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Pour fustiger l’inaction et le laxisme des autorités dans la gestion de la crise sécuritaire et humanitaire dans le nord du pays, le Coren a décidé d’agir ce lundi. Mais avant le sit-in d’aujourd’hui, il a tenu une assemblée générale le samedi dernier.

Avant-hier, le Collectif des ressortissants du nord (Coren) a tenu une assemblée générale dans un Palais de la culture empli aux trois quarts. L’occasion était toute trouvée de dénoncer l’attentisme de l’Etat et du gouvernement dans la résolution de la crise sécuritaire et du drame humanitaire qui se jouent dans le nord du Mali depuis que des groupes armés ont occupé cette zone. De l’avis général des orateurs, le territoire est entre les mains de puissances étrangères et criminelles qui ont profité d’un désordre inqualifiable consécutif au coup d’Etat du 22 mars. Selon le premier intervenant, El Hadj Baba Haïdara, député et porte-parole des élus du nord, l’heure est grave parce que, concrètement, de la part des décideurs, il n’y a aucun signe visible d’action allant dans le sens de libérer le nord. Or, si les populations sont oppressées et humiliées au quotidien, privées de tout y compris de l’essentiel vital, l’Etat, jusque-là, ne leur envoie rien, pas même une goutte de carburant. Et le gouvernement, dont la responsabilitée est entièrement engagée dans le pourrissement continu de la situation, doit prendre «la seule décision qui vaille», à savoir inviter la communauté internationale à agir dans le nord, au lieu de compter sur les militaires qui « sont incapables de se mobiliser ». Il y a d’autant plus urgence, aux dires du député de Tombouctou, que le pourrissement de la situation peut entrainer une guerre civile comme Gao en a donné les signes, un conflit entre Noirs et Blancs, avec les conséquences incalculables au vu du désiquilibre entre des groupes puissament armés et des populations aux mains nues.

Là n’est pas le seul danger. Depuis son arrivée à Tombouctou, affirme le député Haïdara, Ansar Eddine s’applique à y effacer tous les symboles de l’Etat, imposer la charia à coups de fouet et de sévices corporels, y compris sur des personnes très âgées, célébrer des mariages forcés pour organiser des viols, profaner et démolir des mausolées.

A sa suite, Arboncana Boubèye Maïga, secrétaire général adjoint du Coren, a pris la parole au nom de son président. Son discours ira dans le même sens que son prédecesseur, c’est-à-dire prôner la nécessité d’agir, de réagir à une situation qui n’a que trop duré. Mais avant, « Arbon » a tenu à rendre un vibrant hommage au collectif des ressortissants du nord, notamment à ces jeunes de Gao qui ont démontré qu’ils ne sont pas les «descendants d’ancêtres poltrons», et qu’ils peuvent faire preuve de résistance y compris en versant leur sang. Et cette «résistance rouge de sang» continuera partout dans le nord grâce à la jeunesse de «Kidal traumatisée, Gao vandalisée, pillée et dépouillée, Tombouctou fouettée et humiliée». Et jamais ces jeunes ne seront ni domptés ni cassés.

Mais malgré cette volonté indomptable et intransigeante, les populations du nord ont besoin d’accompagnement, notamment aide et assistance, mais aussi intervention armée pour libérer le nord de toute présence indésirable. Pour contraindre le gouvernement à l’action, le Coren se propose d’organiser une série de manifestations. La première, un sit-in, a lieu aujourd’hui à partir de 06h du matin devant le Monument de l’indépendance.

A noter que l’assemblée générale a été présidée par Ousmane Issoufi Maïga, ancien chef du gouvernement, en présence de Soumeylou Boubèye Maïga, plusieurs fois ministre, et de nombreuses personnalités.

Cheick Tandina

Le Prétoire du 2 Juillet 2012