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Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, commissaire à la sécurité alimentaire a présidé hier au centre international de conférence de Bamako les travaux de la quatrième réunion statutaire du Comité Technique de coordination des politiques de sécurité Alimentaire.

Cette rencontre capitale a examiné la situation alimentaire 2005-2006 du pays à la lumière des recommandations formulées par le système d’alerte précoce, suite à sa réunion d’expertise d’octobre 2005.

Elle a aussi examiné et adopté le plan d’opération 2006 du Programme de Restructuration du Marché Céréalier (PRMC) et les budgets y afférents.

Mais auparavant, Pablo Recaldé, représentant du programme alimentaire mondial au Mali et coordinateur des donateurs du programme de restructuration du marché céréalier, a renouvelé la volonté des partenaires techniques et financiers d’appuyer le système de sécurité alimentaire du Mali.

Il a aussi déclaré que les partenaires ont pris acte de la volonté du gouvernement d’augmenter le stock de sécurité alimentaire.

Cependant, il a souhaité le renforcement du dispositif des banques de céréales afin qu’elles puissent constituer une alternative aux distributions gratuites de céréales.

Mme Lansry Nana Yaya Haïdara a remercié et félicité les partenaires donateurs du PRMC qui ont inlassablement soutenu le Mali dans la lutte contre la pauvreté et contre l’insécurité alimentaire pendant plus d’un quart de siècle.

Le commissaire à la sécurité alimentaire a rappelé que les distributions alimentaires gratuites de 9146 tonnes de céréales autorisées lors de la réunion du 30 octobre 2004 et celles de 13 589 tonnes réalisées à partir de mai 2005, ont largement contribué à soulager la pénurie alimentaire et la souffrance de près d’un million cent cinquante milles personnes reparties dans 101 communes concernées.

Mieux, elle a indiqué que de nombreuses autres actions ont permis de limiter les mouvements de migration et de maintenir les bras valides qui se sont adonnés à des travaux de contre-saison. Ce sont : les ventes d’intervention, les programmes de vivres contre travail, les cantines scolaires, la récupération nutritionnelle des enfants, la mise en place de banques de céréales et l’aménagement de petits périmètres irrigués villageois.

Le commissaire a indiqué que le dispositif malien de gestion de la sécurité alimentaire est cité comme un bel exemple de réussite dans le cadre de la prévention et de la gestion de la crise alimentaire qui a secoué les pays du Sahel en 2004-2005.

Par ailleurs, elle a estimé que les travaux de cette année se tiennent à un moment relativement calme par rapport à la campagne dernière et au regard de la bonne production de la campagne 2005-2006 qui dégage un excédent céréalier net de 79 440 tonnes.

Cependant, elle a exhorté tous les acteurs à rester vigilant afin de déceler et éventuellement, faire face à des cas isolés et localisés d’insécurité alimentaire.

«Tout doit être mis en œuvre pour assurer la disponibilité des céréales et l’approvisionnement correct des population particulièrement dans les zones vulnérables» a-t-elle déclaré.

Mais, elle a aussi suggéré que cette période d’accalmie soit mise à profit pour mener la réflexion stratégique en vue du renforcement du dispositif et des moyens du système de sécurité alimentaire et la reconstitution des stocks.

Dans son évaluation de la situation alimentaire 2005-2006, Mary Diallo, coordinateur du SAP a indiqué que la majorité des populations des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal ne connaîtra pas de problèmes alimentaires majeurs durant la campagne de commercialisation 2005-2006.

Cependant, il a révélé que les populations de quatre de 15 communes dans quatre cercles (Goundam, Nianfunké, Youwarou et Bandiagara) des région de Mopti et Tombouctou, ont été classées en difficultés économiques.

Ce sont : les communes de Bintangoungou, Essakane, M’bouma, Issa Béry, Tin Aïcha, Adarmalane, Soumpi, Léré, Dianké, Farimaké, Bandiagara Urbain, Dandoli, Soroly, Doucombo et Wadouba.

Au total, le SAP a formulé 9 recommandations générales et des recommandations spécifiques pour les régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.

De son côté, Oumar Traoré, coordonnateur du PRMC a levé le voile sur le plan d’opération 2006 de sa structure.

Assane Koné

07 mars 2006.