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La lettre envoyée, il y a quelques semaines, au président de la République et aux partenaires techniques et financiers, par l’ancien chef rebelle, Hassan Fagaga, un des membres influents de l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (ADC) est révélatrice d’un certain malaise au sein du regroupement des auteurs d’attaques des camps et garnisons militaires de notre pays. Même si les différentes parties signataires de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006 minimisent les nouvelles menaces de Fagaga, qui ne cesse de souffler le chaud et le froid. Pour couper court à toute spéculation, l’Alliance s’est vite désolidarisée de l’un de ses membres.

Des sources concordantes, il nous est revenu que cette dernière fait face aujourd’hui à des dissensions internes, c’est-à-dire au moment où tout le monde semble être engagé dans une logique de consolidation de la paix par la mise en œuvre des projets relatifs au développement local.

L’Agence pour le développement du nord (Adn) est en train de dégager la voie pour la réinsertion des jeunes rebelles. ‘‘Malgré les menaces d’Hassan Fagaga, la situation sécuritaire semble être stable dans la région de Kidal. », nous a confié un élu de l’Adrar des Ifoghas qui garde malgré tout l’espoir de lendemains meilleurs.

Reste que, dans tous les cas, Hassan Fagaga et ses alliés devraient revoir leur stratégie. Maintenir un climat de peur en faisant fuir les investisseurs ne profite à personne. Mais au lieu d’acheter à des coups de millions de grosses cylindrées ou encore des armes, Fagaga et ses alliés peuvent investir dans des projets de développement au profit des communautés locales.

Il n’y a pas meilleure façon de manifester leur volonté de développement (si c’est réellement ce qu’ils cherchent). Le concert organisé par le collectif des ressortissants de la région de Kidal pour venir en aide aux populations victimes de la sécheresse est une initiative qui devrait leur servir d’exemple. Ce sont plutôt des actions concrètes du genre que le Mali attend de la part de ses fils et filles.

Pour sa part, l’État doit veiller à asseoir une politique volontariste de développement qui permettra de favoriser l’accès de tous aux services sociaux de base, notamment l’éducation, la santé, l’eau potable.

A travers des forages, la construction de centres de santé, d’écoles, de routes, bref…d’infrastructures qui correspondent à cet environnement. Il est prévu un certain nombre de grandes réalisations qui changeront certainement le visage de Kidal. Le Président de la République, Amadou Toumani Touré lors de sa traditionnelle conférence de presse le 8 juin dernier a fait part de la volonté du gouvernement d’aller dans ce sens.

 »Le problème du nord », disait-il, ‘‘est que le nord est vide ». Donc, il faut une présence forte des forces armées et de sécurité, voire de l’administration pour mieux encadrer la population. Outre la maison de la femme et de l’enfant et une salle de spectacles, la station régionale de l’Ortm, l’une des plus importantes, sera bientôt inaugurée. Et le chef de l’Etat a promis d’être à Kidal pour son inauguration.

Il y aura un renforcement de l’adduction d’eau. Une nouvelle piste d’atterrissage pour la ville de Kidal verra le jour. Des routes seront construites à Tessalit, Abeibara, Boureissa. Sans oublier la promotion de l’artisanat. Dans le cadre de l’élevage, ATT est d’avis qu’il faut trouver un nouveau mode de pâturage adapté à la zone.

Dans la foulée, on apprend qu’il y aura très bientôt un centre de santé de référence à Tessalit. Le dossier semble même avancé avec le lancement d’appels d’offres.  »Favoriser le dialogue politique plutôt que celui des armes est toujours le meilleur choix », aime répéter le chef de l’État, Amadou Toumani Touré.

Chiaka Doumbia

Le Challenger du 22 Juillet 2010.