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Situation préoccupante à Ménaka où les bandits armés sont en train d’installer leur « administration» : – L’ancien ministre de Moussa Traoré et l’ancien conseiller spécial de Alpha O. Konaré, Hama Ag Mahmoud présumé « chef de l’Etat de l’AZAWAD » – Un enseignant nommé « Préfet » et un infirmier au poste de Médecin-chef de Ménaka

Occupée depuis quelques semaines, Ménaka avait vu l’écrasante majorité de sa population fuir la localité à l’arrivée des bandits armés. Contrairement à Léré où l’armée à repousser, le samedi 11 févriers, ces bandits, Ménaka est toujours sous occupation et les nouveaux maîtres des lieux y ont commencé à mettre en place un semblant d’administration avec le départ des militaires et des agents et cadres de l’administration. Dans leur schéma machiavélique, c’est l’ancien ministre de Moussa Traoré et ancien conseiller spécial du président Alpha Oumar Konaré, Hama Ag Mahmoud, résidant présentement en Mauritanie, qui est présumé comme président de «la République de l’AZAWAD». Ci -dessous la photo de Hama Ag Mahmoud

La situation au nord Mali continue de susciter moult interrogations au sein de la population malienne et auprès des pays amis du Mali.

jpg_menaka-2.jpgLes bandits armés qui ont pris, sans coup férir, plusieurs localités du nord Mali, depuis le 17 janvier 2012, ont décidé de jeter l’ancre à Ménaka dans la perspective d’en faire le base voire leur « capitale » provisoire.

C’est ainsi qu’ils s’y sont installées, depuis, provoquant le départ massif des populations vers les pays voisins voire des destinations parfois inconnues.

Se croyant en terrain conquis, les bandits armés viennent de procéder à des « nominations » comme le ferait un gouvernement légal d’un Etat souverain. C’est ainsi qu’un enseignant de la localité vient d’être promu « Préfet » et un infirmier nommé au poste (ô combien sensible) de « Médecin-chef de Ménaka« .

C’est dire que la situation est plus que préoccupante au vu des exactions qui s’exercent présentement sur les populations de cette localité aux mains des bandits armés. En effet, à chacune de leur passage dans les localités agressées, les bandits armés exigent des populations qu’elles saluent le « drapeau de l’AZAWAD« . Tel est présentement le cas à Ménaka où ces bandits, en terrain conquis, ont planté un peu partout leur « drapeau » et affiché des banderoles, tous confectionnés à partir de la Mauritanie, devenue comme une sorte de poste de ravitaillement des bandits armés en matériels de …souveraineté.

Cela ne doit point surprendre, quand on sait que le présumé président de la future « République de l’AZAWAD« , Hama Ag Mahmoud, un ancien ministre de Moussa Traoré, ancien conseiller spécial du président Alpha Oumar Konaré, et ancien secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, y réside présentement.

Après donc Léré, qui vient d’être libérée, il importe que les forces armées et de sécurité aillent combattre les bandits armés de cette dernière localité, qu’est Ménaka.

La visite éclair que le président de la République a effectué, hier, dans la capitale burkinabè, est, en tout cas, un signe qui prouve de toute la gravité de la situation. L’internalisation du conflit ne pouvant plus être évitée.

Mamadou FOFANA

L’Indépendant du 14 Février 2012