Partager

Les leaders religieux musulmans ont eu des échanges constructifs, le mardi 8 mai dernier, au CICB concernant la situation actuelle au Mali. La rencontre était initiée par le Groupement des leaders spirituels musulmans et soufis du Mali. Elle a été marquée par trois exposés, sur «L’analyse de la situation religieuse» par Tierno Hady Aboubacar Thiam, «L’analyse de la situation sociale» par Mohamed Diallo et sur «L’analyse de la situation politique» par le Président de l’Union des jeunes musulmans du Mali (UJMMA), Mohamed Magui Bah.

La rencontre a enregistré la présence des représentants de toutes les Ziyaras de notre pays. Tous, comme un seul homme, ont interpellé les autorités, la société civile et la classe politique du Mali, face à la dérive que connaît actuellement notre beau pays.

Après la bénédiction de la séance par une lecture du Coran, Thierno Hady Thiam, dans ses mots de bienvenue, a expliqué ses objectifs. Selon lui, elle s’inscrit dans le cadre des préceptes de l’Islam, qui prône l’union et l’entente entre les fidèles. A ses dires, ces messages de l’Islam sont en voie d’être sérieusement mis à mal par des individus qui veulent écorner l’image de la religion pratiquée par 98% des Maliens.

A sa suite, Thierno Hady Aboubacar Thiam, de la Ziyara de Nioro, a indiqué que tout avait pourtant été fait au Mali pour que les musulmans puissent s’entendre. A cet effet, il rappelé la création de l’AMUPI., organisation qui avait pour vocation de regrouper tous les musulmans, malgré leurs divergences d’approches de l’Islam. A son avis, la situation actuelle de notre pays tend à diviser les pratiquants de cette religion. «La religion n’appartient à personne. Dire «laisses pour toi et fait comme moi», ce qui en cours dans le nord du Mali, va nous amener à la guerre», a-t-il regretté. C’est pourquoi il a interpellé nos universitaires et nos grand érudits afin qu’ils se lèvent pour sauver notre religion des attaques de Satan, qui nous divise.
C’est surtout l’invention de Cheick Kounta qui a ému l’assistance. «C’est regrettable qu’à Tombouctou, où on a toujours adoré Dieu, certains prétendent venir nous apprendre l’islam. Jamais l’histoire de la Cité n’a été autant souillée. Nous avons perdu notre dignité. Il faut libérer le nord», a-t-il déclaré. Avant d’expliquer que le fait de rendre hommage aux morts, signifie tout simplement «qu’un jour je vais moi aussi mourir».

L’imam Mohamed Diallo a même cité des exemples donnés par le Prophète Mohamed (PSL), qui rendait hommage aux tombes de grands érudits et de saints. L’imam Diallo a aussi souligné que le problème actuel dépassait le Mali seul. C’est pour cette raison qu’il en appelle à une concertation pour réunir l’ensemble des leaders africains pour débattre de la situation.
De son côté, le Président de l’Union des jeunes musulmans a brossé la situation politique, au lendemain du coup d’Etat du 22 mars dernier.

Youssouf Diallo

22 Septembre du 10 Mai 2012