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Le Président de la République par intérim, Dioncounda Traoré n’a pas cherché de midi à quatorze heures pour rencontrer la classe politique après les discussions ayant abouti à la signature de l’accord préliminaire de Ouagadougou le 18 de ce mois. Du 20 au 21 juin derniers, il a en effet rencontré plusieurs formations politiques. Une rencontre nécessaire au regard des commentaires parfois tendancieux qu’on l’on entendait à propos de la signature de l’Accord préliminaire entre le Gouvernement et les groupes armés de Kidal. En tentant de calmer les politiques, Dioncounda Traoré, Président de la République par intérim joue le second médiateur à Bamako.

Le Président intérimaire joue-t-il le second négociateur ? Quelques jours après que Tiébilé Dramé, émissaire de Bamako à Ouaga eut déposé ses valises à l’Aéroport international de Bamako Sénou, le Président de la République par intérim du Mali, le Pr Dioncounda, écharpe blanche sur les épaules saisit son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des partis politiques.
C’était la semaine dernière. Du 20 au 21 juin derniers, il a expliqué aux leaders politiques le contenu de l’Accord préliminaire qui a été signé à Ouagadougou le 18 juin entre le M.N.L.A, le HCUA et les autorités maliennes. Une signature qui intervient après plus de 10 jours de débat et qui n’a pas été de tout repos pour les uns et les autres.

Et pour cause, les autorités du Mali perçoivent bien la colère nationale, donc averties, étaient contraintes de retourner au bercail avec un Accord bien ficelé lequel ne piétinerait point les intérêts du peuple malien. Cet Accord préliminaire signé dans le pays du Médiateur de la CEDEAO mérite en effet, et à tous points de vue, des éclaircissements venant du chef du pouvoir intérimaire du Mali.

Le Président de la République par intérim a souhaité rencontrer tous les partis politiques. Des plus représentatifs du paysage politique malien aux plus petits.
A la triste réalité dans la région de Kidal et son avenir, de la tenue des élections sur toute l’étendue du territoire national à partir du mois de juillet, le Président de la République n’a fait que donner son assurance et comme d’habitude. Les élections se tiendront et l’armée malienne rentrera à Kidal. C’est le même langage qu’il a tenu devant chaque leader rencontré le week-end dernier.

Selon des proches des échanges, le président de la République par intérim a mis un accent particulier sur la nécessité de tenir les élections aux dates indiquées. Une occasion de toute évidence en vue de ramener à de meilleurs sentiments les leaders qui doutent encore du respect du calendrier électoral et du bien fondé de l’Accord préliminaire signé le 18 juin 2013 à Ouagadougou.

Au terme de ces Concertations politiques, le président Traoré se livrera dans les semaines à venir à une synthèse qui permettra d’évaluer toute la démarche pour enfin se mettre l’abri d’une situation chaotique qui n’a que trop duré. L’objectif visé certainement par ces Concertations politiques que fait le Président Traoré, c’est de créer un consensus des acteurs politiques autour de l’organisation des élections et de l’Accord préliminaire.

Le Président de la République réussira t-il à obtenir le consensus recherché ? Le doute est permis selon des sources bien introduites qui laissent entendre que certains de ses interlocuteurs n’ont pas passé par le dos de la cuillère pour lui signifier leurs réserves sur la possibilité d’organiser des élections crédibles dans les délais indiqués et sur des points qui ne ressortent pas dans l’Accord préliminaire

Moussa Wélé DIALLO

L’Agora du 24 juin 2013.