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Sur la base d’une interprétation contestable de l’article 57 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale (4ème législature 2007 – 2012) les députés ont décidé de se réunir, ce jeudi 19 juin, dans la salle Mahamane Alassane Haïdara, en séance plénière, à huis clos, loin des caméras et des oreilles indiscrètes de la presse, sur la situation dans la région de Kidal.

Trois ministres sont interpellés par les élus de la nation afin d’éclairer leur lanterne sur ce qui se passe réellement dans la région de l’Adrar des Ifoghas. Il s’agit du Général Kafougouna Koné de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, de Natié pléah de la Défense et des Anciens Combattants et du Général Sadio Gassama de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile.

En effet, l’article 7 du règlement intérieur stipule que : «Les séances de l’Assemblée nationale sont publiques. Néanmoins, l’Assemblée nationale peut, à mains levées et sans débat, décider qu’elle délibère à huis clos lorsque la demande en est faite par son président ou par le Premier ministre».

Voilà l’alibi que nos honorables députés ont trouvé pour contourner le dernier alinéa de l’article 90 du même texte qui indique que: «Le gouvernement peut être entendu, à sa demande, en séance plénière pour expliquer sa politique dans un domaine précis ou sur des questions d’actualité.

Dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale, le débat sur les questions orales, d’actualité et les interpellations est retransmis en direct ou en différé intégral par les médiats d’Etat».

Malheureusement, il n’y aura aucune presse au cours des débats. La justification pour le huis-clos, nous a-t-on dit, repose sur le fait que «certains députés pourraient s’en prendre à des pays voisins, aux bandits armés, aux plus hautes autorités du pays, aux Touaregs…». Ce qui n’est, semble t-il, pas une bonne chose sur les antennes publiques.

C’est le lieu de rappeler qu’un des leurs, Deïty Ag Sidi Alamine, député URD, élu à Tessalit, réputé être un des principaux bailleurs de fonds des bandits armés, a abandonné l’Hémicycle pour rejoindre Ibrahim Bahanga dans sa base de Tin-Assalak.

Idem pour Ahmada Ag Bibi de l’ADEMA, élu à Abeïbara et porte-parole de la soi disante «Alliance Démocratique du 23 mai pour le changement» qui est présentement désigné, à l’instar du premier, membre de la délégation des groupuscules disparates de bandits armés pour l’évaluation de l’Accord d’Alger.

Au cours des débats qui seront présidés par Dioncounda Traoré, il serait intéressant que des députés s’interrogent sur la présence de leurs deux collègues auprès des bandits armés de Kidal. Il est également souhaitable que la résolution issue des débats soit rapidement mise en route. Dans la mesure où elle sera transmise obligatoirement au gouvernement.


Chahana TAKIOU

19 Juin 2008