le Mali a fait un grand pas vers l’accès universel au traitement du Sida et à la prise en charge des personnes infectées ou affectées par la pandémie.

L’engagement politique des dirigeants du monde à garantir l’accès universel à la prévention, aux soins et au traitement des personnes vivant avec le VIH d’ici à 2010 est certes un défi à relever, mais possible car la volonté d’aboutir existe. Et le Mali est déjà sur la bonne voie. Et la baisse du taux de la séroprévalence est une motivation suffisante pour persuader les autorités maliennes à persévérer et aussi à redoubler d’effort pour remporter ce challenge au moins en 2015.

En effet, selon la 4e Enquête démographique et de santé (EDS-IV), le taux de prévalence du VIH est passé de 1,7 % en 2001 à 1,3 % en 2006. Ce résultat est sans doute le fruit de l’efficacité de la synergie d’actions des acteurs de la société civile, du secteur public, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers. Une synergie dont la consolidation doit être aujourd’hui la préoccupation de tous les acteurs.

Les progrès notables du Mali dans l’accès universel aux soins, à la prise en charge… repose essentiellement sur l’accès gratuit aux soins et aux antirétroviraux (ARV). Mieux, les autorités maliennes ont rapidement trouvé la meilleure approche en apportant les médicaments aux malades au lieu de l’inverse.

Qui plus est, la décentralisation des sites de prise en charge se poursuit à un rythme accéléré. C’est ainsi que, de 31 sites de traitement en 2006 nous sommes passés à 45 sites en 2007. Le nombre de patients sous traitement antirétroviral est passé de 10 543 en 2006 à 14 844 en fin septembre 2007 contre une prévision de 15 000 patients, y compris les enfants infectés, soit un taux de réalisation de 99 %.

Dans le domaine de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, d’énormes progrès ont été aussi réalisés au sein des structures socio-sanitaires ainsi qu’au niveau des mentalités des populations. Les services de prévention de la transmission mère/enfant sont offerts actuellement dans 103 sites contre 78 en 2006.


Une porte de contagion à grande échelle

Le renforcement de la prévention s’effectue également par la multiplication des centres de conseil/dépistage volontaire passés de 40 en 2006 à 46 en 2007 dans tout le pays.

Malgré ces avancées rassurantes, le Mali doit encore faire face à d’autres défis non moins inquiétants. En effet, si le taux de prévalence du VIH est de 1,3 % au sein de la population générale, les résultats de l’enquête réalisée auprès des groupes à risque par la Cellule sectorielle de lutte contre le VIH/Sida du ministère de la Santé et l’antenne de CDC Atlanta au Mali, donnent une séroprévalence de 5,9 % chez les vendeuses ambulantes et 35,3 % chez les professionnelles du sexe.

C’est dire que la pandémie reste suspendue comme une épée de Damoclès sur le pays. Cette menace est d’autant réelle que les vendeuses ambulantes, par exemple, sont des jeunes filles rurales qui se retrouvent dans les centres urbains en faveur de l’exode rural. Les chances de dépistage réelles étant presque nulles dans ce milieu, ces vendeuses ouvrent ainsi les portes d’une contagion à grande échelle. Surtout que leurs nombreux et occasionnels partenaires sexuels figurent généralement dans la couche la moins réceptive aux messages de sensibilisation sur le port des préservatifs.

Comme l’a souhaité le ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré, « nous devons donc intensifier les efforts en affirmant notre leadership à tous les niveaux aussi bien individuel que communautaire ».

Aujourd’hui, le ministère de la Jeunesse et des Sports est déterminé à amener les jeunes à assumer de façon responsable leur part de leadership.

Alphaly

12 Décembre 2007.