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Suite à une grève de 72 h déclenchée par la Fédération nationale des Mines et de l’Energie (FENAME), affiliée à la CSTM, 27 syndicalistes et 33 militants de LTA Mali- SA seraient sur la voie d’être licenciés. Dix (10) travailleurs de SEMOS-SA seraient sur la liste rouge. En violation flagrante de toute législation du travail dans notre pays.

L’histoire des sociétés minières du Mali ressemble sans doute à une grande escroquerie à laquelle les petits ouvriers récoltent les pots cassés. On peut la résumer ainsi comme aimait dire le général déchu ATT : «L’or du Mali n’appartient pas aux Maliens».

Cette assertion cache bien des spéculations. Le Mali, troisième pays producteur mondial d’or, est pourtant classé 174ème pays pauvre sur 177 par le Pnud en 2005. Notre pays compte aujourd’hui plus d’une dizaine de sites d’or tous en exploitation.
Cependant, le Mali s’appauvrit de jour en jour. C’est une misère indicible que les Maliens connaissent aujourd’hui. Ces mines n’ont pas d’impact sur l’économie malienne. A l’ouverture du site de Morila- SA, Alpha Oumar Konaré avait dit ceci : «Le gouvernement doit tirer les bénéfices appréciables sous forme de taxes. L’argent servirait en priorité à combattre la pauvreté et le chômage des populations riveraines».

Mais les Maliens ont vu leur environnement se dégradé puis se transformé en ruine. Les mines d’or du Mali ont contribué à asseoir des pouvoirs, des régimes, des partis politiques à Bamako. S’il est des travailleurs mal payés, mal traités, ce sont sûrement ceux des mines qui sont le plus souvent des laissés pour compte sans statut. Et l’Inspection du travail sensée les protéger roulerait sur l’or des patrons miniers. Sinon comment comprendre le licenciement avec à la clé la fermeture de la Mine d’or de Kalana où on a vu des bidasses nommés directeurs généraux (D.G).
Ces deux officiers de l’armée malienne ont bénéficié des primes de compressions, malgré leur mauvaise gestion. Pire, ils ont réintégré leur corps d’officiers et furent nommés Haut fonctionnaire de défense auprès de certains ministères.

Il y a eu sous Alpha Oumar Konaré, à l’époque, deux poids deux mesures concernant les compressés. Ce qui tue le pouvoir, c’est l’injustice. «Il n’y a pas deux façons d’assumer le pouvoir. Si tu veux, sois plus méchant et plus brûlant que les flammes de l’enfer sur le dos de ton peuple ; si tu veux, sois plus doux et frais que l’eau du fleuve dans la gorge d’un assoiffé.

Mais dans l’un ou l’autre cas, sois juste, il le faut. Vérité et justice sont les deux mamelles de la démocratie».

La Rédaction

L’Inter de Bamako du 8 Octobre 2012