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Nous nous inquiétions dans notre parution n°2492 du 18 octobre de ce que sera l’agenda du président ATT en France, en particulier s’il sera reçu ou non par Sarkozy. Nous nous inquiétions car il est de notre devoir d’espérer que la chose fut possible et inscrite au programme. Eh bien nous sommes heureux de vous dire que les deux hommes d’Etat se sont rencontrés et ont débattu et nous osons penser que l’interpellation du Républicain y a été pour quelque chose car il faisait suite à une supputation de l’hebdomadaire Jeune Afrique laissant entendre que cela n’était pas à l’ordre du jour.

Ils se sont donc vus et ont parlé, entre autres, de deux sujets brûlants qui intéressent les Maliens au plus haut point: le conflit dans le Nord Mali et la récente loi sur le test ADN dont l’application affectera nombre de nos compatriotes.

Sur le Nord nous avons eu droit à un ton de fermeté (en langage diplomatique) quant à la manière de traiter désormais une rébellion touarègue teigneuse. En clair, les deux hommes ne font pas mystère de vouloir en découdre et d’engager un vrai affrontement avec les hommes de Bahanga et Fagaga.

Une telle initiative, parce qu’elle engage le pays tout entier, aujourd’hui et demain, doit faire l’objet d’une analyse plus approfondie qui aura épuisé toutes les autres voies de recours, ce qui n’est pas le cas.

Tout sauf la guerre!

Quant à la loi sur le test ADN effectivement votée par l’Assemblée nationale française, nous l’avons dit plus haut, elle intéresse une frange importante de nos compatriotes. Si elle a soulevé de vives protestations en France et ailleurs, au Mali, officiellement, aucune autorité ne s’est manifestée sur le sujet.

Le voyage en cours du président de la République ne l’évoque que pour le réduire à sa dimension intérieure: une affaire franco-française. ATT a esquivé la question. Et pourtant son avis aurait pu apporter la preuve d’une assistance, même psychologique, dont nos compatriotes ont besoin et dont il se veut le porteur.

ATT s’est tu quand il s’est agi du visa biométrique, il s’est tu quand il s’est agi de l’immigration choisie, il s’est encore tu face au test ADN. Il devrait pourtant savoir que gouverner c’est… communiquer.

S. El Moctar Kounta

30 octobre 2007.