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Le Président de la République Amadou Toumani Touré était alors en tournée dans la région de Kayes. Il a tenu un discours sur les antennes de l’ORTM et de la chaîne 2 qui a failli faire d’autres mécontents. Puisque dans son intervention, ATT a dit clairement à qui voulait l’entendre qu’il ne retournerait pas à Bamako avant la fin de sa mission.

Ceux qui ont voulu s’opposer à ce comportement, ont eu la stupéfaction par rapport au fait que le locataire de Koulouba et sa suite étaient en campagne. Alors, pourquoi ne pas revenir à la case départ lorsque. Ça ne va pas dans une partie du pays?

ATT, lui, a soutenu que peu importe qu’il soit à Koulouba ou ailleurs

Deuxième rebondissement de l’affaire, ça a été par rapport au consulat libyen à Kidal. Beaucoup de choses ont été dites. Le guide de la Révolution ayant été indexé depuis la célébration du Maouloud dernier à Tombouctou. ATT s’est rendu à Tripoli pour éclairer les esprits. Au lendemain du voyage du Président de la République chez son frère libyen, le consulat plusieurs fois incriminé, a été fermé.

Une autre étape de la triste affaire du Nord-Mali a été la médiation pour mettre fin aux nombreuses rumeurs. L’Algérie, ensuite le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le général Kafougouna Koné, ont été désignés.

Concrètement, le Malien a su très peu de choses quant à la solution envisagée par le gouvernement pour empêcher à jamais des situations pareilles dans notre pays d’entente et de cohésion sociale. La chaîne nationale de télévision a récemment diffusé des images de certains rebelles retournés ont dit avoir été obligés de prendre le maquis avec les camarades.

Ces militaires ont affirmé à la télé que leur vie et celle de leur famille étaient en danger… Ils ont rassuré qu’ils seront fidèles à l’armée et au gouvernement malien. Mais ces déclarations télévisuelles fracassantes doivent-elles suffire à faire accepter les doléances? La rébellion des Touaregs au Mali dure depuis des années.

Le Mali n’a que trop investi au Nord. Et si d’autres groupes de personnes d’autres régions du pays leur emboîtent le pas? Combien de fois, des éléments de ce groupe ont intégré l’armée nationale? Combien de fois, certains d’entre eux ont pris la fuite avec des armes?

N’est-il pas temps que le gouvernement du Mali prenne ses responsabilité face à la situation des Touaregs? Ce sont là des questions qu’il faut poser. La réponse ne pouvant être trouvée que par nos plus hautes autorités.

Le bihebdomadaire indépendant d’informations générales “L’Observateur” n°1084 du jeudi 22 juin a titré : “Les Rebelles exigent des postes ministériels, six postes d’ambassadeurs, la réhabilitation de Fagaga, le départ du gouverneur de Kidal.”

A en croire, notre confrère, ce sont là les nouvelles revendications des insurgés. Le gouvernement va t-il céder? Une chose est sûre, si le Mali accepte, c’est pour donner plus de forces aux rebelles qui seront ainsi à l’abri de toute contestation.

Puisque sachant que tout leur est permis. Même l’impossible. Sinon comment comprendre que dans un pays de plusieurs ethnies et langues, les seuls Touareg sèment chaque fois le désordre et troublent la quiétude des populations? Pour qui se prennent-ils? Le Mali est-il leur propriété? Difficile de répondre.

Il est du devoir du chef de l’Etat et de ses ministres de laisser la naïveté pour prendre l’affaire à bras le corps et trouver une solution définitive. Il faut éviter que le Nord Mali devienne comme la Casamance.

Le colonel Fagaga a déserté et les rebelles exigent sa réhabilitation ! Ils exigent le départ du représentant de l’autorité territoriale qu’est le gouverneur de Kidal. Les six postes d’ambassadeurs, c’est peut-être pour chercher du renfort à l’extérieur. Qui sait? Des postes ministériels pour bien s’implanter et connaître les forces et les faiblesses de nos autorités.

En tout cas, avant de prendre la décision d’accepter les doléances des rebelles, nos autorités se doivent de mûrement réfléchir. Peser le poids des éventuelles décisions.

On dit chez nous que “Ne pourrait te dominer que celui qui te connaît bien.”
Est-ce dire que les rebelles en exigeant des poses ministériels, d’ambassadeurs, la réhabilitation de Fagaga et le départ du gouvernement de Kidal, veulent s’infiltrer davantage pour en tirer tous les avantages que cela pourrait donner?

Goudia KONATÉ

27 juin 2006.