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D’entrée de jeu, il convient de rappeler nos fidèles lectrices et lecteurs que le peuple laborieux du Mali a enduré dans sa chair et dans sa conscience les affres de l’apache régime de Moussa Traoré et cela pendant 23 longues années.

Pendant ces 23 longues années de dictature militaro- udepemiste, le vol, l’affairisme, la délinquance financière, l’escroquerie, le clientélisme, le parentalisme, l’injustice à l’égard des sans voix furent entre autres, érigés en mode de gestion et de vie dans notre pays. Pendant ce long moment de gestion apatride de nos affaires, les masses travailleuses étaient spoliées et donc humiliées. Mais le régime Moussa n’avait pas bien mesuré cette célèbre phrase de Abraham Lincold selon laquelle «on peut tromper une partie du peuple tout le temps, tout le peuple une partie du temps, mais pas tout le peuple tout le temps».

Une vague de contestations populaires a fait basculer l’apache régime du général bazin dans le creux de l’Histoire le 26 mars 1991. Moussa Traoré a été arrêté par le lieutenant- colonel Amadou Toumani Touré et compagnons.
L’espoir était né dans le cœur de nos masses travailleuses de voir enfin leur vie s’améliorer à défaut d’un changement radical de la gestion de nos affaires. Le seul cri de cœur de notre peuple était : «le changement». Le mouvement dit démocratique s’est substitué au régime de Moussa Traoré.
A l’époque, deux fausses notes avaient coloré ledit «mouvement démocratique». Premièrement, on n’osait pas dire que Moussa Traoré avait été arrêté par les siens pour mieux le sauver : démocratisme oblige !

Deuxièmement, le mouvement dit démocratique était un assemblage hétéroclite de politiciens de toutes les couleurs et de toutes les odeurs.
Une observation attentive et méticuleuse de cet imbroglio politique laissait présager que le changement tant réclamé ne sera pas à l’ordre du jour. Cela était d’autant exact que le meilleur médecin du monde ne saurait soigner la plaie sur du pus.

A la chute de Moussa Traoré, les mêmes «démocrates» qui ont fait chanter le changement par les masses populaires ont vite fait de retourner leurs vestes tachées du sang du peuple. Leur nouvelle idéologie était désormais : «A forcer de laver, le bébé risque de couler avec l’eau de bain». Dès lors que ces démocrates ont tourné leurs dos gluants au mot d’ordre de kokadjè, l’on a compris que leur seul combat était pour arriver aux affaires.

Des politiciens véreux confisquent la lutte du peuple

Du coup, l’on a compris que le peuple malien n’était ni de près ni de loin leur affaire. La lutte de ce peuple contre la gestion apatride de ses affaires a été confisquée par des politiciens véreux en mal de crédibilité et sans le moindre souci de devenir radieux du Mali. Cela était d’autant plus prévisible que l’on a constaté hélas, que lorsqu’ils ont compris que Moussa ne pouvait plus être sauvé, ils ont vite fait, ces suppôts du général bazin, de retourner de façon spectaculaire leurs sales vestes de traites des intérêts populaires. Tous ces ex- suppôts de Moussa ont crié en chœur : «démocratie, Etat de droit, droit de l’Homme» comme s’ils ont compris que l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) n’avait que faire de la vraie démocratie !

Moussa est tombé le 26 mars 1991 et depuis, notre peuple végète dans les affres d’une démocratie rampante aux lendemains totalement certains.
De 1991 à 201, rien n’a fondamentalement changé dans la vie de nos masses laborieuses : aujourd’hui, la corruption, l’affairisme, l’achat des consciences, le clientélisme, la surfacturation, la délinquance financière, la course derrière le gain illicite ont atteint des proportions ineffables.

C’est bien cet état de pourriture généralisée que les politiciens apatrides appellent, hélas et honteusement «démocratiques exemplaires». Ils se moquent tout simplement de nos femmes et de nos enfants qui ont donné leur vie pour que naisse au Mali la démocratie, la vraie.

Pendant les dix premières années de la «démocratie pluraliste», plus de 20 Maliens sont devenus milliardaires. A notre connaissance, il n’y a pas de milliardaire dans les rangs des fonctionnaires maliens pendant les 23 longues années du règne sans partage de Moussa Traoré.

Ceux qui ont réussi par le vol, le mensonge humilient notre peuple

Aujourd’hui, à la faveur de l’affairisme érigé par Amadou Toumani Touré en mode de vie au Mali, on compte une bonne quarantaine de milliardaires.
De Alpha Oumar Konaré à Amadou Toumani Touré, toutes les sociétés et entreprises d’Etat ont été liquidées par des délinquants financiers maliens. Aujourd’hui, tout est privatisé au Mali au nom de la fin fallacieuse de «l’Etat- providence». Une façon malhonnête et irresponsable de permettre à quelques bandits économiques nationaux de s’approprier les biens de la nation malienne. Que tous ces déprédateurs du tissu économique national se rendent à l’évidence qu’ils vont vomir et remettre aux masses laborieuses du Mali tous leurs biens mal acquis.

Cela est d’autant exact qu’ils ne s’attendaient nullement à cette action hautement salutaire du Conseil national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) d’avoir donné un coup d’arrêt à cette démocratie de façade, instaurée pour spolier les masses travailleuses de notre pays.

Aujourd’hui, notre peuple est humilié par ceux qui ne peuvent réussir que par le vol, les détournements de deniers publics, l’affairisme, le mensonge et la gabegie. Ils doivent se rendre à l’évidence que les Maliens les ont vu et les ont bien compris. Ils doivent se rendent à l’évidence que tous les hommes sérieux sont avec le CNRDRE pour l’accomplissement du salut national à savoir l’expropriation de tous ceux qui ont nourris sans vergogne leurs familles de la sueur et du sang de nos paisibles populations.

Nous avons appris sur les écrans de notre télévision nationale que quelques individus en mal de crédibilité au Mali et même dans leurs propres familles ont réalisé chez eu des stocks d’armes. Pour assassiner l’équipe du capitaine Amadou Haya Sanogo ? Pour organiser des marches au cours desquelles ils pourraient habiller en uniforme de notre armée des délinquants pour tirer dans la foule et crier au génocide de nos forces armes et de sécurité ? Pour perpétrer des crimes post- électoraux au cas pratiquement évident où ils ne seront pas élus pour Koulouba ?
Tous les cas sont envisageables.

Les gens sales aux arrêts

Ces ennemis et bourreaux de notre peuple laborieux doivent comprendre que les Maliens les tiennent à l’œil et leur barreront la route par tous les moyens. Ne pas saisir cette petite vérité, c’est se nourrir d’illusions aberrantes. Les Maliens ont compris que c’est la démocratie de façade, instaurée par ATT et son clan qui les a affamés, assoiffés et humiliés.
Tous les gens sales doivent être arrêtés en vue qu’ils remettent au peuple les biens qu’ils lui ont extirpés frauduleusement.

N’en déplaise à ceux qui s’agitent honteusement quand bien même ils ne sont que l’ombre d’eux- mêmes dans la construction de la démocratie au Mali. Ces bandits politiques doivent se rendre compte que leur pouvoir se trouve désormais derrière eux.

Pendant que l’on tuait nos soldats dans le Nord, ces gens sans scrupules étaient dans leurs campagnes électorales. Tous les Maliens ont compris que ces gens se battaient pour eux et non pour le Mali. Ceux qui s’agitent contre les arrestations doivent comprendre que les Maliens ne peuvent plus les laisser décider de leur sort à eux. Le peuple en a marre de cette fripouille de politiciens véreux. Ils ont longtemps sucé le sang de nos travailleurs.

Les déprédateurs du tissu économique national doivent réaliser à leurs dépens la célèbre pensée de Frantz Fanon selon laquelle «chaque génération, dans une relative opacité, doit accomplir sa mission ou la trahir». Cela pour dire que les Maliens ne peuvent plus leur laisser le champ libre au nom d’un démocratisme béat et obsolète.

Le CNRDER ne doit pas décevoir la population malienne spoliée

En recourant à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les auteurs doivent se rendre à l’évidence que les Maliens sont derrière les jeunes militaires qui ont tué dans l’œuf les intentions machiavéliques d’arriver à Koulouba à tout prix. Comme pour dire que le coup d’Etat est un moyen de libération de notre pays.

Quant aux militaires, il faut qu’ils réalisent que débout comme un seul homme, les Maliens, dans leur écrasante majorité les défendront mordicus tant qu’ils servent leurs intérêts supérieurs. Peu importe, si les bandits financiers crient à la dictature ou à la chasse aux sorcières. Ils doivent savoir que tous les sorciers doivent payer leurs forfaitures.

Le CNRDRE doit bien comprendre que lorsqu’il met fin à l’enrichissement illicite des bandits économiques, ceux-ci l’en voudront toujours à mort et qu’ils tenteront tout pour renverser la situation. Il ne doit pas céder un seul instant face aux ennemis de notre peuple travailleurs. Le CNRDER ne doit pas décevoir toute cette population spoliée.

En conséquence, il doit savoir que les ennemis du peuple malien n’ont pas autre choix que de capituler. Tous les intellectuels patriotes sont avec le CNRDER pour redonner confiance à notre peuple laborieux pour bien servir notre pays, le CNRDRE doit taper toujours plus fort pour que les élections à venir soient crédibles et transparentes. Il ne doit perdre de vue que les gesticulations contre les arrestations sont à l’image de leurs auteurs bien connus sur le terrain politique au Mali. Le CNRDRE ne doit pas perdre de vue que les chefs de l’Etat de la CEDEAO ont des détenus chez eux. En conséquence, ils ne peuvent pas assainir chez nous pendant que leurs geôles encaissent évidemment bien de prisonniers.

Enfin, le CNRDRE doit savoir que dès lors que ce sont des Maliens qui demandent l’embargo contre notre peuple, ceux-ci militent pour leurs intérêts sordides et n’ont pas de leçon de démocratie à donner au peuple malien.

Pour se rendre donc utile à nos masses laborieuses, le CNRDRE doit aller jusqu’au bout de la mission qu’il s’est historiquement assignée.

Fodé KEITA

Le 24 Avril 2012