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En l’absence du président de la Transition, Dioncounda Traoré en France pour des examens médicaux, le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra dirige le pays.

Notre pays a vécu un nouveau week-end déprimant. La fin de semaine a été d’autant plus longue qu’elle a commencé vendredi avec la Journée de l’Afrique (fériée). L’actualité reste, bien entendu, dominée par le départ pour Paris pour des raisons sanitaire du président de la Transition, Dioncounda Traoré, après son agression au palais de Koulouba lundi passé. Comme l’avait indiqué le gouvernement dans un communiqué mercredi, le président de la Transition est allé « honorer un rendez-vous médical fixé de longue date ». jpg_une-766.jpg

« Par un malheureux hasard des événements, son déplacement dans la capitale française survient après l’agression perpétrée contre lui lundi par une foule de manifestants incontrôlés alors qu’il se trouvait dans son bureau. Il reviendra au pays dès que son médecin avisera actuellement en France pour subir des examens médicaux », indiquait le communiqué. Jeudi, dans un exercice inédit et bienvenu, le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra était apparu à la télévision nationale pour informer l’opinion publique sur l’état de santé de Dioncounda Traoré. Il annoncera que le président de la Transition est arrivé à Paris et qu’il se trouve dans un hôtel en attendant d’être admis à l’hôpital militaire parisien du Val de Grâce où sont soignés généralement les chefs d’Etat et autres hautes personnalités. Et le chef du gouvernement de promettre qu’il donnera au fur et à mesure, les nouvelles de l’état de santé de Dioncounda Traoré. La promesse a été ténue.

Samedi, le Premier ministre est de nouveau intervenu sur les ondes de la chaîne publique pour annoncer que le président de la Transition restera en France au moins jusqu’à mardi (Ndrl, demain) pour des examens complémentaires. « J’ai le plaisir de vous annoncer que le président Dioncounda Traoré se porte bien. Mais il doit rester à Paris pour des examens complémentaires », a dit en substance le chef du gouvernement, en précisant que juste avant de quitter Abidjan pour Bamako, il avait eu le président de la Transition au téléphone. C’est justement par rapport à l’agression contre Dioncounda Traoré et à la situation générale du pays que Cheick Modibo Diarra s’est rendu vendredi après-midi à Ouagadougou et samedi matin à Abidjan. Le chef du gouvernement était accompagné d’une forte délégation comprenant le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sadio Lamine Sow.

Le Premier ministre a effectivement expliqué que l’objet de sa « visite rapide » était de remercier le médiateur de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), le président burkinabé Blaise Compaoré et le président en exercice de la communauté sous-régionale, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, pour l’assistance apportée à notre pays. Interrogé par la presse, Cheick Modibo Diarra a rappelé que l’Accord-cadre signé entre le CNRDRE et la CEDEAO n’a fait que « confirmer le président Dioncounda Traoré pour continuer la présidence pendant la Transition » et que « c’est ce qui se passe en ce moment ». Revenant sur la marche qui a débouché sur une agression physique contre la personne du président de la Transition, le Premier ministre a dit que « c’est un acte absolument odieux ».

« Ce n’est pas seulement la personne du président Traoré qui a été attaquée, mais l’institution qu’est la Présidence. C’est pourquoi les coupables seront retrouvés et punis », a-t-il garanti. Toujours concernant l’état de santé de Dioncounda Traoré, le gouvernement se veut rassurant : la continuité de l’Etat est assurée ; il n’y a pas de vacance du pouvoir ; le Premier ministre continue de diriger le travail de son gouvernement. Abondant dans le même sens, le ministre de la Communication, de la Poste et des Nouvelles Technologies, porte-parole du gouvernement, Hamadoun Touré, a confirmé qu’il n’y avait « pas de vacance du pouvoir ».

L’absence du président de la Transition Dioncounda Traoré n’est qu’un « empêchement temporaire ». « Dès que le médecin dira qu’il est en état de revenir au Mali, il reviendra assumer ses fonctions de président de la Transition », a assuré le ministre. Effectivement, le départ de Dioncounda Traoré pour des examens médicaux en France ne va pas gêner le fonctionnement de l’Etat. Un décret signé avant le décollage de son avion avait déjà permis au Premier ministre de diriger le Conseil des ministres du mercredi 23 mai à sa place. Le dispositif pourra être reconduit si nécessaire Concernant l’envoi forces de la CEDEAO dans notre pays, le Premier ministre a indiqué qu’il se fera « à la demande du Mali » mais que la force sera le dernier recours.

(Synthèse A. DIARRA)

L’Essor du 28 Mai 2012