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Actuellement bon nombre de pays dépendent des importations céréalières pour couvrir leurs besoins alimentaires. Cette situation trouve son explication dans la faiblesse des productions nationales, quelques fois rudimentaires.

850 Millions de malnutris dans la monde:

Selon la FAO, manger à sa faim est le premier besoin de l’homme, pourtant, les malnutris sont de plus en plus nombreux : ils sont 850 millions et les trois quart d’entre eux sont aujourd’hui des petits agriculteurs d’aliments de base. C’est de ce constat paradoxal qu’est né en 1996 le concept de souveraineté alimentaire, un mouvement qui regroupe plus de 100 millions de petits producteurs de la planète.

Onze ans plus tard, l’idée a fait son chemin. En février 2007, 500 représentants d’organisations de paysans, de pêcheurs, d’éleveurs, de consommateurs et d’écologistes de plus de 80 pays se sont retrouvés dans un village malien, Nyeleni, pour le premier forum mondial sur la souveraineté alimentaire.

Dans leur déclaration finale, les participants définissaient comme le “droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures à l’aide des méthodes durables et respectueuses de l’environnement ainsi que le droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles”.

Ils voulaient en clair que ce droit des peuples à se nourrir eux-mêmes soit reconnu par les Etats et les organismes internationaux et permettre une juste rémunération du travail des exploitations familiales agricoles.

En effet, l’autosuffisance alimentaire prônée par les Etats dans les années 1970 a fait long feu, avant d’être remplacée dans les années 1990 par la notion de sécurité alimentaire. L’objectif est de rendre disponible pour tous les aliments en quantité et qualité suffisante, quelle que soit leur origine, qu’ils soient produits sur place, donnés au titre de l’aide alimentaire ou importés.

C’est pourquoi, les tenants du libre-échange exigent l’ouverture des pays aux importations de produits alimentaires, estimant que les consommateurs du monde entier ont le droit de payer leur nourriture le moins cher possible. Mais dans un marché mondial dominé par les grandes formes agro-alimentaires, depuis 1990, la tendance est à la baisse. Une rude concurrence pour les petits producteurs ACP qui n’arrivent plus à vivre des revenus de la terre.


Une dépendance alimentaire croissante

Parallèlement, la dépendance alimentaire de nombreux pays en développement s’est accrue fortement. En Afrique de l’Ouest, les importations de riz, principale céréale consommée ont été multiplées par huit depuis 1960 et celles de viande par trois en huit ans. Les dévises que rapportent les exportations agricoles d’Afrique de l’Ouest couvrent à peine les coûts des importations alimentaires dont 70% sont des produits concurrents des produits locaux.

Dans les Caraïbes, le riz et le porc importés des USA mettent à mal les productions locales. Dans de nombreux pays, les consommateurs ont changé leurs habitudes alimentaires et les producteurs ont été évincés des marchés locaux par les produits de l’agriculture industrielle vendus à bas prix.

Face à cette situation, producteurs et consommateurs veulent retrouver la maîtrise de leur alimentation et des moyens qui concourent à sa production, à sa transformation et à sa distribution.

Dans toutes les régions du monde, en Afrique, en Asie Pacifique, en Amérique Latine et aux Caraïbes, des réseaux et coalitions de producteurs ont vu le jour pour défendre leur droit à la souveraineté alimentaire. Les revendications s’adressent d’une part à l’OMC, afin de changer les règles des échanges mondiaux, d’autre part aux gouvernements pour qu’ils adoptent des politiques agricoles favorables aux producteurs locaux.

De son côté, la FAO, à travers les directives volontaires mises au point en 2004, incite les Etats à concrétiser le droit à l’alimentation, le droit pour tous de se nourrir dignement, permettre aux pays en développement de protéger leur agriculture comme le font les pays développés via les subventions focalisent actuellement la plupart des revendications.


7 Milliards de dollars de F cfa d’importation cérealiere dans l’espace UEMOA

Soumaïla Cissé, président de la Commission de l’UEMOA, dans son intervention lors de la cérémonie de signature des conventions entre l’UEMOA, le gouvernement malien, l’AGETIPE et AGETIER disait qu’au sein de l’UEMOA, les progrès agricoles enregistrés ces dernières années par les Etats membres sont restés modestes pour redresser cette situation qui continue d’être préoccupante dans un contexte marqué par une flambée des prix des denrées alimentaires.

Les pays de l’UEMAO importent, annuellement plus de 7 milliards de dollars US de produits agricoles et alimentaires dont 2 milliards pour le riz.


Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

30 Avril 2008