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La situation actuelle de Kidal préoccupe tous nos compatriotes et suscite volontiers incompréhension et colère. Des centaines de Bamakois ont ainsi battu vendredi la pavé à l’appel du Collectif pour la défense de la République, pour dénoncer « l’occupation » de la ville de Kidal par le MNLA avec « la bénédiction » des forces françaises (qui ont pourtant commencer à évacuer la cité) et celles de la MINUSMA.

La marche qui s’est déroulée sans incident est partie de la place de la Liberté en face de la mairie du District pour s’achever au pied du monument de l’Indépendance. Les marcheurs, une foule cosmopolite, scandaient des slogans hostiles au MNLA, à la MINUSMA et à l’Etat français. Ils entendaient ainsi exprimer leur colère face à l’occupation de la ville de Kidal par les rebelles du MNLA. Sur les pancartes tenues par les manifestants, on pouvait lire des mots d’ordre comme : « La Nouvelle force africaine pour Kidal (NFA) soutient IBK », ou « Unis, nous vaincrons ».

Selon Mohamed Ras Bathily, un des responsable du Collectif, la manifestation entendait dénoncer et prévenir la pression exercée par la France, la Suisse, l’Union européenne et le président du Burkina Faso, sur le président Ibrahim Boubacar Keïta, afin de négocier avec le mouvement rebelle sur « la partition » de notre pays. D’autre part, le Collectif voulait informer l’opinion publique française de l’utilisation faite de ses impôts pour « soutenir » des bandits armés au Nord. Les organisateurs de la marche assurent que les autorités maliennes sont soumises à « un chantage économique subversif » de la part pays occidentaux et de l’Union européenne, pour les obliger à négocier avec le MNLA sur le statut de Kidal.

Evoquant l’interview accordée par le président Keïta au quotidien français, « Le Monde » en début décembre, Mohamed Ras Bathily, croit déceler une tentative de ces mêmes puissances de créer un mouvement subversif visant à renverser le pouvoir en place. Le Collectif en appelle donc au sursaut patriotique pour barrer la route à ce projet déjà en marche. Il en veut pour preuve, « l’installation de 10 radios de proximité » dans la Région de Kidal à des fins de propagande.

Dans une déclaration lue au terme de la marche, le Collectif dit « approuver et soutenir sans réserve les déclarations pertinentes du président IBK, affirmant que l’intégrité territoriale, l’unité et la souveraineté du Mali ne sont pas négociables ». Il engage toutes les organisations (société civile, syndicats, coopératives, partis politiques, groupements d’associations, ONG, organisations confessionnelles, communautés diverses, etc.) et tous les Maliens des villes et des campagnes à se donner la main pour un sursaut national derrière les autorités nationales pour exiger la libération immédiate et sans conditions de Kidal et de toute la 8è Région du Mali.

Il réclame la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, l’établissement et la consolidation de la paix et de la sécurité dans toutes les régions. Le Collectif devait adopter dans l’après-midi de ce même vendredi, un programme d’activités pour l’élaboration duquel il lançait un appel pressant à toutes les forces vives de la Nation. Les organisations, associations et personnalités initiatrices de cette mobilisation souhaitent vivement l’adhésion spontanée et enthousiaste de toutes les Maliennes et tous les Maliens de tous bords, de toutes les régions du pays, de toutes les communautés à adhérer à leur démarche. Ils seront accueillis à bras ouverts. « Nous sommes à l’heure de l’union sacrée derrière notre armée nationale, derrière le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita et notre gouvernement pour la résolution définitive de cette situation dramatique qui n’a que trop duré ».

Le Collectif pour la défense de la République est un mouvement de jeunes crée le 20 novembre 2013. Il regroupe plusieurs organisations de la société civile et des mouvements de jeunes. La marche de vendredi est la deuxième qu’il organisait pour la même cause.

C. A. DIA.

L’Essor du 30 Décembre 2013