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web-69.jpgN’en trouvant pas, il fonça chez son cousin Georges célibataire endurci avec qui il a passé la soirée de la veille à écluser godet sur godet jusque tard dans la nuit ; en fait, jusqu’à ce que l’alcool aidant, ne lui vienne l’envie de rendre visite à l’une de ses anciennes amies qui vivait seule et qui, en pareilles circonstances, calmait ses ardeurs, adoucissait momentanément sa vie parce que sachant trop bien faire la différence avec sa légitime ; bref, elle était son repos de guerrier saoul. Il prit donc congé de son cousin Georges, et se rendit là où le désordre de ses pulsions l’entraînaient. Elle était là ; elle lui fit bon accueil sachant qu’au bout il y a du CFA à prendre et sans chichis, lui offrit son lit.

Lorsque Hyppolite émergea de sa caverne aux délices, réveillé par sa compagne, il était près de deux heures du matin. Il fallait rentrer sans tarder et préparer un gros mensonge pour justifier ce retard. Précipitamment, il réintégra ses vêtements et toujours suffisamment éméché rentra chez lui.

Madame dormait. Elle l’entendit entrer dans la chambre mais ne prit pas la peine de se manifester. Lui, trop heureux de n’avoir pas à mettre gratuitement son retard sur le dos de son cousin Georges, enleva rapidement chemise, pantalon et chaussures puis se laissa tomber sur le lit ou presque immédiatement, il sombra dans le sommeil.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, c’était son épouse qui le réveillait. Il n’eut pas le temps de s’énerver, d’être ainsi tiré du sommeil un samedi matin, que madame lui demandait calmement si c’était ça sa nouvelle mode : porter des slips de femme. Hyppolite baissa les yeux et vit la chose : un slip rose avec des dentelles et de petits ronds brodés sur le devant. Un slip un peu trop large pour lui mais l’alcool l’avait empêché de s’en rendre compte.

Il leva sur sa femme des yeux de chien battu avec un sourire des plus jaunes. Aucun mensonge ne pouvait justifier la présence d’un slip de femme sur lui. Madame le regarda en silence puis sortit de la chambre. Le temps a passé et madame n’en a plus parlé ; ce qui fait dire à Hyppolite que sa femme l’aime vraiment.

Ce n’est pas faux, mais il serait plus juste d’ajouter que sa femme est tolérante à moins qu’elle n’ait pitié de lui car c’est madame qui tient les cordons de la bourse, qui lui a offert sa voiture et qui lui donne suffisamment d’argent pour couvrir toutes ses dépenses et ses débauches. J’en connais qui, pour moins que cela, aurait fermé le robinet ou tout simplement demandé le divorce.

Sacré Chédou OUEDRAOGO | Sidwaya

22 novembre 2007