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Après les étapes de Tombouctou et de Sikasso effectuées respectivement du 02 au 09 février 2008 et du 03 au 08 mars derniers, le ministre de la santé, Oumar Ibrahim Touré à la tête d’une forte délégation, composée de son cabinet et des organisations professionnelles, sillonne depuis le samedi 29 mars les différents cercles de la 5è région pour s’imprégner des réalités concrètes sur le terrain et surtout de l’état de mise en œuvre du PRODESS II.

La visite a commencé par le District sanitaire de la ville religieuse de Djenné qui dispose d’un centre de santé et d’un centre de référence.

Qu’il s’agisse de Sofara ou de Djenné ville, le ministre s’est rendu au centre de santé et au CSREF où il a pris directement langue avec le personnel soignant sur leurs conditions de travail.

A la conférence des cadres le dimanche 30 mars, le ministre Oumar Ibrahim Touré a pris connaissance de certaines difficultés dans ce District sanitaire. Ces difficultés ont pour noms vétusté du centre de santé de référence, insuffisance de la logistique, manque d’ambulance et de toilettes au niveau du centre de santé, absence de CSCOM au niveau de certaines communes environnantes éloignées du CSREF. Aussi, il est revenu que la population reproche au personnel socio sanitaire son mauvais accueil et il fait payer aux patients plus qu’ils ne doivent pour leur prise en charge.

Au pas de charge, la délégation ministérielle s’est ensuite rendue successivement dans les localités de Komporona, Dimbal, Bankass, Koro et Youwarou. Partout où il est passé, le ministre, après avoir constaté de visu l’état des lieux et échangé avec le personnel, a donné les raisons de sa visite, à savoir s’informer des conditions réelles de travail des agents socio sanitaires, recenser leurs besoins les plus pressants et identifier avec eux des pistes de solutions.

Aussi, il a réaffirmé que l’année 2008 est pour l’Etat non seulement une année de défis à relever mais également d’actions à pérenniser. Il s’agit notamment de la lutte contre certaines maladies comme le Sida, le paludisme et la méningite. Celle-ci a atteint dernièrement le seuil de l’alerte à Koro mais, elle a été vite circonscrite grâce à la qualité du travail du personnel socio sanitaire de la localité, voisine du Burkina où l’épidémie a déjà fait plusieurs centaines de mort à ce jour..

Un soutien à la télémédecine

En réponse à certaines préoccupations soulevées ça et là, et relatives à la qualité des soins et à la disponibilité du matériel adéquat, le ministre Touré a fait cas de l’orientation prise par l’Etat d’aller vers un meilleur rendement avec la mise à contribution des outils des nouvelles technologies qui apportent une véritable révolution dans le domaine de la santé. A cet effet, il annoncé la création prochaine auprès de son département d’une direction spécialement chargée de la télémédecine et de l’informatique médicale.

Dans le même ordre, pour prendre en charge les questions de maintenance que cela impliquera nécessairement, il est aussi attendu la création d’un nouveau service dédié à la maintenance biomédicale.

Oumar Ibrahim Touré attire l’attention du personnel socio sanitaire sur tout le rôle qui est le leur dans la distribution de services de soins de qualité : « Ce qui, doit commencer par un bon accueil des patients ».
Une autre chose sur laquelle le ministre a insisté, c’est le strict respect de la gratuité de la césarienne, celle des combinaisons thérapeutiques à base d’artémésine notamment pour les enfants âgés de 0 à 5 ans, ainsi que des moustiquaires imprégnées pour les femmes enceintes…

ENCADRE

CSCOM DE DIMBAL
Une expérience réussie de télémédecine

Sur la route de Koro, à 175 km de Mopti et à 60 km de Woygouya, une ville du Burkina Faso, le ministre de la santé, Oumar Ibrahim Touré a fait escale au niveau de la commune rurale de Dimbal où un jeune médecin, Diakaridia Traoré fait aujourd’hui un travail impressionnant grâce à la magie de la télémédecine. Dans cette petite commune, peuplée majoritairement par l’ethnie Dogon, le coup d’essai tenté par le Docteur Traoré s’est révélé un coup de maître.

Pour cause, son projet de télémédecine soumis à des partenaires étrangers, a très vite intéressé ceux-ci. Ce qui fait que, depuis un certain, ce qui n’était qu’un rêve, difficilement réalisable dans un pays comme le nôtre qui enregistre un grand retard dans le domaine des TIC, est finalement devenu une réalité. Grâce à une connexion Internet, le Dr Traoré fait souvent recours à un réseau de partenaires extérieurs pour les cas les plus graves. Avec ce moyen, il parvient à soulager ses patients grâce aux conseils et directives reçus via son réseau de partenaires.

Mais, le jeune praticien a aujourd’hui une préoccupation qu’il a tenu à partager avec le ministre de la santé. Il s’agit de l’aide attendue des pouvoirs publics maliens pour soutenir cette expérience qui bénéficie aujourd’hui d’un financement assuré intégralement par des partenaires extérieurs. « Si ces partenaires décident demain de nous retirer leur soutien, il est fort probable que nous soyons en face de difficultés pour continuer à faire bénéficier à nos patients des résultats de cet outil qu’est la télémédecine », a-t-il indiqué.

Le ministre de la santé, qui fut impressionné par les résultats obtenus par le centre du fait de cette télémédecine, a pris l’engagement pour apporter à ce CSCOM le soutien qu’il faut. Il a ainsi confié au Dr Traoré la création dans un avenir proche d’une direction dédiée justement à la télémédecine. Cette structure doit permettre aux services sanitaires de mieux bénéficier des avantages qu’offrent aujourd’hui les NTIC.

Oumar Diamoye Envoyé Spécial

03 Avril 2008.