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Tout le monde est inanime à constater que la stabilité d’un pays, son développement et l’amélioration de sa qualité de vie passent par la satisfaction de ses besoins en alimentation, éducation, santé, infrastructures urbaines, emploi, protection et amélioration de son environnement.

Or au Mali, toutes ces conditions ne sont pas réunies à l’heure actuelle ; d’où la colère des uns et des autres, face à la situation. Et la situation qui préoccupe le plus les populations maliennes, c’est la cherté de la vie, surtout à l’approche du mois de Ramadan prévu pour début Septembre 2008.

C’est fort de ce constat que nous avons effectué une petite enquête au niveau de certains marchés du District de Bamako, où des ménagères, vendeuses de condiments, et vendeurs de céréale ont livré leurs impressions.

Au jour d’aujourd’hui, la situation que vivent les Maliens est sans commentaire ; on ne peut même pas la qualifier. Vous savez, je suis du quartier Kalaban-Coura, au marché dudit quartier, tout est cher“, a déclaré une ménagère, Mme Traoré Fanta Diarra.

Le pire, c’est que par exemple si tu as besoin d’acheter seulement du poivre, on refuse de te le vendre : il que ça soit accompagné d’autres condiments. Il faut que tu fasses 200 ou 300FCFA achat chez ladite personne. Sinon, elle refuse de vous servir“, a témoigné une autre. Ce comportement injuste de ces vendeuses fait suite à cette conjoncture mondiale qui a fait que tout est devenu cher. D’où l’adoption de mauvais comportements par certains commerçants.

Déjà, nous sommes à zéro pas du mois de Ramadan, et l’on ignore encore comment les Maliens vont le surmonter. On a de tout temps entendu parler des mesures prises par l’Etat; mais elles sont sans effets.

La seule chose que j’ai déplorée chez les commerçants détaillants, c’est qu’ils continuent de vendre le riz importé à 400 FCFA au lieu de 310, le prix exigé par l’Etat. Je me demande même pourquoi les plus hautes autorités du pays n’ont pas pensé à subventionner le riz gambiaka que la plus part des Maliens aiment tant”, a renchéri cette autre ménagère.

Mais vendeuse de condiments, Mme Diarra Tanti Touré, se défend : “Les gens nous accusent d’être pingres en matière de vente. Ce n’est pas cela, mais nous vendons nos condiments de façon à ce qu’on puise avoir un bénéfice là-dessus.

Si tu ne fais pas ça, tu risques de tout perdre. Non seulement tu n’auras pas de bénéfice, mais tu n’auras pas l’argent que tu as dépensé pour te procurer ton condiment. Ce que je dirais aux uns et aux autres, c’est qu’ils comprennent que la faute ne nous incombe pas. C’est la situation actuelle qui a engendré tout cela“.

Quant à ce chef de famille, M. Diallo Alhadji, il ne sait plus à quel saint ou… à quel daible se vouer : “Avec cette question de mois de Ramadan, moi je penses que la situation va empirer. Tout compte fait, nous sollicitons l’aide du gouvernement pour qu’il prenne une autre mesure “.

Et de se lamenter : “En tant que chef de famille, je suis plus emmerdé que jamais, avec cette histoire de hausse de prix des denrées. L’argent que je donnes pour le prix de condiments ne fait plus l’affaire de mes femmes. Vous savez, j’ai trois femmes ; et toutes ces trois ne font rien comme activité génératrice de revenu. Avec cette flambée de prix, c’est à moi d’assumer toutes les conséquences. Quoi qu’il en soit, cette cherté de la vie contribue à l’appauvrissement des populations“.

Mariétou KONATE

11 Aout 2008