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Il y a quelques jours, à l’occasion de ses cent jours à la primature, le peuple malien et le monde entier ont suivi l’intervention télévisée du Dr. Cheick Modibo Diarra sur la situation politico- sécuritaire du Mali. L’occasion était bonne pour le Premier ministre de sortir de sa réserve pour cracher à la figure de ses détracteurs, ce que nous avons appelé ses vérités crues.
En effet, dans un français simple, un langage sans détour, ni calcul politicien et sur un ton déterminé, le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, n’a pas manqué l’occasion de vider son cœur.

Après avoir dressé le bilan du pays avant et après le 22 mars jusqu’à sa nomination à ce poste de Premier ministre, il a tenu à faire savoir au peuple malien et à l’ensemble de tous ceux qui se précipitent sur la libération du Nord de ne pas se voiler la face pour se laisser diriger par les émotions ou se laisser manipuler encore une fois par ces politiciens déchus.

D’après lui, la situation au Nord est beaucoup plus complexe qu’on ne le pense. Sa résolution nécessite forcément beaucoup plus de tact, beaucoup de préparation et dispositions à prendre.

Cela demande un peu plus de patience sans pourtant tomber dans la passivité, dans l’attentisme.
Selon lui, ce n’est pas en faisant du bruit avec nos sabres ou donner, comme je l’ai entendu hier soir, des ultimatums que Aqmi va se lever, plier bagages et partir.

«Alors, pour nous débarrasser de ces narcotrafiquants, de ces terroristes, il va falloir qu’il ait une guerre et cette guerre n’est pas seulement du Mali, mais de la communauté internationale», a- t-il insisté.
Alors, si cette guerre n’est pas vraiment inévitable, il va forcément de soi qu’elle nécessite une préparation minutieuse et la conjugaison de toutes les énergies du pays.

En ce qui concerne l’intervention de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Premier ministre a tenu à faire savoir qu’il s’est jamais opposé à une telle aide. Seulement, il avait exprimé sa désapprobation par rapport à la première idée de la communauté qui consistait à venir sécuriser les institutions au lieu d’aller libérer le Nord.
Cette attitude de la CEDEAO ne fait que confirmer ce que nous avons eu à souligner dans les parutions antérieures à savoir que la CEDEAO est plus préoccupée par Koulouba que par le Nord.

De même, cette crise a permis au gouvernement de Cheick Modibo Diarra de comprendre que notre pays n’est pas aussi misérable qu’on nous avait fait croire. Il nous a montré, à nous les Maliens et à la face du monde, que la plaie de notre économie est la mauvaise gestion.

Sinon avec la rigueur, doublé d’un esprit patriotique, notre pays, nous a-t-il fait savoir, peut subsister sans l’aide extérieure. Chose que les Maliens, dans leur grande majorité, ne pouvaient imaginer.

A travers cette crise, nous avons appris beaucoup de choses. «Nous sommes en train d’apprendre une nouvelle leçon. Cette leçon est que ce pays au moment le plus difficile de son Histoire est en train d’essayer de s’en sortir sans l’aide de personne. Ça, c’est une très, très bonne leçon pour la première fois. C’est ça, à mon avis la souveraineté. Tout ce que nous faisons, nous le devons qu’à nous-mêmes. La seule chose qui nous manque pour compléter ce tableau, c’est le sursaut national…», a- t-il laissé entendre.

au Premier ministre d’ajouter : «Qu’on pas besoin d’être dans le gouvernement pour servir son pays». Ce qui veut dire que clairement que nous devons cesser toute querelle et avoir une seule pensée qui est notre pays, le Mali, son avenir. Nous devons avoir l’amour de notre pays et avoir foi à son avenir.

En ce qui concerne la démission de son gouvernement, le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, n’est pas passé par quatre chemins pour répondre aux allégations de ses détracteurs. «Je ne démissionnerai pas et je ne peux même pas démissionner…». Par la même occasion, il les défie de lui montrer un gouvernement plus compétent que le mien que le Mali ait connu.
«Ceux qui disent que ce gouvernement est inexpérimenté, vous qui êtes expérimentés, amenez- nous les produits de votre réflexion profonde et nous allons les appliquer», a-t-il souligné.

Même si elles fâchent, nous dirons que les vérités du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, ont permis à bon nombre de Maliens de comprendre beaucoup et dans les faits et dans les discours ou déclarations concernant cette crise à laquelle ils font face aujourd’hui. Et au temps opportun, ils pourront tirer toutes les leçons possibles.

Daouda DOUMBIA

L’Inter de Bamako du 07 Août 2012