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Rien ne va plus dans la région de Kidal. La bande à Ibrahim Ag Bahanga est, semble t-il, à 5 km de la ville. Il s’apprête, d’un moment à l’autre, à attaquer la capitale de l’Adrar des Ifogas. C’est pour cette raison que le gouverneur de Kidal, Alhamdou Ag Iliyène, à en croire le député Alghabass Ag Intallah, a demandé aux banques et à l’Administration à ne pas travailler hier mardi, 1er avril.

Conséquence : les commerçants ont également fermé boutique. C’est, grosso modo, la teneur des déclarations faites sur les ondes de RFI à 6h30 ce mardi par l’honorable de Kidal, Alghabass Ag Intallah, un des fils du patriarche Intallah, de la tribu des Ifogahas, les maîtres absolus de cette contrée.

Les informations nous ont été confirmées par des sources multiples que nous avons pu joindre au téléphone à Kidal. L’une d’elles nous a même dit que la ville commence à se vider et que les jeunes de la ville commencent à rejoindre Ibrahim Ag Bahanga par petits groupes de cinq, six et dix individus.

«L’attitude de Ibrahim Ag Bahanga est fort appréciable dans les couches défavorisées de Kidal qui voient en lui un défenseur de leurs conditions de vie. Depuis trois jours, Bahanga et ses hommes appellent, à travers leurs téléphones cellulaires, leurs parents et connaissances de Kidal. Ce qui a fait dire aux uns et aux autres qu’ils sont à 5 km à l’Est de la ville parce qu’au-delà de cette distance, il n’existe pas de réseau. C’est à travers ces appels qu’ils ont fait véhiculer des informations alarmantes. Celles-ci ont paniqué la population et les plus hautes autorités régionales qui ne savent plus où mettre de la tête. La seule consolation, c’est qu’on nous apprend qu’un renfort a quitté Gao pour Kidal» nous a expliqué un de nos informateurs qui a requis l’anonymat.

Ensuite, il nous a expliqué que toute la logistique de Ibrahim Ag Bahanga est soigneusement organisée à partir de Kidal.

« » nous a confié une autre source.

Cette dernière nous a révélé qu’un comité dit de sage avait rencontré, le lundi 31 mars, Ibrahim Ag Bahanga afin de lui demander la libération des 33 otages militaires blessés. Mais, il est revenu bredouille parce que Bahanga aurait catégoriquement refusé de céder à la pression de ses parents, fortement suspectés à Kidal de complicité avec les bandits armés.

C’est ce double jeu des Touaregs de Kidal qui fait que le conflit perdure avec la patience insupportable des autorités de Bamako qui croient encore en la vertu du dialogue. Malgré les multiples échecs des négociations et des accords signés, Koulouba ne change pas de stratégie.

Conséquence : les soldats maliens continuent de mourir sans savoir pourquoi ils meurent. Aujourd’hui, l’opinion publique malienne est d’avis que le seul moyen pour en finir avec ce banditisme récurrent réside dans la force.

Tout le monde est d’accord qu’il faille mater la bande à Bahanga afin de se mettre en position de force pour négocier. Un Etat responsable ne discute pas avec des bandits armés qui se croient plus forts que l’Armée nationale.

A l’Etat de s’assumer et de prendre toutes ses responsabilités, rien que celles-ci. En attendant, la psychose d’une offensive contre Kidal perturbe le bon fonctionnement de l’administration, déstabilise l’économie chancelante de la capitale de l’Adrar des Ifoghas, inquiète les patriotes du pays.

Chahana TAKIOU

02 Avril 2008.