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Particulièrement pour les jeunes et les mineurs qui y ont accès librement. Ils sont nombreux à se rendre dans les cybercafés rien que pour se « rincer » les yeux.

Si beaucoup de promoteurs n’ont pas encore fermé boutique, c’est parce que les sites pornos sont bien prisés de la clientèle. « Les amateurs des sites pornographiques constituent l’essentiel de ma clientèle sans distinction de sexe ou de catégorie d’âge. Mais les jeunes sont les plus nombreux. Il y a aussi les mineurs et parfois même des adultes. Certains passent des heures à ouvrir et rouvrir des fichiers pornos en version photos et vidéos. Ils paient pour se faire plaisir et je n’ai rien à leur reprocher. Et puis ce n’est pas interdit de regarder les photos et les vidéos pornographiques dans un cybercafé« , confie un gestionnaire d’un cybercafé situé au bord de la route de Koulikoro.

Ce centre est équipé d’une vingtaine d’ordinateurs. Il est aménagé de telle sorte que les clients peuvent librement surfer sur Internet en toute discrétion. « Nos ordinateurs sont placés dans les box qu’on a fait confectionner chez un menuisier. Les box permettent aux clients de travailler en toute tranquillité. C’est ce qui plaît aux amateurs de sites pornographiques« , raconte notre interlocuteur.

Regarder des scènes érotiques constitue actuellement l’une des distractions favorites pour bon nombre de jeunes qui naviguent sur Internet. Il est fréquent que des jeunes et même des mineurs, notamment des élèves, accèdent à Internet pour regarder des sites pornographiques.


La gêne de leurs voisins

« Ici les mineurs ne sont pas autorisés à regarder les sites pornos. Mais certains ne manquent pas d’astuces pour ouvrir les fichiers pornos à la moindre inattention« , souligne le gérant d’un autre cybercafé à Djélibougou. Ici les ordinateurs ne sont pas placés dans des box. Ils sont plutôt installés côte à côte. Ce qui fait que les uns peuvent regarder les écrans des autres. Mais cela n’empêche pas les amateurs d’images chaudes à s’adonner à leur passe temps favori. Ils n’ont cure de la gêne de leurs voisins.

« J’ai horreur des images pornographiques. Je suis très gêné que des gens regardent les sites pornos à côté de moi. Si je pouvais, je les empêcherais de naviguer ici« , s’offusque Bouba. Cet étudiant en sociologie est indigné par le comportement des jeunes qui se délectent de ces images érotiques et pornographiques.

« Il y a des choses utiles sur le Net qui peuvent permettre à la jeunesse de s’épanouir, de s’informer et de se former, mais beaucoup préfèrent se noyer avec les sites pornos. C’est dommage« , critique-t-il en s’adressant au gérant du cyber.

« Ici tous les clients sont les bienvenus. Je ne pense pas s’il faut privilégier un client par rapport à un autre, ce n’est pas bon pour mes affaires« , réplique le gérant.

Le propriétaire d’un cybercafé du centre ville avoue que les jeunes qui viennent surfer sur les sites pornos qui représentent environ 60% de son chiffre d’affaires mensuel.
Même si la majeure partie des connexions servent à chercher des informations, les sites pornographiques jouissent d’un engouement certain pour beaucoup de jeunes.

« C’est scandaleux que des jeunes ne trouvent rien d’autre à regarder sur Internet que des sites pornos « , s’indigne un enseignant du second cycle qui naviguait sur Internet dans un cybercafé. « Il n’y a pas que le sexe sur le Net. C’est le propre des jeunes de faire des bêtises. Il faut les aider à dépasser cette étape« , estime un autre internaute.

ÉDUCATION SEXUELLE

Certains trouvent que regarder les sites pornographiques contribue à l’éducation sexuelle des jeunes. « Je n’ai pas honte de me connecter sur les sites pornos dans les cyber. C’est un lieu où chacun est libre de se détendre. Et puis regarder les images pornos ne signifie pas qu’on est un satyre ou un obsédé sexuel« , se défend un lycéen.

Cet internaute est un féru des images pornos et érotiques sur Internet. « Certains de mes collègues lycéens se moquent de moi, mais ils savent que je suis plus informé sur la vie sexuelle qu’eux. D’ailleurs ils prennent beaucoup d’information avec moi« , se glorifie-t-il.

« Les sites pornos sont l’une des façons de faire l’éducation sexuelle des adolescents. Je n’ai rien contre un petit porno. De temps en temps, ça détend et en même temps ça fait partie de l’éducation sexuelle. Je pense que c’est un peu exagéré de critiquer quelqu’un parce qu’il s’intéresse aux sites pornographiques. »

Cet adepte des images érotiques oublie peut-être qu’il y a un gros risque de déviance pour les jeunes qui ont accès à certaines scènes particulièrement chaudes. Un jeune étant par essence mentalement friable, peut subir cette influence néfaste et tomber dans le travers de la dépravation sexuelle.

L’accès facile à ces images, peut provoquer chez les jeunes la chute des barrières liées à la sexualité.
Pour limiter les dégâts que peuvent causer les sites pornographiques, un professeur en informatique suggère l’introduction d’un système de classification des sites pour adultes afin de « purifier » Internet pour la jeunesse.

« Internet a engendré de nombreux sites pornographiques sur le web. Et les sites pornographiques sont toujours installés sur des serveurs à l’extérieur« , constate-t-il. Cet expert en informatique estime que les sites web devraient pourvoir aux besoins des jeunes et améliorer leur environnement car « il est impossible de bloquer toutes les informations malsaines du Net.« .

« L’information présente sur ces sites joue un rôle clé dans les délits liés au sexe« , commente-t-il, ajoutant que la fonction première est d’aider les jeunes gens à améliorer leur habilité à juger ce qui est bien, et de se contrôler eux-mêmes lors de la consultation de pages web au contenu malsain.

Il est très important aujourd’hui pour nos autorités d’inspecter et de filtrer les sites sexuels explicites. Comme à l’image de la Chine qui a récemment lancé une campagne de nettoyage sur le Net. Dans ce pays très peuplé, les différents départements d’application de la loi ont trouvé et effacé plus de 60 000 messages postés et ordonné la fermeture de plus de 2000 sites.

M. KÉITA- L’Essor

17 septembre 2007.