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L’Etat malien est-il vraiment soucieux de la sécurité de ses citoyens ? La réponse, assurément, est non. L’attaque de Siradiouba, mardi 6 novembre, qui a fait 5 morts et 13 blessés parmi les Maliens, démontre encore une fois que les autorités continueront à coltiner le poids de leur incapacité (qui pèse des tonnes) à assurer la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national.

La population de Siradiouba, village malien dans la Commune rurale de Guerenikoro (cercle de Yanfolila) frontalier avec la Guinée, a été de nouveau la cible d’habitants de Dalakan (Guinée) le mardi 6 novembre 2007. L’attaque, menée par une centaine de jeunes Guinéens, a fait 5 morts dont un gendarme et 13 blessés graves. Les blessés ont été évacués sur le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré pour y recevoir des soins.

Ce n’est pas la première fois que Siradiouba est l’objet d’attaques de Guinéens. La dernière en date remonte au 26 mai dernier. Elle avait occasionné la mort d’un des vieux du village, Domo Noumankan Sidibé. Le moins que l’on puissse dire, et c’est là que le bât blesse, c’est que toutes ces représailles de paisibles maliens se font au su et au vu de nos autorités sans que celles-ci ne prennent des mesures appropriées pour assurer la sécurité des populations du village.

Après l’assassinat du vieux Domo, le chef de vilage de Siradiouba s’était transporté à Bamako dans l’espoir de rencontrer une autorité ministérielle, voire le président de la République afin de lui faire comprendre de la nécessité d’installer une base militaire à Siradiouba. Le chef de village passera deux semaines à Bamako sans pouvoir rencontrer le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales ou celui de la Sécurité intérieure et de la Protection civile.

Les évènements douloureux de mardi dernier viennent donc de lui donner raison sur la pertinence de sa démarche. Parce qu’il est temps que l’Etat rompt avec son laxisme qui consiste à vouloir comalter les brêches. Car en lieu et place de mesures concrètes qui pouvaient se traduire au moins par le déploiement d’un contingent de soldats à la frontière, nos autorités se sont lancées dans une diplomatie sans issue pour les populations de Siradiouba en tout cas.

Echec et mat pour la diplomatie

Après les attaques de Siradiouba en mai dernier, comme solutions, le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général de brigade Sadio Gassama, avait rencontré son homologue guinéen à Sélingué. Aux termes de cette rencontre, il avait été décidé de rencontres périodiques des ministres, des gouverneurs, des préfets et sous-préfets, de collaboration entre les patrouilles des deux pays pour traquer les contrebandiers et les bandits, etc. Avec la mort des 5 Maliens, qui n’ont eu pour tort que d’habiter à la frontière, l’on est en mesure de dire que cette rencontre a été totalement un échec.

Il est temps que nos autorités revoient nos relations avec nos pays voisins paticulièrement avec la Guinée du général Lansana Conté. « On ne peut pas dire qu’on est ami du Mali, alors que l’on continue à maltraiter ses ressortissants », avait fermement dit Alpha Oumar Konaré aux autorités françaises lorsque des charters déversaient à l’aéroport Bamako-Sénou des immigrés maliens, expulsés dans de conditions infra humaines.

De la même manière, ATT, courageusement, devrait rappeler au général Conté, qu’on ne peut pas dire que « la Guinée et le Mali sont les deux poumons d’un même corps alors que des Maliens sont sauvageusement tués par ses administrés ».

La Guinée ne peut pas prétendre être un ami au Mali alors que ses autorités ne font rien pour arrêter leurs concitoyens criminels et les livrer soit à leur justice soit à celle du Mali. De toute façon, il urge que nos plus hautes autorités prennent leur responsabilité, notamment en réorganisant leurs services de renseignements.

Denis Koné


Des autorités au chevet des bléssés

Les bléssés évacués sur le CHU Gabriel Touré ont reçu hier les visites du président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, et du secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités trerritoriales, Mamadou Seydou Traoré. Le dernier nommé était venu au nom du ministre Kafougouna Koné présenter ses voeux de prompt rétablissement aux blessés. A croire le secrétaire général du ministère de l’Administration, l’Etat va prendre l’affaire en main.

Selon les malades que nous avons pu rencontrer, les assaillants ne seraient pas seulement des populations de Dalakan, le village guinéen avec lequel elles partagent une frontière. On compte parmi eux des rebelles démobilisés du Libéria qui, selon les témoignages, étaient habillés en treillis militaire. Ces témoignages sont du reste, confirmés par le directeur de l’hôpital Gabriel Touré. Selon le directeur du CHU Gabriel Touré, la vie des blessés n’est certes pas en danger, mais il reste toutefois prudent car, dit-il, ce sont des armes de guerre qui ont occasionné les blessures.

Les soins des blessés sont entièrement pris en charge par l’hôpital, nous a confirmé le directeur de l’hôpital.

D.K

08 novembre 2007.