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Le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, a rencontré hier à la Primature les représentants de la société civile pour expliquer les grands axes du Programme d’action du gouvernement (PAG), adopté par le Conseil national de Transition (CNT). Il avait à ses côtés, le ministre de la Refondation, Chargé des relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga et plusieurs membres de son cabinet.
La rencontre a enregistré la présence des représentants des familles fondatrices de Bamako, de la communauté chrétienne, du Haut conseil islamique du Mali, des Maliens de l’extérieur, du Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement au Mali (Recotrade), de la presse et de plusieurs autres associations et groupements de la société civile.

Le chef du gouvernement a tout d’abord salué l’engagement de la société civile aux cotés des dirigeants de la Transition. « Votre présence massive à cette invitation atteste votre engagement pour la réussite de la Transition », a-t-il dit avant de rappeler l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, à faire de la société civile sa priorité. « Il faut que la société civile sente les changements dans les réformes politiques et institutionnelles, la bonne gouvernance, les élections et la lutte contre la corruption. Il faut également que les élections soient moins contestées et que l’Accord pour la paix fasse un pas de géant”, a-t-il développé.

Après l’approbation du PAG par le CNT, le gouvernement a décidé de faire jouer à la société civile un rôle qu’elle n’avait jamais joué avant. C’est de lui donner dans un rôle de premier responsable dans la refondation d’un Mali nouveau, a encore annoncé le Premier ministre. « C’est pourquoi, j’ai tenu à rencontrer la société civile pour expliquer les grands axes de notre vision validée par le CNT. Il s’agit de la sécurité, des réformes politiques et la refondation de l’État, l’élection présidentielle, l’application intelligente de l’Accord pour la paix, la lutte contre la corruption. Il a expliqué les difficultés liées à l’application de l’Accord pour la paix et la situation des enseignants par rapport à l’article 37.

Par rapport à l’accord, le Premier ministre a été catégorique. L’intégrité du territoire, la souveraineté et l’unité nationale, la forme républicaine et la laïcité ne peuvent être négociées d’où le terme intelligent. Choguel Maïga a relevé le fait qu’il n’y a pas eu de restitution auprès de la communauté pour expliquer le contenu de l’Accord. « Chacun a fait son interprétation en fonction de sa compréhension », a-t-il déploré.

Pour réussir cette mission, le gouvernement va entreprendre deux actions à savoir le changement radical entre le gouvernement et la société civile par rapport à son implication dans la gestion et la refondation pour un Mali émergent et un axe pour que chaque Malien puisse se sentir concerné par la gestion de l’État. Il a annoncé la tenue des Assises nationales de la Refondation dont les recommandations seront appliquées pour un nouveau départ. Dans le cadre de la mise en place d’un organe unique pour les élections, un vaste mouvement patriotique sera mis en œuvre pour que tous les Maliens puissent se sentir concernés.

« C’est la société civile qui doit décider quel type de gestion pour mon pays ? Chaque fois que le gouvernement a des difficultés, il fait appel à la société civile, c’est pourquoi elle sera cette fois-ci, en amont pour participer à la refondation. Elle sera impliquée à chaque étape de l’évolution des différentes étapes de la Transition. Nous allons faire une large communication pour expliquer à toutes les communautés le PAG et les différentes étapes des réformes entreprises lors de la Transition. C’est un changement radical entre le gouvernement et la société civile, car elle sera désormais impliquée dans toutes les actions de la vie de la nation », a soutenu le Premier ministre.

Les représentants de la société civile ont bien accueilli cette initiative consistant à impliquer en amont la société civile. Ils ont tous exprimé leur engagement pour la reconstruction de notre pays. Le représentant des familles fondatrices, Mamadou Niaré, a salué « cette belle initiative du gouvernement ». Il a exprimé l’engagement des familles fondatrices à accompagner la Transition. « Ce n’est pas notre première fois, car le Premier ministre depuis sa nomination a ouvert sa porte. Nous devons nous donner la main pour la réussite de notre pays », a-t-il déclaré. Abondant dans le même sens, Ibrahim Kontao du Haut conseil islamique du Mali a rassuré le Premier ministre de l’accompagnement de son institution avant de faire des bénédictions pour la réussite de ce vaste programme.


Quant au délégué général de l’Association des Groupements d’Églises et missions protestantes évangéliques au Mali, Dr Nouh Ag Infa Yattara, il s’est prononcé sur la méthodologie de l’organisation des Assises nationales de la Refondation, avant de formuler des prières pour la réussite de la Transition.
Les représentants des Maliens de l’extérieur, pour leur part, ont apprécié cette rencontre entre le gouvernement et la société civile. Pour Souleymane Maïga, c’est un sentiment de fierté qui anime la diaspora face à la démarche du Premier ministre. Il a émis le souhait que ce Plan d’action du gouvernement, très ambitieux, contribue à sortir notre pays des difficultés.
Amadou SOW

Source: L’ESSOR