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Le chef de la diplomatie malienne, Soumeylou Boubèye Maïga, a reçu, selon plusieurs sources «Carte blanche» de la part d’ATT pour chercher un ou plusieurs conciliateurs dans le cadre de la crise que vit le Mali dans sa partie septentrionale.

C’est ainsi que, depuis la nuit du dimanche 11 mars, Soumeylou pour les uns et Boubèye pour les autres a pris son bâton de pèlerin pour atterrir à Alger, où il a des solides relations avec la nomenklatura. Discrètement, il a été reçu à la fois par son homologue algérien et par le Président Abdoul Aziz Boutéflika. Rien n’a filtré pour l’instant de ces entretiens.

Et, depuis lundi, le même Boubèye se trouve à Paris. Là, il nous est revenu qu’il a discuté avec de hauts fonctionnaires du Quai d’Orsay et attendrait impatiemment pour être reçu par Alain Juppé. Il ne rencontrera pas dans l’Hexagone, le Président sortant, Nicolas Sarkozy, qui a un calendrier hyper chargé en raison de la campagne électorale.

Il est fort probable que Boubèye aille aussi en Mauritanie voisine également. Mais, cette dernière destination n’est pas confirmée, parce qu’il y a, semble t-il, actuellement un froid entre le président mauritanien et son homologue malien.

Dans les deux premiers pays, Boubèye est allé demander des soutiens, des conseils et, surtout, une intermédiation pour amener le Mouvement national de Libération de l’Azawad et le gouvernement du Mali autour d’une table de négociations.

Déjà, l’ONU appelle à un cessez-le-feu. Ce qui ne peut pas se faire, concrètement, sans un ou plusieurs médiateurs attitrés. L’Union Africaine préconise également la même démarche et condamne l’utilisation des armes comme moyen de revendication.

Notre commentaire: En clair, le gouvernement veut négocier, et rapidement, pour d’abord préserver des vies humaines, militaires comme civiles. Le gouvernement malien entend également négocier même si, semble t-il, les villes sous contrôle du MNLA ne sont pas encore libérées. Le gouvernement veut aussi négocier parce que la real politik lui impose de faire taire les armes pour organiser des élections transparentes et apaisées sur toute l’étendue du territoire national.

Le gouvernement, il faut le dire, tient à la négociation parce qu’ATT ne veut pas partir en laissant un Mali déchiré. Il entend donc en recoudre hâtivement les morceaux, avant de s’en aller.
Le gouvernement veut, enfin, négocier parce qu’il est favorable à la paix, sans laquelle aucun développement n’est possible. A suivre.

Chahana Takiou

22 Septembre du 15 Mars 2012