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La zone sahélo-saharienne sera à l’honneur, cette semaine à Paris. L’Institut Français des Relations Internationales (IFRI) a décidé de se pencher sur certains des aspects qui préoccupent les populations et dirigeants des pays riverains de cette zone. La bande sahélo-saharienne, et en particulier les régions septentrionales de la Mauritanie, du Mali et du Niger, est liée au Maghreb par des rapports sociaux, humains et économiques très importants. Depuis quelques années, cependant, la bande connaît des phénomènes inquiétants qui menacent les fragiles équilibres sociaux, économiques, politiques et géopolitiques qui s’y sont progressivement construits. Il s’agit notamment de trafics divers, dont ceux de drogues, de voitures volées et d’armes, du développement de revendications identitaires ou territoriales, du développement d’un islam radical. Avec l’existence ou les perspectives de découverte de gisement de pétrole, les tensions se sont récemment exacerbées sur un fonds d’enjeux stratégiques liés au contrôle de la manne énergétique.

Ces phénomènes font ainsi de cette bande, sinon une zone de non droit, un espace de fragilité dont la stabilité concerne directement la sécurité du Maghreb et, partant, de tout l’espace méditerranéen.

C’est pour tenter de trouver des pistes de réflexion et d’analyses quant aux solutions à donner à ces questions sécuritaires aux marges de l’espace méditerranéen que IFRI organisera vendredi prochain, 5 décembre, à Paris (France) cette importante rencontre qui se situe dans le cadre de son programme Afrique subsaharienne. Elle se déroulera au cours de deux tables rondes pendant lesquelles des experts d’origines et de compétences diverses se pencheront sur les deux principaux thèmes : la question des trafics et des enjeux sécuritaires et politiques autour de ces trafics ; et une géopolitique du Sahara central et en particulier la délicate question de la relation des Etats avec leur minorité touarègue ainsi que les rivalités entre des pays intéressés par la zone : Algérie, Libye…

La première table ronde, sur « Echanges, trafics, contrôle des trafics » enregistrera trois interventions : Quand les grands trafics occultent le petit commerce : autour des enjeux locaux du contrôle des échanges au Sahara central, par Julien Brachet, UMR IEDES, IRD/ Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Paris ; La circulation des drogues dans les pays sahéliens par le Commissaire Jean-Luc Peduzzi, Service de coopération technique internationale de Police (SCTIP), Nouakchott ; Contrôler les trafics pour assurer la stabilité de l’Etat :retour sur le cas mauritanien par Alain Antil, chercheur, responsable du programme Afrique de l’IFRI, Paris.
La deuxième table ronde verra les interventions de quatre spécialistes sur « Géopolitiques sahéliennes et fragilités des Etats ».

Il s’agit de Cheickna Hamalah Sylla, directeur de la publication du bihebdomadaire malien L’Aube, Bamako, sur Les rapports entre les communautés arabes et touarègues du nord Mali ; de Charles Grémont, Centre d’études des mondes africains (CEMAF), Aix-en-Provence sur L’association des populations touarègues aux questions de sécurité depuis la colonisation jusqu’aux programmes de coopérations américains, l’exemple malien ; de Dida Badi, Centre national des recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques, Alger, sur Les Touaregs dans leurs relations aux Etats : le cas de l’Algérie et de la Libye ; et de Chérif Ouazani, journaliste à l’hebdomadaire international Jeune Afrique, Paris sur les rivalités algéro-libyennes dans la zone saharo-sahélienne.

Cheick Tandina

01 décembre 2008