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Qui l’aurait cru ? Qui aurait cru que moins deux mois après le « trop, c’est trop » du président, Amadou Toumani Touré, suite à l’attaque meurtrière de Nampala, le 20 décembre dernier, la paix serait au rendez-vous dans ce laps de temps ? Pourtant, la paix est là. Combien de temps va-t-elle durer ? Les mesures d’accompagnement, notamment la création d’infrastructures de base, seront-elles mises en route? L’on est fondé à croire que cette fois-ci, c’est bien parti, eu égard à l’engagement et la volonté des deux parties de tourner cette page peu glorieuse de l’histoire de notre pays.

La paix est en marche : l’événement du mardi 17 février, tenu à l’aéroport de Kidal, en est une illustration parfaite. Les dix officiers déserteurs de l’armée, membres de l’Alliance avec qui nous avons échangé, laissent apparaître que « rien ne vaut la paix », pour reprendre l’expression du colonel Ba Moussa.

Ils disent vouloir la paix mais pas n’importe quelle paix. «Nous voulons une paix durable, qui pose les fondements du développement non pas de la seule ville de Kidal mais de toute la région, la reconnaissance de notre identité culturelle, la promotion sociale et surtout professionnelle. Nous voulons aussi avancer en grades et en responsabilité au même titre que nos collègues militaires de Bamako et des autres régions».

Certains d’entre eux précisent que l’Etat doit donner un contenu aux postes et responsabilités qui leur seront confiés. Ce qui d’après eux n’était pas le cas avant leur désertion en 2006. Ils affirment également avoir droit aux avantages matériels (véhicules et carburant) liés à leurs éventuels postes et à leurs rangs.

En somme, ces déserteurs de retour estiment avoir été victimes de discrimination avant leur rupture de banc et souhaitent que ce genre de situation ne se reproduise plus.


Si ces accusations sont fondées, il appartient aux autorités militaires de veiller à les corriger si tel doit être le prix de la paix.

La paix qui s’installe a besoin d’être entretenue, consolidée et confortée. Il y va de la stabilité et de l’essor économique de cette région du pays. Il est donc du devoir de la puissance publique d’initier toute action de nature à conforter cette paix et à mettre la région de Kidal sur la voie du développement.

C’est ce qu’elle a entrepris de faire à travers les engagements pris dans l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006 et dont elle assure qu’à ce jour, seuls trois des dix huit points que renferme cet accord n’ont pas trouvé de solutions appropriées.

Du côté gouvernemental, on soutient que des efforts ont déjà été faits. L’Agence pour le développement du nord est opérationnelle dans les trois régions dans lesquelles elle possède des points focaux. Ce programme soutenu par le PNUD, permet de financer les projets de développement. Il y a un autre programme qui a déjà obtenu un financement de 1,130 milliard de FCFA.

Le voisin algérien a mis dans la cagnotte 500 millions de nos francs et les 630 millions restants ont été entièrement financés par le Mali. Ce n’est pas tout. Le Programme Intégré pour le Développement de la Région de Kidal (PIDRK) a été financé à concurrence de 11 milliards de FCFA.

Malgré l’hostilité de l’opinion publique, le gouvernement a accepté la réintégration dans l’armée des officiers et sous-officiers qui avaient déserté les camps pour reprendre le maquis.

S’y ajoute la tenue du Forum de Kidal qui a retenu des projets structurants, notamment la rénovation de l’aéroport de Gao, la construction de l’aéroport de Kidal, de la route Gao-Kidal, Ménaka-Kidal, etc.

La paix a donc besoin d’être consolidée à travers la construction d’infrastructures sociales de base. A vos marques.


Chahana TAKIOU

19 Février 2009