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Monzon Coulibaly, membre du syndicat des bouchers au marché de Dibida explique cette augmentation par la hausse du prix d’achat des animaux. « Cette situation est la conséquence de la ruée des commerçants de pays voisins vers notre marché de bétail. Généralement, ceux-ci ont plus de moyens financiers que nous. Ils proposent donc des prix plus attrayants aux éleveurs, renchérissant du coup les prix », assure le boucher.

Un autre facteur avancé par le syndicaliste est qu’en cette période de l’année, le coût de la nourriture pour les animaux s’accroit.
Au marché Dibida, le kilogramme de la viande sans os est toujours vendu à 2 300 Fcfa, tandis que le filet reste à 2400 Fcfa par kilogramme.

De l’autre coté du fleuve, précisément au marché de Badalabougou, le prix du kg de viande a également grimpé à 1600 Fcfa au lieu de 1500 Fcfa, il y a juste quelques jours.

Ici, l’argumentation fournie par les bouchers pour justifier la hausse est identique à celle du marché Dibida : le renchérissement du prix d’achat de l’animal. Yacouba Coulibaly est boucher dans ce marché depuis une dizaine d’années.

« Je suis content de cette augmentation. On n’arrivait plus à tenir. Le prix du bétail a grimpé. Le prix de revient de la viande que vous voyez sur ma table dépasse les 1500 Fcfa par kg. Alors si je devais la vendre au même prix, au bout du compte, je perdrai environ 10 000 Fcfa par bœuf.

Or, nous travaillons pour les bénéfices. Le bœuf que j’achetais à crédit à 200 000 Fcfa il y a quelques semaines coûte aujourd’hui 250 000 Fcfa. Et il faut maintenant le payer cash», argumente le boucher.

Contacté, le directeur national adjoint des productions animales et industrielles, Bréhima Cissé, assure que les arguments avancés par les bouchers concernant l’exportation massive du bétail ne tiennent pas la route. En fait, explique Cissé, il s’agit d’un phénomène cyclique. « En cette période de l’année, il y a moins d’herbes dans la brousse. Ce qui renchérit le coût de l’alimentation du bovin de boucherie », dit-il.

Mais de son point de vue, des alternatives existent. Pourquoi ne pas, par exemple, se rabattre sur l’aliment bétail « Bounafama » des Grands moulins qui serait moins cher et qui paradoxalement serait confronté à un gros problème de mévente ?

A. M. CISSÉ

20 Mars 2009