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Le communiqué du ministre de la Défense et des Anciens Combattants qui l’annonce parle d’un mort dans les rangs de l’armée malienne. Du côté des assaillants, on dénombre 9 morts, 18 blessés et 3 véhicules détruits. Pour la circonstance, le ministre présente ses condoléances et celles du peuple malien à la famille de l’illustre disparu.

Faut-il le rappeler, le soldat tombé s’appelle Dramane Togo, le frère de Nouhoum Togo, Chargé de mission au ministère de la Défense et des Anciens Combattants. Il fait partie des jeunes volontaires qui avaient intégré l’armée en 2006.

Pourtant, cet accrochage entre forces armées et de sécurité et assaillants surprend plus d’un, quand on sait qu’il intervient au moment où on avait commencé à croire au retour de l’espoir dans le Nord-Mali. Un espoir qui fait suite à la libération de 3 ex-otages, le jeudi dernier, par le groupe rebelle dissident de l’Accord d’Alger.

L’Alliance Touarègue Nord-Mali pour le Changement, dirigée par Ibrahima Ag Bahanga, libère ainsi trois des 33 soldats de l’Armée régulière enlevés le 20 Mars dernier.

Avant cette libération d’otages, on avait assisté à la signature, à Tripoli en Libye, d’une trève entre le gouvernement malien et les alliés du Nord. Qui est donc l’auteur de l’accrochage intervenu samedi dernier entre Aguel-Hoc et Tessalit ? Est-ce l’oeuvre de Bahanga ou d’un autre groupe? Et lequel ?

Nous ne sommes pas concernés par cette attaque. Nous nous (en) désolidarisons. Nous, nous respectons la trêve qui est en cours” , a déclaré un proche de Bahanga à l’AFP. Comme pour dire que dans l’entourage du grand bandit, déserteur de l’armée régulière, on nie toute implication dans l’attaque intervenue entre Aguel-Hoc et Tessalit. S’agirait-il alors d’une stratégie de la part des bandits pour distraire l’opinion qui n’hésiterait pas à pointer un doigt accusateur sur Bahanga et ses hommes?

Pour sa part, le confrère “Le Zénith-Balé”, pense plutôt que le “petit groupe armé qui a surgi et a commencé par tirer sur le convoi de l’armée”, selon un militaire contacté par AFP, est la bande à Mezouk, agent déserteur des Douanes.

Toujours dans sa livraison du lundi 5 Mai 2008, le confrère rappelle que “C’est ce douanier , avec le maire et un des députés de la zone, qui avait suivi Bahanga. C’est bien après que le député a fait volte-face pour se retrouver à Bamako (…) Après leur forfait, les bandits auraient regagné leur base…

Si ce confrère ne précise pas là où se trouve “leur base”, certains pensent que les assaillants ont des liens avec Bahanga. Et comme ce dernier avait proféré des menaces, à la suite de l’assassinat du commandant Barak de l’armée malienne, on estime qu’il n’est pas à l’abri de tout soupçon, après l’accrochage du 3 Mai dernier.

En tout cas, ce n’est pas le confrère “L’Indépendant” qui dira le contraire lorsqu’il écrit, dans sa livraison d’hier, à propos de l’accrochage du samedi, que “ les chefs de file des assaillants sont tous connus comme étant des partisans inconditionnels à Bahanga. Certaines sources indiquent même que la trève annoncée n’est ni plus ni moins qu’une manière de gagner du temps, afin de s’armer davantage…

Dans tous les cas, ce qu’il faut regretter dans la situation à Kidal, c’est le fait que certains individus se permettent d’utiliser la crise au Nord-Mali comme leur fonds de commerce pour gagner de l’argent. A croire que tous les efforts en cours, de la part du gouvernement malien et de ses partenaires pour le développement de la région, ne les intéressent pas personnellement.

C’est pourquoi il suffit qu’un individu trouve quelques armes pour qu’il prenne le maquis, accompagné de quelques hommes, pour mener des attaques. Après le responsable administratif et financier du PIDRK et le douanier déserteur Mezouk, à qui le tour de suivre les pas de Bahanga et ses hommes dans le banditisme armé?

Quoi qu’il en soit, les bandits ne doivent pas perdre de vue cette réalité : “les forces armées et de sécurité poursuivront leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de sécurisation des personnes et de leurs biens, sur l’ensemble du territoire national”, assure le ministre.
Oumar SIDIBE

06 mai 2008