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Pour mauvais traitements, des travailleurs de la société Moolmans de Sadiola commencent à rendre le tablier au profit d’une autre société minière basée en Mauritanie.

Il y a peu, nous évoquions la mort en paria de deux travailleurs de la société Moolmans de Sadiola du fait de la négligence coupable des décideurs de l’entreprise. Une fois encore, la société fait parler d’elle puisque les travailleurs ne sont guère satisfaits des traitements qui leur sont réservés.

Aujourd’hui, les indicateurs sur le plan traitement sont au rouge. Au 28 août 2008, ils étaient 3 ouvriers et un superviseur à notifier leur démission à la direction générale de la société Moolmans de Sadiola dirigée par des Sud-Africains. Il s’agit de Youssouf Kanté, Moussa Traoré, Youssouf Bah et Hama Touré (superviseur).

Selon nos sources, les rangs des partants s’élargiront dans les jours à venir dans la mesure où des mécaniciens et autres soudeurs ont également commencé à rédiger leur lettre de démission pour d’autres horizons, en l’occurrence, une société minière installée en Mauritanie. La raison de ces départs tient au fait que les travailleurs se plaignent des pressions qu’ils subissent et de leurs conditions exécrables de travail.

Nos sources rapportent que ceux qui ont quitté pour la Mauritanie bénéficient déjà de conditions meilleures de travail et de meilleurs traitements. « A la société Moolmans de Sadiola, les conditions de travail sont insupportables. Tout récemment, nous venons d’enregistrer la démission de certains de nos collègues au profit d’une société minière basée en Mauritanie. En moins de 15 jours, ils ont bénéficié des avantages liés à leur fonction », témoigne un travailleur de la société.

A ses dires, les nouveaux arrivants à la mine de Mauritanie gagnent déjà dans le 1,5 million contre 400 à 450 000 F CFA à la société Moolmans. Ils seraient également logés. Pendant que les chargeurs gagnent 500 à 600 000 F CFA à Sadiola, l’on parle de plus d’un million de F CFA pour ceux de la Mauritanie. De quoi inciter aujourd’hui d’autres à changer de direction. Le comble à la société Moolmans, c’est qu’il n’y a aucun plan de carrière pour les travailleurs.

« Tous les deux ans, il doit normalement y avoir de l’avancement mais ce n’est jamais le cas à la société Moolmans de Sadiola. Il y a plus de 5 ans, certains sont là en qualité d’assistants, mais ils n’ont jamais connu d’avancement. Lorsqu’on a appris les nouvelles de la société minière de la Mauritanie, ce fut la ruée. Personne ne veut rester. La vie, c’est une question d’intérêt et nous cherchons tous le mieux-être » , commente notre source.

Outre la Mauritanie, les travailleurs de Moolmans ont également les yeux rivés sur la société minière AMS basée à Yatela depuis un peu plus de deux mois. « Nos gens veulent travailler aussi pour le compte de l’AMS qui vient de s’installer à Yatela.

Là-bas, les conditions de travail sont stables. Elles valent mieux que celles de Moolmans. Par exemple, un conducteur de machine de forage gagne 300 000 F CFA à Moolamns contre 450 000 F CFA à l’AMS. L’écart est considérable », révèle nos sources.

A Sadiola, l’on apprend que la vie est chère y compris les logements. « Nous sommes obligés d’envoyer nos femmes à Kayes pour les achats alimentaires. Car, ici à Sadiola le coût de la vie est élevé de même que les frais de location. Ce qui fait que tout ce qu’on gagne est réservé pour les dépenses familiales. Difficile de parler d’économie.

Imaginez dans ces conditions, qu’un membre de ta famille ou toi même tombe malade. Ce serait la catastrophe. Parce que personne n’est là pour t’assister encore moins compatir à ta douleur », chargent des travailleurs.

Ils estiment qu’ils sont devenus des laissés pour compte, des orphelins ne disposant d’aucun recours pour se plaindre sinon que « la pression est forte ». A quand donc le bout du tunnel ? C’est la question que se posent bon an mal an des travailleurs de Moolmans qui sont licenciés pour la moindre erreur. « Une petite erreur et on te licencie sans droit ni indemnités ».


Mohamed Daou

01 septembre 2008