Partager

L’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta est «l’accomplissement de l’œuvre de changement» initié depuis des années par le Syndicat national de la police (SNP). C’est en tout cas, ce que pense le secrétaire général dudit syndicat, Siméon Keïta, qui a animé sa première conférence de presse après sa libération de prison. Il avait été mis sous mandat de dépôt pour «association de malfaiteurs et troubles graves à l’ordre public» avant de bénéficier d’un non-lieu, selon son avocat Me Mariam Diawara.

jpg_une-2063.jpg

«Je félicite le peuple malien pour l’accomplissement de l’œuvre que nous avons commencé depuis bien longtemps : l’œuvre du changement», a ainsi introduit une conférence de presse le secrétaire général du SNP. «Ça fait des mois voire des années que nous nous battons pour avoir un vrai changement dans notre pays. Heureusement que le peuple a compris», a-t-il insisté. Selon le leader syndical, l’élection du président IBK est le couronnement d’une lutte activement menée par des forces sociales dont le syndicat qu’il dirige.

Les leaders du SNP se sont illustrés par leur participation au coup d’Etat du 22 mars 2012 qui a renversé le président Amadou Toumani Touré. Cette participation a abouti à une promotion exceptionnelle de ses membres de la part du président de la République par intérim Dioncounda Traoré. C’est à l’issue de cette distinction que Siméon Keïta et son adjoint, Sirima Fané, ont été élevés au grade de commissaire. Promotion, qui avait suscité un tollé au sein de la police et abouti à des affrontements dans l’enceinte du Groupement mobile de sécurité (GMS) le 26 novembre 2012.

Les nécessités de formation pour accéder pleinement à leurs nouveaux titres avaient éloigné de l’activité syndicale. Mais pas seulement. Ces leaders syndicaux ainsi qu’une dizaine d’autres membres du SNP étaient sous mandat de dépôt pour «association de malfaiteurs et troubles graves à l’ordre public» à la suite d’un nouvel affrontement inter-policier survenu le 4 avril 2013. D’ailleurs, il en reste quatre à la maison centrale d’arrêt de Bamako. Et le syndicat exige la libération. Il s’agit des élèves commissaires Mamadou Youba Diarra, secrétaire aux revendications de la division de Bamako, Drissa Roger Samaké, secrétaire aux revendications du bureau exécutif national, Yaya Niambélé, secrétaire à l’organisation du bureau exécutif national, et du sergent-chef Fodé Diallo, secrétaire à l’organisation du comité SNP du GMS. «Nous demandons au président de la République de les libérer, il dispose encore de sept jours de pouvoir. Sinon, nous estimerons qu’il n’a pas tenu sa promesse», nous a souligné l’élève commissaire Fané.

«Les leaders du SNP font l’objet de toute sorte de traitement allant jusqu’à la menace de mort», s’indigne pour sa part l’élève commissaire Siméon Keïta. Le syndicat de la police, suite à des démêlés avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), s’est affilié à la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM).

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 30 Août 2013