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Le rapport annuel de l’UNICEF publié en 1999 sur la situation des enfants dans le monde dresse, à l’aube du XXIe sicècle, un bilan en demi-teinte, où alternent le constat d’évolutions très positives, mais aussi d’échecs massifs, indiscutables.

L’UNICEF se félicitait du fait que dans 125 pays, près de 80% des enfants étaient vaccinés contre les maladies les plus meurtrières, que le nombre d’enfants scolarisés dans le monde n’ait jamais été aussi important qu’à la même date, et que la protection juridique des enfants progresse.

Mais la mortalité des jeunes enfants demeure à des niveaux inacceptables : 130 millions des enfants, en majorité des filles, sont privés de tout accès à l’école, et 250 millions d’enfants de 5 à 14 ans travaillaient.

L’exploitation sexuelle des mineurs demeure un fléau.“Ni la pauvreté, ni l’inégalité n’ont décru au cours des dernières décennies, bien au contraire”, conclut le rapport de l’UNICEF.


Le développement humain

En mettant au centre de ses préoccupations les effets de la mondialisaton, le rapport mondial sur le développement humain 1999 a voulu ainsi tirer la sonnette d’alarme sur la prédominance des aspects financiers et économiques de la mondialisation au détriment de la dimenson humain, au moment où des millions de personnes du Sud continuent d’être marginalisées et écartées des grandes décisions sur l’avenir du “village planétaire”.

Et pour cause: si l’on s’en tient aux chiffres avancés par le rapport, un cinquième de la population du globe vivant dans les pays les plus riches représentaient 86% du PIB mondial, 82% des marchés d’exploitation, 68% de l’investissement étranger direct et 74% de l’ensemble des lignes téléphoniques. Alors que le cinquième de la population occupant le bas de l’échelle, dans les pays les plus pauvres, ne détenait qu’environ 1% de chacune de ces ressources.

Ainsi, dans le classement des pays selon l’indice de développement humain, le Canada occupait la première place pour la cinquième année consécutive, suivi par la Norvège, les Etat Unis, le Japon et la Belgique. Le Burundi, le Burkina Faso, l’Ethiopie et le Niger formaient, avec la Sierra Leone, la queue du peloton.
Il indique qu’entre 1975 et 1997, l’espérance de vie dans les pays en développement est passée de 53 à 62 ans, et la mortalité des enfants de moins de 5 ans a diminué de 149 à 85 pour 1000 naissances vivantes.

En général, entre 1975 et 1990, le développement humain tel que mésuré par l’IDH en terme d’espérance de vie, de niveau d’instruction et de revenus, a progressé presque dans tous les pays. Cependant, malgré ces progrès, la pauvreté gagne du terrain, surtout en Afrique subsaharienne. Quant aux disparités entre hommes et femmes, elles ne font que s’accroître.

Le rapport recommande de prendre des mesures et des actions dans le domaine social pour atténuer les effects pervers de l’économie mondiale qui se caractérisent par une alternance de phases d’expansion et de recession, et de satisfaire aux besoins de XXIe siècle.

Il s’agit de placer les préoccupations humaines au centre du débat sur la mondialisation, de faire disparaître la polarisation entre ceux qui ont accès aux réseaux informatiques et ceux qui en sont exclus, de se concentrer sur l’interdépendance planètaire des personnes, sans se limiter à celle des flux financiers, bref, de mettre la mondialisation au service des individus et pas seulement du profit”, dit le rapport.

Au nombre des initiatives contenues dans le rapport, on peut citer celles qui portent sur la tenue d’un forum mondial qui regrouperait multinationales, syndicats et organisations non govuernementales, afin d’élargir le dialogue sur la gouvernance mondiale qui donnerait, aux riches et aux pauvres, la possibiltité de faire mieux entrendre leur voix.

Le Rapport envisageait la création d’un centre indépendant d’aide juridique et d’un poste de médiateur, afin d’aider les pays pauvres dans les négociations internationales au sein de l’OMC.

Selon le rapport, les mécanismes de réglement des différends ne peuvent être équitables que si les pays pauvres et industrialisés ont accès à des services d’experts d’égale compétence pour défendre leur position.

Le processus donnerait aux pays en développement d’une part, une force collective leur permettant de résister aux pressions des négociations internationales, et d’autre part, une certaine protection contre les effets négatifs de la concurrence.

Bakoroba COULIBALY

24 septembre 2007.