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Le porte-parole du Gouvernement Ousmane Thiam, entouré de plusieurs membres du gouvernement dont Choguel Maïga a rencontré la presse pour informer l’opinion nationale sur la situation de l’approvisionnement de nos marchés en produits de première nécessité (céréales, lait, sucre, thé…). “Dans l’ensemble, il ressort que le prix du mil, riz, maïs, n’ont pas connu de hausse, les stocks sont disponibles en quantité et en qualité suffisante, contrairement au prix du lait qui connait une hausse vertigineuse”, a dit Ousmane Thiam.

Pour mieux aborder le débat, ils étaient six membres du Gouvernement à avancer les arguments nécessaires: Ousmane Thiam de la Promotion des Investissements et des Petites et Moyennes Entreprises, Choguel K. Maïga de l’industrie et du commerce, Seydou Traoré de l’agriculture, Aboubacar Traoré des finances, Oumar Ibrahim Touré de l’élévage et de la pêche. C’était hier 14 juin à la Dette Publique.

HAUSSE DES PRIX, UNE PREOCCUPATION DES AUTORITES

Le principal orateur était le président du MPR Choguel Maïga. Il a fait l’état des lieux des produits sur le marché et des stocks disponibles.
Depuis un moment, le marché se caractérise par une évolution des prix à la hausse de la plupart des produits de première nécessité.

Cette situation, ne paraît pas exceptionnelle pour certains produits à l’approche de l’hivernage. Mais pour d’autres, elle suscite des inquiétudes. Elle constitue une préoccupation pour les plus hautes autorités de notre pays et le Gouvernement fait aujourd’hui de sa priorité l’approvisionnement correct du pays en produits de première nécessité à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des populations.

Des concertations on été menées au sein de l’administration en partenariat avec les opétateurs économiques pour trouver des solutions appropriées à la situation actuelle. Le ministre a présenté la situation actuelle, elle se présente ainsi:

STOCKS AU NIVEAU DES COMMERÇANTS GROSSISTES

Ils se présentent comme suit à la date du 08 juin 2007:

Riz : 19 449 tonnes ; Sucre : 25 164 tonnes ; Farine de froment : 687 tonnes ; Lait en poudre : 160 tonnes ; Mil : 779 tonnes ; Sorgho : 710 tonnes ; Maïs : 512 tonnes ; Huile : 385 867 litres.

STOCKS AU NIVEAU DU COMMISSARIAT A LA SECURITE ALIMENTAIRE
Ils se répartissent comme suit:
– Stock National de Sécurité (SNS) : 38 905 tonnes;
– Stock National d’Intervention (SNS) : 35 000 tonnes dont 19 771 de riz;
– Stock riz BID : 25 000 tonnes

LES STOCKS AUX DIFFERENTS PORTS D’APPROVISIONNEMENT DU MALI
– Riz : 12 693 tonnes ; sucre : 23 038 tonnes ; farine : 1 322 tonnes ; blé : 5 834 tonnes ; lait en poudre : 131 tonnes ; thé : 165 tonnes

ETAT DES PRIX

LE RIZ : Sur le marché les prix du riz oscillent entre 265 et 300 F CFA/Kg. Le prix du riz gambiaka varie entre 340 et 360 F CFA/Kg. Par rapport au mois d’avril 2007, le prix moyen du riz a enregistré une augmentation de 7 F CFA/kg pour se fixer à 277 FCFA. Ce niveau est le plus élevé depuis le début de l’année et des cinq dernières années à la même période.

LE SUCRE : Son marché a été caractérisé par des prix variant entre 380 et 500 FCFA. Les marchés les plus chers ont été ceux de Gao et de Kidal avec respectivement 425 et 500 FCFA/kg. Par rapport au mois dernier, le prix moyen du sucre a enregistré une hausse de 2 FCFA/kg. Par rapport à son niveau, à la même période en 2006, le prix du sucre est en baisse de 8%.

LA FARINE DE FROMENT : Les prix sur le marché ont varié entre 300 et 375 FCFA/kg. Par rapport au mois d’avril, le prix moyen de la farine a augmenté de 8 FCFA/kg. Comparé à son niveau à la même période en 2006, le prix moyen de la farine a augmenté de 4%.

LE LAIT EN POUDRE : Les prix ont oscillé entre 2 466 et 3 250 FCFA/kg sur le marché mondial. Les marchés les plus chers ont été ceux de Kidal, Gao et Sikasso où les prix ont varié entre 2 800 et 3 250 FCFA/kg. Une augmentation de 24 FCFA/kg a été enregistrée sur le prix moyen du lait en poudre entre le mois d’avril et le mois de mai 2007. Cette augmentation est plus sensible sur les prix pratiqués sur les marchés. Cette hausse s’explique par le comportement du marché international évoqué plus haut.

L’HUILE : Le prix de l’huile oscille sur le marché entre 600 et 750 FCFA le litre. Par rapport à la même période en 2006, le prix moyen de l’huile était en baisse de 6%. Malgré une pénurie de la graine de coton, le marché de l’huile ne présente pas d’inquiétudes.

LES CEREALES SECHES : Par rapport au mois précédent, la baisse des prix des céréales sèches a été faible. Les prix sont restés presque stagnants. Par rapport à la même période en 2006, les prix moyens des céréales sont à la baisse. A l’approche de la période de soudure, les prix des céréales pourraient évoluer à la hausse. Le comportement de l’hivernage sera déteminant dans l’évolution des prix au cours des mois de juin et juillet.

En guise de conclusion, le ministre du commerce et de l’industrie a affirmé qu’en ce qui concerne les stocks, excepté le lait en poudre, l’approvisionnement du pays pour les autres denrées de première nécessité ne pose pas d’inquiétudes majeures.

Quant aux prix, force est de reconnaître que le marché du lait en poudre connaît une réelle tension. Ceux des autres produits ne présentent pas pour le moment de difficultés particulières.

LES REPONSES AUX QUESTIONS PERTINENTES DES JOURNALISTES

Après la déclaration liminaire du ministre, place a été laissée aux questions des hommes de médias qui ont porté sur plusieurs aspects.

Sur la question comment lutter de façon efficiente contre la problématique récurrente de la famine dans notre pays, le ministre Choguel K. Maïga dira que le gouvernement veillera à l’application de tout engagement pris par le président de la République lors de la campagne électorale et d’ici l’horizon 2012 plus de 100 000 hectares seront amenagés et la production atteindra alors les 10 millions de tonnes.

A côté de ces aménagements hydro-agricoles, les opérations de pluies provoquées vont connaitre un essor extraordinaire.

Quant à celle faisant état de l’augmentation tangible du prix du lait en poudre, le ministre Maïga a expliqué que cette augmentation du prix du lait sur le marché malien est due aux phénomènes du marché international qui se traduisent par la baisse de l’offre par rapport à la demande. Les Européens ont supprimé leurs subventions à l’exportation qui s’élèvaient à 500 Euro par tonne et d’autres pays, pour des raisons internes, ont fortement taxé leur exportation de lait en poudre.

Pour d’autres pays, en l’occurrence les pays émergeants avec l’augmentation du niveau de vie, la consommation interne explose et constitue un frein aux exportations. Et selon le ministre, le prix du lait en poudre va connaitre forcément une augmentation mais le gouvernement jouera sur tous les leviers possibles pour permettre l’approvisionnement de toutes les couches sociales de notre pays.

En réponse à la question relative au fait de privilégier les cultures céréalières à celle du coton, le ministre a expliqué que le Mali est le deuxième pays le plus mécanisé en terme d’agriculture dans la sous-région après le Nigeria. Le gouvernement actuel travaille de manière à ce que l’agriculture malienne soit diversifiée à toutes les cultures et que la cotonculture et celle des céréales constituent un tout dans les zones CMDT, puisque les intrants du coton servent aussi pour les céréales.

Pour conclure la rencontre, le ministre Ousmane Thiam a rassuré toute la population malienne qu’il n’y a aucune crise alimentaire et que le gouvernement, conformément à la lettre de cadrage du président de la République est en train de faire de son mieux pour assurer
correctement un approvisionnement accessible à toutes les couches du pays.

Mamadi TOUNKARA et Mamoutou Diallo

15 juin 2007.