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Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’Organisation des Nations unies au Mali a organisé le mardi 18 juin un point de presse sur la situation humanitaire alarmant au Mali. Sans financement immédiat, la situation humanitaire au Mali atteindra le seuil extrême, s’inquiètent les humanitaires.

Le coordinateur humanitaire pour le Sahel, Robert Piper, et le coordonateur humanitaire pour le Mali, Aurélien Agbénonci, ont animé hier un point de presse qui s’est articulé autour de la situation humanitaire alarmante au Mali, la réponse fournie et les défis rencontrés par les acteurs humanitaires.

En mission dans notre pays, Robert Piper a d’entrée de jeu indiqué que les besoins humanitaires au Mali restent toujours très élévés. Les indicateurs de besoins humanitaires du Mali sont dans le rouge, en particulier au nord, a-t-il précisé.

Pour souligner ces besoins, des chiffres montrent que le Mali compte 3,5 millions de personnes à risque d’insécurité alimentaire. Parmi elles presque 1,4 million expriment un besoin immédiat et 2 millions de personnes sont sous pression. De fin 2012 au 6 juin, souligne Ocha, l’insécurité alimentaire a s’est aggravée de 59 %. 700 000 enfants présentent un risque de malnutrition aiguë, dont 200 000 à un niveau sévère. Aussi 800 000 enfants ont-ils eu une scolarité perturbée par le conflit et l’insécurité en 2012. La moitié des écoles dans les régions du nord n’a toujours pas rouvert.

Les humanitaires indiquent que des questions de protection, de la réintégration ou encore de l’insécurité alimentaire continuent de menacer les régions du Nord du fait des opérations militaires et les mouvements de populations. Tout ceux-ci, s’inquiètent-ils, créent de nouveaux besoins humanitaires dont l’aide annoncée ne va pas pouvoir soutenir.

Malgré les donations faites à Bruxelles

A la fin d’avril 2013, selon Robert Piper, 300 783 personnes sont des déplacés internes et vivent dans des situations difficiles. Au 5 juin 2013, 174 129 Maliens sont réfugiés dans les pays voisins. Ce nombre s’ajoute aux 87 795 réfugiés dans ces pays depuis le 3 juin 2012.

Pour venir en aide aux millions de personnes affectées, le gouvernement malien et les agences humanitaires ont lancé en fin janvier un Appel consolidé (Cap) d’un montant de 410 millions de dollars, dont 32 % seulement sont couverts aujourd’hui.

Le financement pour l’appel humanitaire reste très bas. Nous sommes fin juin, il devrait être bien plus haut étant donné le succès des engagements pris à Bruxelles de soutenir cette période de transition.

Avec ces promesses de financement, a expliqué M. Piper, « leurs inquiétudes pour le Mali étaient minimes dans le sens que le Mali serait à l’abri. Mais tel n’est pas le cas ! Le Mali est à 40 % financé dans le secteur de la sécurité alimentaire. Et Dans le secteur eau et assainissement 12 % sont financés sur les besoins de l’année 2013. Ce sont des indicateurs très bas compte tenu des soutiens évoqués à Bruxelles ».

Il est urgent, ont lancé les coordinateurs, que les engagements soient traduits en financements pour rapidement commencer le travail. « Si on tombe bien plus bas que les besoins exprimés, le risque d’aggravation de l’insécurité alimentaire au Mali serait imminent », a-t-il averti.

Aminata Traoré

19 Juin 2013