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Les établissements privés constituent au Mali le pilier essentiel de la formation des futurs cadres. Cette initiative des promoteurs (former les jeunes esprits à la vie active) a été saluée par la population, puisqu’il s’agit d’assurer l’avenir des enfants. Cependant, certains établissements fonctionnent dans des conditions déplorables, pour non-paiement de la subvention.

D’habitude le paiement des subventions se fait au plus tard au mois de mars. Mais avec les multiples crises que traverse notre pays, un retard est constaté. Dans certains établissements les administrateurs sont sous la pression des enseignants qui les traitent de tous les noms d’oiseaux. Motif, ils réclament le paiement des arriérés de salaires et parfois des outils de travail.

A Banankabougou, à l’école Sekotra le constat est amer comme l’explique le censeur Abdoul Kouyaté. « Avec plus de 80 % des élèves étatiques dans notre effectif, nous sommes en difficultés. Les subventions devaient tomber depuis le mois de mars dernier, mais jusqu’à présent nous n’avons reçu aucun centime de l’Etat. Les enseignants, malgré toutes informations que nous leur donnons, ne comprennent pas les choses. Et parfois, ils déposent les préavis de grève. Mais de toutes les façons, ils sont dans leur droit puisque tout le monde connaît le quotidien à Bamako. En tout cas, j’invite les autorités en charge de l’éducation », dit-il.

Dans cet établissement des 1008 Logements de Yirimandio, le proviseur Hamidou Dougnon nous explique : »Ici, nous n’avons pas de problème. Nos promoteurs ont tout mis en œuvre pour que l’école ne tombe pas dans ce genre de difficultés. Nous n’avons aucun mois d’arriéré. Malgré les crises que traverse notre pays aujourd’hui nous parvenons à payer les enseignants avant le 10 du mois, parce que le bon fonctionnent de l’école ne doit pas être lié à la seule subvention que l’Etat octroie aux établissements privés. Dans les textes, il est précisé que les subventions doivent être versées au mois de mars, et un promoteur avant de créer une école doit tenir compte de deux axes : le volet infrastructures et le volet financier. Mais dans certains lycées nous constatons les réactions des enseignants dus à ces problèmes.

Pour la résolution de ces problèmes d’ordre financier que nous connaissons aujourd’hui, je pense que les promoteurs et les enseignants doivent se concerter enfin de convenir sur un point précis. Parce qu’il est difficile de venir dispenser avec les arriérés de 2 ou 3 mois l’enseignant peut venir travailler, mais dans quel esprit. Et ce travail peut jouer sur la qualité de l’apprentissage ».

Ce constat est partagé par le proviseur du lycée privé Carnot de Banakabougou.

Nabila Ibrahim Sogoba

L’Indicateur du Renouveau du 23 Mai 2012