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Lancée le mercredi 2 avril sous le commandement du Colonel Elhadj Gamou, l’opération  » Jigi – Tugu  » (restaurer l’espoir) pourrait se muer » Jigi- Waro  » (désespoir) si l’on n’y prend garde.

En effet, après cette frappe de l’armée qui a mis du baume au cœur des patriotes maliens, nos vaillants soldats ont été sommés par l’autorité politique à ne pas aller vers une offensive. C’est ainsi qu’ils sont cantonnés à Kidal, la mort dans l’âme, en optant pour la défensive à travers la mise en place des  » check points  » tout autour de la capitale de l’Adrar des Ifoghas.

Au moment où les colonels Takuni, Malick Chérif, Faïçal, tous des intégrés étaient décidés à conduire chacun une patrouille mobile respectivement à Tinzawaten, Tinasalack (Tin – Essako) et à Aguel -hoc afin de maintenir la pression et de garder l’avantage. Mais au nom des négociations de la honte qui se passent à Tripoli, le pouvoir politique est en train de casser l’élan de l’armée malienne.

A Kidal, les activités ont repris normalement hier jeudi 3 avril : l’administration, les banques, les boutiques et le grand marché ont correctement fonctionné. La psychose d’une attaque de la ville s’éloigne de plus en plus parce que Kidal est aujourd’hui mieux gardée que la présidence de la République. L’offensive, lancée contre la bande à Ibrahim Ag Bahanga mercredi 2 avril, a suscité beaucoup d’espoir au sein de l’opinion publique nationale. Et les internautes, en majorité des Maliens résidant à l’étranger, ont bien apprécié l’opération  » Jigi – Tugu « , en encourageant les forces armées et de sécurité à poursuivre cette mission ô combien exaltante et patriotique.

L’armée malienne, à en croire nos sources, n’a perdu aucun matériel encore moins un homme au cours de cette attaque menée par l’aviation militaire. Contrairement aux informations erronées distillées par le journal algérien, El Wattan, qui prend faits et causes pour les bandits armés. Par contre, la bande à Bahanga et consorts a enregistré plusieurs morts, des blessés et un important dégât matériel.

Les blessés de cette bande ont été, semble t-il, acheminés à Bodj Elmoctar et à Tamanrasset (deux villes algériennes) pour y recevoir des soins. Les survivants se cherchent et c’est au moment où l’armée devrait aller à leur traque qu’elle reçoit des instructions de Bamako pour  » faire doucement « . Surtout qu’il est revenu à la population de Kidal que les soldats otages se trouveraient à Bouraïssa, dans une cachette du maire de cette commune, Abdallah Ounfatta.

C’est pour cette raison les colonels Takuni, Malick Chérif, Faïçal sont en train de piaffer d’impatience pour en découdre avec les bandits armées dans les montagnes de Tinzawaten, Tinasalack et Aguel – hoc. Chacun d’eux est décidé à prendre, à cet effet, la tête d’une patrouille mobile. Mais, le poste de commandement opérationnel, dirigé par cet autre intégré, le colonel Elhadj Gamou, qui reçoit des instructions de la capitale les en a dissuadés.

Du coup, l’autorité politique casse l’élan des Forces armées et de sécurité et les faisant perdre l’avantage que le pilonnage de l’aviation militaire leur avait donné. Sinon, c’est le moment ou jamais de maintenir la pression, de détruire les différentes bases érigées dans la zone, de traquer tous les petits bandits, voleurs de véhicules et trafiquants qui collaborent avec Bahanga et sa bande. Malheureusement, au nom des négociations de la honte qui se passent actuellement à Tripoli, le pouvoir de ATT a choisi d’opter pour la défensive, en quadrillant la ville de Kidal et en multipliant les  » check points « . _ Personne ne sort et ne rentre dans la capitale de l’Adrar des Ifhogas, sans montrer pattes blanches.

Il est, aujourd’hui, prouvé que Bahanga et ses hommes sont de mauvaise foi et ne sont guère dignes de confiance. Rien ne les intéresse si ce n’est l’argent de kadhafi et des narcotrafiquants. Il n’est pas question d’accepter les accords de Tripoli qui ont déjà le handicap de prêcher  » l’allègement du dispositif militaire  » dans la zone de Kidal.

Accepter ce diktat constitue une honte pour le Mali. Cette région faisant partie du territoire malien doit être sécurisée et les militaires maliens devront y rester avec tout l’armement qui s’impose. La Libye est mal placée pour servir de médiateur. Tant qu’il aura Kadhafi dans ce conflit, l’Algérie continuera à soutenir les bandits armés comme il le fait actuellement à travers le ravitaillement en carburant, en vivres et même en armement.

C’est bien le pays de Abdoul Aziz Boutéflika qu’il sert de base-arrière pour la bande à Bahanga. Et c’est bien lui qui soigne ses blessés durant tous les accrochages que l’armée malienne a eus ces voyous.

Le gouvernement malien est donc pris en sandwich entre ces deux pays, peu sincères à son égard. ATT ne doit pas laisser l’avenir du pays entre l’Algérie et la Libye. Le Mali doit prendre son avenir en main, en prônant la fermeté et en encourageant nos combattants pour venir à bout de ces apatrides, assassins qui continuent de causer d’énormes préjudices au peuple malien.

Chahana TAKIOU

04 Avril 2008.