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La liste des sociétés et entreprises publiques qui ont été confrontées à ces problèmes est longue. Sans être exhaustif, il y a entre autres: la Banque de l’Habitat du Mali (BHM), l’HUILERIE Cotonnière du Mali (HUICOMA), l’ex-ITEMA devenue (BATEX-CI). Si ces différents cas peuvent se ressembler dans certains aspects( mauvaise gestion de la société et de certains produits ou matériels), force est de constater qu’il y a tout de même des différences, car les circonstances de leur dégringolade ne sont pas tout à fait les mêmes.

LA BHM

Le cas qui est en train de défrayer la chronique ces temps-ci, c’est bien celui de la BHM dont le PDG a d’ailleurs été relévé par la suite. En effet, cela fait un bon moment que cette banque est dans le collimateur de ses clients, certains ayant manifesté depuis plusieurs mois leur inquiétude quant aux perspectives de cette institution. Dès lors, on pouvait comprendre que les intérêts des usagers de la banque étaient menacés, notamment du fait de la mauvaise gestion de ses ressources. Le temps aura donné raison aux sceptiques et pessimistes avec la décision relative à la destitution du PDG M. Sylla.

Rappelons que cette mesure est intervenue après le constat de la gestion calamiteuse de la banque par l’ex-PDG, qui a aussi hérité en partie de la mauvaise gestion de son prédécesseur Mamadou Baba Diawara. A son tour, M. Sylla a entrepris des actions qui n’ont pas été également de nature à aider à redresser la situation financière de la banque. En effet, dans cette affaire, c’est une histoire de contrat entre l’Etat à travers la banque et la société Rapeco de notre compatriote Modibo Kida basé en Italie qui a aggravé la situation de la banque. On dit que ledit contrat a été effectué en violation des procédures d’usage et sans l’implication effective de certains décideurs. Dans tous les cas, l’issue de l’affaire en dit long sur les entorses aux règles de procédures.

Rapidement un nouveau PDG a été désigné. Avec sa nomination le problème est partiellement résolu. Mais cela veut-il dire que l’incident est définitivement clos? Rien n’est moins sûr quand on sait que l’Etat malien, à travers cette affaire, se trouve dans un engrenage d’où il doit impérativement sortir. C’est cela la préoccupation majeure au regard de laquelle on comprend que le nouveau boss de la BHM a de nombreux défis à relever et ce dans l’intérêt de toute la nation.

LE CAS DE L’HUICOMA

A ce niveau aussi, il a été question de mauvaise gestion ; ce qui a fortement joué sur la productivité de l’usine qui était devenue un fardeau pour l’Etat malien. Dans le cadre des accords de notre pays avec les partenaires au développement, notamment le FMI et la Banque Mondiale, il a été recommandé de revoir la situation de plusieurs sociétés et entreprises d’Etat mal gérées. C’est une manière de diminuer les charges de l’Etat dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme d’Ajustement Structurel (PAS). Ce processus qui a débuté avant même l’ouverture démocratique poursuit son petit bonhomme de chemin avec son corollaire de compressions de personnels. A ce niveau il est surtout question des conséquences de la cession de la société à un privé M. Alou Tomota. Le syndicat des travailleurs de la société, ces temps-ci, monte au créneau pour revendiquer un plan social adapté à leur situation.

D’ailleurs à ce sujet, récemment, le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières était interpellé à l’Assemblée Nationale pour donner des explications par rapport à cet aspect spécifique. Les explications fournies aux élus de la nation et celles recoupées çà et là laissent comprendre que le dernier mot n’a pas encore été dit par rapport à cette affaire, surtout lorsqu’on sait qu’il existait un plan élaboré par les soins de M. Alou Tomota et qui n’aurait pas été approuvé par le syndicat.

BATEX-CI

Cela fait un bon moment qu’on ne parle plus de l’ITEMA qui a eu un repreneur en la personne de M. Bakary Cissé qui lui a donné l’appellation de BATEX-CI. Là encore des travailleurs attendent toujours d’être redepoyés progressivement dans l’exploitation de l’usine par M. Cissé. Par rapport à cela, il y a eu un début d’exécution, notamment avec la reprise de certains anciens travailleurs qui ont le statut de journaliers. A ce niveau, il y a autant l’engagement du repreneur avec l’Etat que l’attente des anciens travailleurs par rapport au paiement du reste de leurs droits mais aussi au redeploiement dans les différentes sections de l’usine. Au regard de toutes ces situations, il y a nécessité que les autorités actuelles envisagent un plan de sauvetage des sociétés et entreprises quelles soient publiques ou privées.

En fait, il ne sert à rien d’encourager les initiatives en matière d’investissement si des garde-fous ne sont pas envisagés par l’Etat ou avec sont appui technique. Or, des efforts sont en cours par les autorités du pays, notamment le département de la Promotion des Investissements et des Petites et Moyennes Entreprises dans le cadre du développement des unités de production avec l’objectif de prendre en compte l’essentiel des besoins des populations en produits divers. Toute chose qui, dans les conditions normales, participent activement au développement socio-économique du pays qui pourrait se reveler à la longue durable.

Moussa SOW

3 juillet 2006