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L’ex-Ecole Nationale d’Administration (ENA)
transformée en Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP) traverse un moment difficile de son existence. En effet, parfois on se demande si le comportement des uns et des autres dans cette faculté s’explique par la malédiction ou l’incivisme. Si ce n’est pas le premier, c’est peut être le second.

En tout cas, la situation reste critique pour la FSJP. Quand les enseignants baissent le ton, les étudiants prennent le relai.

Hier tout près, les policiers qui maintenaient l’état de siège dans cette faculté, étaient obligés de lancer du gaz lacrymogène pour disperser les étudiants. Cette réplique des policiers est intervenue à la suite du lancement de pierres par les étudiants contre les policiers qui étaient déployés devant l’administration de cette faculté.


Les causes de l’agitation des étudiants

Tout est parti lorsque le syndicat SNESUP FSJP a décrété une grève illimitée à partir du 8 mai 2008 parce que le syndicat demandait au ministre en charge des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique de reconnaître publiquement son tort de s’être interféré dans les affaires des intérieures de cette faculté.

C’était lors de la proclamation des résultats de l’année passées.

Non contents de cette interruption volontaire de travail, les étudiants se sont agités. Car ils demandent à ce que les cours magistraux débutent conformément à la date de la rentrée scolaire 2007-2008 le 8 mai 2008 excepté la 1ère Année Droit dont la rentrée était définitive depuis le début du mois d’avril dernier.

Par ailleurs, selon nos informations, cet argument des étudiants n’est pas la seule raison valable. Car nombreux sont des étudiants qui ont redoublé. C’est pourquoi, ils ne veulent pas que la paix revienne dans cette faculté.

Autre affirmation, cette fois-ci venant des étudiants admis depuis la première session et qui savent réellement pourquoi ils sont dans cette faculté.

Ils ont dénoncé l’attitude de leurs camarades. Pour eux, beaucoup d’étudiants qui ont échoué font partir des membres du comité AEEM de la FSJP. C’est pour cette raison qu’ils s’attaquent aux enseignants. Pire, les étudiants insistent également sur le fait qu’il y ait cette grève illimitée et qu’aucun membre de l’administration ne travaille.

Les explications du doyen de la Faculté

Selon le Doyen Harouna Dembélé, la grève des enseignants n’a pratiquement rien à voir avec le travail que fait l’administration. Il a dit: “quand je suis arrivé lundi vers 9 heures du matin, en voulant accéder à la salle, les étudiants m’ont intercepté et m’ont dit de quitter l’administration et c’est pareil pour les autres administrateurs”.

Les étudiants qui l’ont arrêté avait à leur tête un certain Chaka Diakité dit Chapé et Mamadou Sylla. Pour le premier d’ailleurs, à cause de son indiscipline, le Doyen a dit qu’il avait demandé à ses collègues de le traduire en conseil de discipline. Voilà donc qu’il vient de reprendre ces habitudes.

A ces dires, n’eût été l’apport d’un policier et son collègue Boubacar Fomba, l’affrontement allait être grave pour lui. Car ils sont allés jusqu’à confisquer la clé de sa voiture et lui ont même interdit de téléphoner. Hier matin encore, ils ont retiré la clé des deux portails de la Faculté au gardien et érigé des baricades devant la faculté.

Il lui a fallu passer à la police du 1er Arrondissement pour être escorté à la Faculté. En outre, les étudiants sont même allés jusqu’à écrire sur les banderoles en disant :“nous n’aimons pas un enseignant syndicaliste”.

Comme si l’interdiction est faite à un enseignant de faire partir du syndicalisme. Ce comportement des étudiants, n’est-il pas une atteinte à la personne physique et morale de l’enseignant ?

Pour le moment, l’affaire est devant le conseil de l’université qui souhaite la transférer devant le ministre en charge des Enseignements Secondaire Supérieur et de la Recherche Scientifique.


Fin de la grève illimitée

A entendre le secrétaire général du SNESUP, Docteur Abdoul Mallé, la grève illimitée décrétée le 8 mai dernier est levée depuis hier à partir de 00h.

Rappelons que le SNESUP avait envoyé une lettre de désaveu au Premier ministre pour demander à ce que le ministre n’intervienne dans la gestion universitaire. Cette lettre est parvenue au Premier ministre le 27 avril dernier.

Parallèlement à cela, le ministre du Travail et de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat Abdoul Wahab Berthé a rencontré hier le bureau exécutif du SNESUP.

Ce dernier a pu obtenir la levée du mot d’ordre de grève et a mis en place une commission de médiation qui mènera le dialogue afin que les parties reviennent sur un terrain d’entente pour la reprise définitive de la paix dans nos facultés. Malgré cela, le bras de fer demeure entre le ministre Amadou Touré et le SNESUP.

Des propositions de solutions

Objectivement pour ramener la paix dans cette faculté, le gouvernement doit proposer un dialogue social entre les professeurs de ladite faculté. Car tout le problème se situe à ce niveau. Aujourd’hui, à cause d’une lutte clanique, certains professeurs sont animés d’une mauvaise volonté.

Ce qui fait que les enseignants qui sont opposés aux idéaux de l’administration se mettent derrière les étudiants en les poussant à la révolte contre celles-ci.

Une deuxième proposition à laquelle on doit faire allusion pour que la paix revienne dans cette faculté est l’observation d’une année blanche dans cette faculté comme on l’avait fait précédemment à la FLASH.

Si aujourd’hui, le gouvernement n’intervient pas dans cette faculté, nous pouvons voir ou assister au pire dans les jours à venir, surtout avec l’agitation des étudiants qui sont aujourd’hui prêts au pire pour qu’ils soient admis.


Hady BARRY

15 Mai 2008