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Au troisième jour de son procès pour « crimes contre l’humanité », l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo a assuré que son mari l’aurait giflée si elle lui avait demandé de d’abandonner le pouvoir.
La cour d’assises d’Abidjan juge depuis mardi Simone Abagbo, âgée de 66 ans, pour « crimes contre l’humanité, crimes contre les prisonniers de guerre, commis lors de la crise postélectorale de 2010-2011. L’épouse de l’ex-président Gbagbo comparaît alors qu’elle purge déjà une première peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État », prononcée l’an dernier.

Jeudi 2 juin, au troisième jour du procès, le juge Bouakhi Kouadio lui a posé une question simple : « Pourquoi n’avez-vous pas demandé à votre mari d’abandonner le pouvoir? », a-t-il demandé. « C’est lui ( Laurent Gbagbo) le vainqueur, il m’aurait giflée si je lui faisais la suggestion », a répondu Simone Gbagbo, déclenchant des rires dans la salle.

L’ex-Première dame a également défendu le rôle joué, pendant la crise, par les « Jeunes patriotes », un mouvement politique pro-Gbagbo accusés de violences par ses détracteurs. Charles Blé Goudé, chef du mouvement, est actuellement jugé en compagnie de son mentor Laurent Gbagbo à La Haye.

« Je n’ai jamais vu de patriotes en armes »

« Les patriotes ont fait oeuvre utile en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens devraient s’aligner pour leur dire merci », a-t-elle affirmé, se disant « choquée quand on les accuse d’exactions ».

« Je n’ai jamais vu de patriotes en armes (lors de la crise postélectorale) », a-t-elle souligné, à la question du juge qui lui demandait, « Qui tenait les kalachnikovs dans les rues ? »

Simone Gbagbo a par ailleurs assuré être étrangère au mode de financement du mouvement, qui avait pignon sur rue pendant le mandat de son mari. « Je participais à leurs manifestations, notamment des meetings, mais je n’étais pas leur financier », s’est-elle défendue.

Jeune Afrique du 3 juin 2016