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Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) dit qu’il s’oppose à l’entrée de l’armée malienne à Kidal et certains croient en cela. Le MNLA est un fantôme crée par la France et cette dernière continue à le soutenir contre la volonté du peuple malien. Désormais, il faut dire clairement et en haute voix que la France s’oppose à ce que la République du Mali exerce sa souveraineté sur une partie de son territoire. Tout ce qui sort de la bouche du MNLA, vient des conseils de la France.

Les Maliens doivent réclamer leurs droits légitimes et dire non à la France par cette situation de fait créée de toutes pièces par l’Etat français. La France fait de la propagande.
Avec l’attaque du camp militaire d’Agadez et de l’usine d’uranium d’Arlit par les terroristes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), la France a déclaré que pour déloger les terroristes, l’armée nigérienne a eu l’aide des forces spéciales françaises. C’est pour dire que sans l’aide de l’armée française, l’armée nigérienne ne sera pas seule à bout de cette attaque. C’est aussi une manière de dire à l’Afrique francophone française, que sans la France, elle ne peut rien faire.

Cette idée est inculquée dans l’esprit de beaucoup de nos compatriotes cadres et analphabètes. Le départ des troupes françaises de Tombouctou pour Gao, n’a pas plu à beaucoup de gens de cette ville. Nous disons qu’il faut avoir confiance en soi-même. Si la France le voulait, Kidal sera occupée depuis février 2013.
Il faut se poser des questions : est- ce que la France n’est pas en train de structurer politiquement et militairement le MNLA à Kidal. Seules les deux forces (françaises et MNLA) sont basées actuellement à Kidal. Et la France qui vient au secours des Touaregs contre les Arabes. Cela s’est passé au Nord dans la région de Kidal. Quand les voleurs du MNLA s’attaquent aux Arabes pour voler leurs biens, quand ils sont battus, ils crient sur les antennes qu’ils attaqués par le MUJAO.

Attention, il ne faut pas que la France vienne créer une guerre civile au Mali. Ceux qui parlent des sédentaires au sein du MNLA parlent à leurs noms et non aux noms des populations sédentaires du Nord.
Il y a beaucoup de choses qui se trament contre notre pays. Les jours à venir nous donneront raison, incha Allah. Les organismes régionaux et internationaux, nous pensons qu’ils sont là dans notre pays pour régler notre problème fondamental qui est la restauration de notre intégrité territoriale, mais pas pour créer et réveiller des problèmes. Le Mali a sa souveraineté sur sa politique. C’est aux Maliens de dire leur choix et la communauté internationale doit l’aider dans ce sens.
La Commission Dialogue et Réconciliation et le conseiller spécial de négociations avec les Touaregs, n’ont aucun sens. L’armée malienne doit être présente sur toute l’étendue du territoire national, sécuriser l’administration et les populations. Et après, la justice doit être rendue (ceux qui ont fauté doivent répondre de leurs actes).
Pourquoi ne pas faire une justice locale, faire les jugements aux lieux où les crimes ont été commis comme au Rwanda avec les Gatchatcha). Ce sont des structures créées uniquement pour partager des dividendes à des amis et à des gens imposés par les Occidentaux qu’on appelle aujourd’hui la communauté internationale.

Nommer Tiébilé Dramé, conseiller spécial pour aller négocier avec le MNLA, c’est dire au MNLA de négocier avec lui-même. Tiébilé Dramé, c’est le MNLA, un point un trait et c’est tout. C’est cette communauté internationale qui dicte ce qu’elle veut au Mali, à ses laquais, à la place du peuple malien. Nous craignons que ce qui s’était passé en Côte d’Ivoire en 2000 se produise au Mali avec le problème de Kidal.
En effet, en 2000, le candidat potentiel du PDCI et Alassane Dramane Ouattara ont été écartés au profit de Gbagbo et le général Guéi qui s’étaient mis d’accord sur une plate-forme. La suite est connue avec la crise post électorale qui avait fait des milliers de morts. Beaucoup de nos candidats disent de ne pas aller aux élections sans la libération de Kidal. Nous craignons qu’il ne se produise une trahison de la part de certains d’entre-deux comme cela se fut le cas en 1997 à l’élection présidentielle du Mali.

La semaine passée, nous avions eu à critiquer le président nigérien parce qu’il a eu à dire lors de son passage en Europe qu’il a la même position que François Hollande sur le cas de Kidal. C’est la position de François Hollande, faire les élections à Kidal sans l’armée malienne mais avec une administration en place. L’Ayatollah Khomeiny avait dit que «celui qui a peur de mourir ne croit pas au lendemain».
Le président Saddam Hussein a détruit toutes les armes lourdes que possèdait l’armée irakienne mais les Etats unis ont envahi l’Irak. Les officiels nigériens doivent dire la vérité crue à la France, les yeux dans les yeux au lieu de se cacher derrière des jeux de mots pour faire plaisir à la France.
La France, depuis Napoléon Bonaparte, a été une puissance coloniale. Cela est toujours d’actualité. Il faut combattre le MNLA comme on combat aujourd’hui le MUJAO, AQMI, Ançar-dine. Le MNLA est bel et bien une organisation terroriste au même titre que les autres. L’Etat français a une responsabilité pénale dans la création du MNLA.

Nous voyons d’un mauvais œil qu’un gouvernement aille discuter avec des hommes qui ont sur leurs épaules, un mandat d’arrêt national et international émis par la justice de leur pays. Nous ne comprenons pas aussi quand le chef de l’Etat ne souffle pas dans la même trompette que son ministre des affaires étrangères. M. Tiéman Coulibaly. Notre ministre des Affaires étrangères a été très clair sur la situation de Kidal. Pour ça, nous le soutenons.
Quand un chef ment à son peuple, c’est la honte. Le gouvernement de transition, à travers le Premier ministre, a fait une communication que l’armée malienne sera à Kidal en mi-mai. Voilà, nous sommes au 25 mai 2013, rien ne s’est passé. Et aucune explication n’a été donnée au peuple malien qui est au-dessus des régimes. «Lorsqu’une zone d’ombre échappe au regard du peuple, il n’y a pas de République» (François Mitterrand). La vérité finira par éclater, incha Allah.
Quand le chef de l’Etat et son Premier ministre paradent devant les militaires des pays venus nous aider, c’est un honneur que notre armée méritait si elle était mieux équipée. Ni l’occupation du Nord, ni les évènements du 22 mars 2012 n’allaient se produire.

Dire à notre armée de ne pas rentrer à Kidal, c’est réveiller le lieutenant Konimba Kourouma (paix à son âme), mort en mission commandée sur le théâtre des opérations à Kidal en 1964. Où se trouve la promotion de l’EMIA de notre armée nationale qui porte son nom ? Nous disons, à quand des hommes comme le lieutenant Konimba Kourouma ? A quand les Maliens auront réellement conscience de l’état de leur pays ? Soyons sérieux !
La France, qui n’a jamais réhabilité le maréchal Pétain, vient de nous donner en 2013 deux maréchaux Pétain : le professeur Dioncounda Traoré, chef de l’Etat et M. Diango Sissoko, Premier ministre.
Les manipulateurs viennent de commencer leurs sales œuvres. La manipulation vient de s’introduire au sein du Haut Conseil islamique. Mais, soyez sûrs, tous ceux qui travaillent pour casser l’islam, seront saisis par Dieu et seront marqués de la marque de l’hypocrisie.
Que Dieu mette notre pays sur la bonne route. Amine.

Yacouba Aliou

L’Inter de Bamako du 27 Mai 2013

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A propos d’autonomie ou de statut particulier pour Kidal : Non à une République déguisée de l’Azawad

Tout se passe comme si l’on est en train de préparer l’opinion malienne à l’octroi d’un statut particulier à Kidal avec la bénédiction de la France. Une impression que ne peut dissiper la sortie du président de la Transition, Dioncounda Traoré à la faveur de la Conférence des donateurs sur le Mali qui vient de se tenir à Bruxelles. A cette occasion, le président Dioncounda Traoré avait clairement laissé entendre qu’il n’était nullement question de négocier un quelconque statut particulier, autrement dit une autonomie pour la région de Kidal, tel le souhaitent les séparatistes du MNLA ?

Il s’agit, de relever le président par intérim, de prendre en compte ces préoccupations autonomistes dans le cadre d’une décentralisation améliorée grâce à un transfert plus accru des compétences, de ressources et de responsabilités. Etant entendu que cette mesure s’appliquera à l’ensemble du territoire national et non à la seule région de Kidal. Seulement voilà : le président de la Transition s’est par le passé montré très souvent imprévisible et nous a tellement habitués à des volte-face de dernière minute que plus d’un Malien ne prend plus ses déclarations comme de l’argent comptant.

D’autant qu’en plus des fanfaronnades du MNLA sous les hautes ailes protectrices de la France le mot d’ordre général à Kidal est la référence à Kidal comme on vient de la voir avec la création du Haut Conseil de l’Azawad sous l’égide du vieil Amenokal (chef chez les Touareg) Intalla Ag Attaher. Il est certainement à parier que les jeunes voyous du MNLA n’ont pas une idée précise de l’Azawad qui est une enclave située dans la 6e région entre Tombouctou et Araouane et dont ils veulent faire, coûte que coûte, leur République. Mais la symbolique comptant en la matière et à force d’incantations, ils espèrent faire de cette fantomatique République, qui les fait tant fantasmer, une réalité en mettant Bamako devant le fait accompli. Que les jeunes écervelés du MNLA s’adonnent à ce jeu passe encore, mais la chefferie traditionnelle, qui devrait se signaler par sa sagesse, entre dans cette danse insensée, est pour le moins, quelque peu troublant. L’intitulé même du Haut Conseil de l’Azawad procède d’une démarche vicieuse cherchant à imposer à tous ce concept fumeux de l’Azawad. Le Haut Conseil des Touareg serait une formule plus heureuse.

Et la France, notre sauveur providentiel, dans tout ça ? Jusque-là, face à cette situation préoccupante, elle a plutôt alterné silence assourdissant et déclarations creuses comme celle de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui martelait naguère que le MNLA doit être désarmé. Et pourtant ces bandits armés sont toujours en armes en train de faire le safari sur les rocailles de Kidal. Par quoi le MNLA tient Paris ? Les otages ? Les renseignements qu’ils sont censés fournir pour la bonne marche de l’opération Serval ? Ou autre chose ?

L’on se perd en conjectures. Certains de ses hauts responsables, à l’image d’Algabass Ag intalla, ne sont-ils pas sous le coup de mandats d’arrêts nationaux et internationaux pour crimes de guerre ou trafique de drogues ou les deux à la fois ? Que faut-il négocier avec un criminel de guerre ou un trafiquant notoire de drogue ? Un peu de cohérence quand même. Faut-il faire passer par pertes et profits les crimes par eux commis comme le pillage des banques, la destruction d’édifices, les viols en groupes de femmes et de jeunes filles, les exécutions sommaires et les mutilations de soldats désarmés et à court de munitions, donc des prisonniers de guerre, à Aguelhock ? Un peu de cohérence quand même.
A ce rythme, c’est Yad Ag Ghaly qui a tout eu du Mali et qui, en retour, ne lui a fait que du mal, qui sera réhabilité et décoré. Au grand dam d’autres Touaregs comme le Colonel major El hadj Gamou dont le patriotisme n’a jamais été pris à défaut ? Comme Zeidan Ag Sidalamine, Assarid Ag Imbarcawane et Oumarou Ag Ibrahim et beaucoup d’autres encore qui ont choisi de rester-ce qui est tout à leur honneur-et qui sont visibles dans l’armée, la police, l’administration d’Etat, le commerce le monde des affaires.

En fait, les éléments représentent, en quelque sorte, la minorité de la communauté Touareg qui ont choisi de ne pas vivre à la sueur de leur front, comme tout bon Malien, en s’adonnant au culte du travail bien fait , mais plutôt de vivre éternellement comme à l’époque des razzias. En somme, des éléments qui ont refusé d’évoluer avec le temps. C’est justement en cela que le MNLA a tendance à constituer la quadrature du cercle à la résolution de la crise malienne. La France doit comprendre que ces éléments ne peuvent que constituer des forces de désordre qui n’ayant aucun projet politique.
Dans l’entendement de ces flibustiers, l’Azawad n’est rien de moins que ce vaste espace dans le septentrion malien où ils peuvent s’adonner, à l’abri de toute contrainte, à des activités illicites voire criminelles, des trafics, en tout genre. Des produits alimentaires à la drogue en passant l’électroménager, la cigarette. Les différents actes qu’ils ont posés rentrent dans cette logique. Il s’agit des actes de brigandage sur des commerçants arabes qui se sont vus spoliés par ces bandits armés. En représailles, les Arabes ont organisé une expédition sur la localité de Ber-région de Tombouctou. Il s’agit aussi des actes criminels perpétrés le 7 mars dernier sur de paisibles forains entre Bintagoungou et Tonka qui ont été spoliés de leurs biens et dont certains –une demi-douzaine-ont même été sauvagement assassinés par les hors-la-loi du MNLA.

C’est pour toutes ces raisons qu’un statut particulier ne doit pas être accordé à Kidal tel que réclamé par les bandits armés du MNLA. Des dissensions se seraient déjà faites jour à propos d’un éventuel rapprochement entre le MNLA et le Haut Conseil de l’Azawad. Des contradictions qui risque d’aller en s’amplifiant car la communauté Touareg n’est pas aussi monolithique qu’on le croit. Des querelles de leadership seront des facteurs permanents d’instabilité. Sans compter que-et c’est le plus grave-qu’une autonomie accordée à Kidal sur la base des exigences du MNLA créerait un précédent fâcheux à même de déclencher des forces centrifuges susceptibles de provoquer-que Dieu nous en préserve-la désintégration de la nation malienne, le but recherché par les bandits armés du MNLA. Pas de statut particulier, pas d’autonomie, pas de fédéralisme, telle doit être la ligne ferme de conduite à tenir dans le dossier de Kidal par les autorités maliennes. Comme déjà mentionné si Kidal doit avoir son autonomie, cela ne pourrait se réaliser que dans le cadre de la décentralisation qu’on peut améliorer, perfectionner comme on veut.

Yaya Sidibé

22 Septembre du 27 Mai 2013