Partager

29 avril 2007-29 avril 2008, il ya un an, jour pour jour, le peuple souverain du Mali a renouvelé sa confiance au président Amadou Toumani Touré pour conduire les destinées du pays pour cinq autres années.

Huit candidats ont pris part à l’élection présidentielle de 2007. Il s’agit de : Amadou Toumani Touré (ATT), Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK, Tiébilé Dramé, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise, Oumar Mariko, Soumeylou Boubèye Maïga, Mme Sidibé Aminata Diallo et Madiassa Maguiraga. Un an après, que sont devenus les adversaires du président Amadou Toumani Touré? C’est la question principale que pose l’hebdomadaire Jeune Afrique n°2468 du 27 avril au 3 mai 2008. L’occasion nous semble bonne pour rafraîchir un peu les mémoires en revenant sur les résultats et les conditions dans lesquelles ces résultats ont été obtenus.

Les forces en présence le 29 Avril 2007

A part le président sortant d’alors, M. Amadou Toumani Touré dont la candidature a été soutenue par 43 partis politiques regroupés au sein de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP), ainsi que des associations et mouvements de soutien dédiés à sa cause, les autres candidats se sont battus dans un cadre beaucoup plus restreint, c’est à dire qu’ils n’ont pas eu de soutien de taille à la dimension de leur adversaire ATT.

Et pourtant, à l’image de l’ADP (majorité), l’opposition s’est regroupée au sein du Front pour la Démocratie et la République (FDR) constitué de 16 partis politiques et associations au départ. Au lieu de se consulter pour désigner un candidat unique en leur sein, quatre candidats sont sortis dans les rangs du FDR ce sont :

Ibrahim Boubacar Keïta au nom du RPM, Tiébilé Dramé du PARENA, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise de la CDS et Soumeylou Boubèye Maïga au compte de l’Association de Soutien (ASMA).

Les trois autres candidats à savoir Oumar Mariko, Mme Sidibé Aminata Diallo et Madiassa Maguiraga étaient soutenus par leur formation politique respectivement le SADI, le REDD et le PPP. C’est dans ce climat d’union pour les uns et de division pour les autres que le scrutin a eu lieu. Les résultats obtenus par chacun des huit candidats reflètent bien les climats d’union et de division qui ont caractérisé l’élection présidentielle du 29 avril 2007.
PLEBISCITE POUR ATT

Sur la base de 1 928 868 votants enregistrés le 2 mai 2007 par l’ADP, le candidat Amadou Toumani Touré obtient 1 456 030 voix, soit plus 75%. Ce total fait apparaître un écart considérable entre ATT et les autres concurrents, suffisant pour qu’il n’y ait pas de second tour.

Le 2ème candidat qui arrive après ATT est IBK. Toujours selon les chiffres fournis par l’ADP, Ibrahim Boubacar Keïta n’a recueilli que 322 351 voix, soit près du cinquième de voix obtenus par ATT. Dans le seul District de Bamako, ATT a obtenu 105 280 voix.

Concernant les trois autres candidats, tous issus du FDR à savoir Tiébilé Dramé, Mamadou Bakary Sangaré Blaise et Soumeylou Boubèye Maïga réunis font au niveau national 94 351 voix, soit moins que le résultat obtenu par ATT dans la capitale malienne. Tant à l’intérieur qu’à l’éxtérieur, les Maliens ont voté resolument pour ATT qui a été plébiscité.


Un an apres ou sont les adversaires du candidat ATT?

Après l’élection du président de la République, ATT pouvait former son gouvernement. En 2002, comme en 2007, il a dit qu’il gouvernera avec la majorité que le peuple malien lui donnera. C’est pourquoi il a attendu les résultats des élections législatives de juillet 2007. Peut être qu’il voudrait reconduire le schéma du consensus politique de 2002 à 2007.

Mais des partis ont estimé qu’il n’y a pas de démocratie sans une opposition et ont créé à l’Assemblée Nationale le groupe de l’opposition composé d’une part du groupe parlemantaire PARENA-SADI (neuf députés) et d’autre part le groupe parlementaire RPM (onze députés).

A la formation du gouvernement le 3 octobre 2007, nous avons remarqué la non participation de l’opposition au gouvernement. Tout de même, Oumar Mariko du parti SADI, avec ses quatre députés a pris la présidence de la commission Affaires Etrangères de l’Assemblée nationale

Ibrahim Boubacar Keïta, bien qu’étant député, se fait de plus en plus rare à l’Assemblée Nationale. Son parti est en perte de vitesse: de 46 députes obtenus lors de la précédente législature, le RPM ne compte que 11 aujourd’hui. Dans les jours à venir il faudra s’attendre à de nouveaux départs du RPM vers d’autres formations politiques.

Soumeylou Boubèye Maïga, après quelques mois de traversée du desert, est revenu à l’ADEMA, son parti politique d’origine. Ces derniers temps, il est de plus en plus actif dans la resolution de la crise de Kidal au Nord-Est du Mali.

Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise, bien qu’étant membre du Haut conseil des Collectivités, est moins visible sur la scène politique. Quant à Tiébilé Dramé, il a tendance à tomber dans la clandestinité, même s’il a, bien sûr, cinq députés à l’Assemblée Nationale. Quelques rares fois le PARENA organise des conférences débats mais à quelle fin?

Depuis la fin de l’élection du président de la République, Madiassa Maguiraga, président du PPP a quasiment disparu de la scène politique. Son parti n’est ni au gouvernement, il n’a pas non plus d’élus nationaux ou communaux. La seule adversaire du candidat Amadou Toumani Touré à l’élection présidentielle de 2007 qui figure dans le gouvernement est Mme Sidibé Aminata Diallo, présidente du parti REDD.


Daba Balla KEITA

30 Avril 2008