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Au cours d’un point de presse tenu à la Maison des Jeunes le 3 Avril 2008, la Fédération Nationale des Retraités du Mali (FNAR) n’a pas été tendre avec les deux centrales syndicales de travail et les partis politiques.

Cette attitude, exacerbée par l’avènement du multipartisme politique, dure depuis 40 ans, soit avant et après les évènements de Mars 1991. “Ni les syndicats UNTM et CSTM, ni les autres syndicats, n’en ont fait l’objet de leurs doléances ou préoccupation, à plus forte raison de leurs revendications. Tout cela concourait à maintenir les retraités dans leur état d’oubliés, à les abandonner à leur propre sort”, a déclaré un responsable de la FNAR, Sinaly Sidibé.

C’est par ces mots durs adressés à ceux qui sont censés défendre les intérêts des retraités que s’est tenu cette rencontre de presse qui tenait à interpeller et alerter l’opinion nationale au sujet de leur sort.

C’est ainsi que les retraités ont décidé de s’unir et de s’assumer, en créant la Fédération Nationale des Retraités du Malif(FNAR) dont le récipissé a été délivré le 8 Février 1990, sous le n° 0022/MAT/DB/DAG.

Face au refus des syndicats et partis politiques de s’occuper de cette frange de la population malienne, les responsables de la FNAR ont décidé de s’occuper de leur propre sort.

Ils n’ont pas compris qu’une vie professionnelle bien remplie ne peut et ne doit avoir, comme ambition et objectif, que la garantie d’une retraite paisible et digne ”, a déclaré un autre responsable, Thiambal Sissao.

Les syndicats et les partis politiques ont donc été vivement appelés à introduire, dans leurs futures actions, les différentes préoccupations des retraités.

Du fait de leur respect pour les lois en vigueur, les retraités entendent persévérer dans la sagesse et la patience, pour la défense de leurs droits. Pourtant, dans les décisions qui les concernent, ils se sentent marginalisés, exclus de la non prise en compte de leurs besoins, victimes d’un manque de respect et de considération.

Les syndicats et les partis n’ont rien fait pour approcher les retraités et les gouvernements successifs pour défendre leur cause et rappeler que le combat pour la retraite est d’abord leur combat ”, a dénoncé M. Sidibé.

Rappelons que ce combat doit être inscrit en bonne place dans les priorités, préoccupations et revendications des syndicats UNTM et CSTM, des partis politiques. Car la retraite est un système de répartition essentiellement cofinancée et co-gérée par les travailleurs en activité et l’Etat employeur. Ce qui fera dire au président de la Fédération que tous ceux que l’avenir préoccupe, parmi les travailleurs actifs, doivent raisonnablemment être préoccupés par la retraite.

Face à la fuite en avant des syndicats et des partis politiques, les retraités ont décidé de prendre le taureau par les cornes pour défendre leurs intérêts et ceux de leurs ayants-droits, avec la création de la Fédération Nationale des Retraités.

La FNAR est composée d’associations nationales telles que l’Association nationale des Retraités des Administrations d’Etat (ANRADT), l’Association Nationale des Retraités de l’Aéronautique et de la Météorologie (ANRAM), l’Association Nationale des Cheminots Retraités (ANCR), l’Association Nationale des retraités de PTT-TIM (ANPTT-TIM) et enfin, l’Union nationale des Enseignements Retraités de l’Education et de la Culture (UNEREC).

Six autres associations ont pris le train en marche: les associations des retraités de Police, du trésor, des TP, du Développement rural, de l’Information et des Impôts. Deux autres sont en attente d’adhésion: les associations des retraités des Mines et des anciens parlementaires.

Avec les dévaluations successives du franc CFA, l’abaissement du niveau des salaires, la suppression de la quasi-totalité des avantages pour l’institution des allocations familiales, l’IGR, la suppression des primes, l’Etat a réduit les abonnements aux taux de 12% à 8% au niveau de l’Etat, et de 8 à 4% au nivveau des travailleurs.

Face à ces inquiétudes, la FNAR avait demandé à ce que la Caisse de Retraite soit érigée en E.P.A. Ce qui fut adopté par la loi 93 M3 du 11 Février 1993, dotée d’un Conseil d’Administration, mais dépendant de l’Agence Comptable du Trésor.

Selon le président de la FNAR, les difficultés actuelles de la Caisse de Retraites sont aujourd’hui dues à sa non dotation en biens meubles et immeubles et d’une avance de trésorerie sur les abonnements, comme au Sénégal, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire.

Autres problèmes qui sont cause de manque d’argent dans la Caisse: la faiblesse des recrutements à la Fonction Publique, la sortie brutale des partants volontaires à la retraite n’ayant pas cisé au préalable, les décédés, la prise en charge par la CRM des soldats qui n’avaient pas de salaires étant en activité. Tout cela a influé sur la perte des recettes de la CRM.

Face à toutes ces préoccupations, les syndicats et les partis politiques doivent en faire leur cheval de bataille. Selon Sinaly Sidibé, ils sont appelé aussi à faire valoir un jour leurs droits à la retraite. En tout cas, la FNAR compte se faire entendre, par tous les moyens légaux, pour aboutir à la non application du projet de Code de la pension adopté en Conseil des ministres le 20 Février 2008.

Sadou BOCOUM

07 avril 2008.