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Pour combien de temps encore les groupes armés signataires de l’accord de Ouagadougou cesseront-ils de narguer le Mali et la communauté internationale ? A peine l’annonce de leur réintégration dans le processus de dialogue fait que ces groupes armés renforcent les positions qu’ils occupent au nord du Mali.

En effet, au cours du weekend, six Toyota avec des combattants du MNLA lourdement armés ont fait leur entrée dans la ville de Kidal. Ils se sont dirigés vers le gouvernorat pour tirer des coups de feu en l’air provoquant une situation de panique dans la ville. Ces détonations ont duré quelques instants avant de baisser d’intensité. Selon une source sécuritaire, il s’agissait de coups de sommation, l’armée s’est bien comportée et n’est pas tombée dans leur provocation. Cependant, il faut signaler que l’arrivée de ces renforts du MNLA et leur présence à proximité du Gouvernorat, le symbole même de l’Etat malien gardé par les forces armées maliennes, n’est plus ou moins qu’une déclaration de guerre. L’armée a fait le rappel de ses troupes et se trouve en état d’alerte, nous a-t-on signalé.

Preuve qu’à tout moment la situation peut dégénérer. Au même moment d’autres renforts sont signalés du côté d’Aguel Hoq, théatre ces derniers temps d’un accrochage entre la population pro-Azawad et celle acquise à l’unité nationale.

Au cours d’une rixe, une personne proche des séparatistes a trouvé la mort. L’unité du GTIA Waraba est intervenue pour départager les deux parties. Le calme est revenu dans la ville. Les casques bleus ont entamé une enquête pour situer les circonstances de la mort de la seule victime et déterminer les auteurs.

La situation à Kidal nous pousse à faire certaines observations. Les groupes armés étaient censés cantonnés conformément à l’accord de Ouagadougou. Le constat est qu’ils bénéficient d’une certaine complaisance de la part des forces qui doivent veiller sur la bonne application desdits accords au contraire ils se promènent en ville armes au poing. Certains quartiers de Kidal sont même interdits d’accès aux forces armées maliennes. Comme si cela ne suffisait pas, ils amenent dans la ville de nouveaux renforts et des équipements. Ce qui nous pousse à nous interroger sur la mission exacte des casques bleus dans cette partie du pays. Alors que l’armée malienne depuis le mois de juin n’a été autorisée à amener sur place qu’un contingent de près de 200 hommes. Toutes les tentatives du commandement d’augmenter cet effectif sont restées sans succès.

La situation sur le terrain oblige les forces onusiennes et l’armée française à faire preuve d’une certaine impartialité pour permettre un bon suivi de l’accord du 18 juin.

Abdoulaye DIARRA

07 Octobre 2013