Partager

Avec l’intrusion des groupes armées dans la partie septentrionale de notre pays en janvier 2012, des milliers de personnes ont été contraintes à l’exil, laissant dernière elles travail et autres sources de revenus. Cette précarité a obligé ces personnes à une reconversion pour trouver de quoi faire vivre leurs familles.

Des milliers d’hommes et de femmes se sont retrouvés dans la capitale Bamakoise. Et parmi ces personnes, il y a ceux qui ont préféré le chemin de la débrouillardise à celui de la mendicité.
Selon certaines estimations, environ 200 000 Maliens se sont déplacés depuis le 17 janvier 2012. Les régions du nord sont devenues des zones dangereuses pour les paisibles populations. Craignant pour leur vie, des milliers d’hommes et de femmes se sont retrouvés dans la capitale Bamakoise. Et parmi ces personnes, il y a ceux qui ont préféré le chemin de la débrouillardise à celui de la mendicité. Harber a fui Gao à cause de la crise pour se refugier chez son oncle à Bamako. Après, avoir passé des mois sans activité, le jeune pêcheur s’est reconverti dans le métier de lavandière pour pouvoir s’offrir un peu d’argent de poche.

Yamoi également une songhaï de Gao a opté pour la débrouillardise pour nourrir ses 5 enfants avec lesquels, elle a fui les combats dans sa localité, pour venir à Bamako. Son mari, un boucher d’un âge avancé n’a pas voulu laisser sa maison et ses bétails, il a opté de rester à Gao malgré l’insécurité. C’est ainsi que la dame s’est retrouvée seule à Bamako avec ses 5 enfants chez un parent éloigné. «Je fais des Dimita que je vends pour payer de quoi manger aux enfants», explique cette déplacée. Son histoire ressemble à celle de nombreux autres déplacés qui se sont retrouvés dans des familles d’accueil et ont vite compris qu’ils étaient un fardeau pour leurs hôtes.

S’il existe des centres d’appui aux déplacées, certains ont compté sur leur propre effort pour survivre par sursaut d’orgueil. C’est ainsi qu’on voit des déplacés qui se constituent en blanchisseurs et démarcheurs au grand marché. Et certaines femmes mettent actuellement à la disposition des organisatrices de cérémonies sociales, leur talent culinaire pour apporter leur spécialité du nord. L’accalmie est revenue dans certaines localités du nord mais nombreux sont les déplacés qui hésitent encore à retourner chez eux par peur de nouvelles agressions. Aussi, ils continuent leurs nouvelles activités du moment en attendant un lendemain meilleur.

Khadydiatou Sanogo

Le Républicain du 7 Juin 2013