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Pour marquer le lancement de ses activités, l’Amicale des anciens élèves du lycée de Sikasso (Anelysko) a organisé samedi dernier dans la Capitale du Kénédougou une conférence débats sur le thème « la culture sénoufo ».

C’est pour contribuer à mieux faire connaître le peuple sénoufo, sur lequel il y a eu plusieurs écrits mais qui reste encore peu connu, que les anciens élèves du lycée de Sikasso se sont donnés rendez-vous le 31 mai dernier dans la Cité Verte pour parler de la culture sénoufo.

A travers une conférence débats organisée au lycée Mgr de Montclos, les responsables de l’Anelysko ont voulu créer un espace de cohésion, de fraternité et de solidarité entre les fils de la Capitale du Kénédougou. Ont fait le déplacement de Sikasso d’éminentes personnalités, des étudiants de différentes Facultés de Bamako et de fervents défenseurs de la culture sénoufo.

En choisissant le thème « la culture sénoufo », l’Anelysko entendait non seulement mettre en scène et célébrer la culture sénoufo mais également faire ressortir les traits cardinaux de l’hospitalité légendaire du Kénédougou afin de léguer à la génération montante les us et coutumes du terroir sénoufo. Dr.

Alain Do Cissé, professeur à la Faculté des lettres, arts et sciences humaines et père Emilo, fondateur du Centre de recherche sur la culture sénoufo, ont entretenu l’assistance.

Qui sont les Sénoufo ? D’où viennent-ils ? Père Emilo qui a consacré son exposé sur ces deux sous-thèmes dira que le Sénoufo est un paysan, un homme de paix et un homme profondément religieux.

Selon lui, le peuple sénoufo est estimé dans le monde à 2 millions de personnes. Et de poursuivre que les Sénoufo viennent de la haute Côte d’Ivoire et du Mali notamment des cercles de Koutiala, Yorosso, Kadiolo.

Le Dr. Alain Do Cissé, qui a axé son intervention sur la culture sénoufo, a défini la culture comme celle qui reste lorsque tout a été oublié. Il a indiqué que chez les Sénoufo l’éducation traditionnelle des garçons se faisait surtout à travers des rites initiatiques comportant des moments dans la forêt, des moments de loisirs et une mort rituelle.

Quant à l’éducation des filles, le conférencier a soutenu qu’elle se fait en famille mais aussi dans le vestibule et la case d’excision. « Les interdits ont une grande part des percepts éducatifs ».

En guise de conseils, Dr. Cissé a demandé aux jeunes de rechercher et connaître les valeurs et traditions avec objectivité, de s’adapter au contexte sans corrompre et rechercher l’excellence en toute chose.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le directeur national du patrimoine culturel, Kléssigué A.

Sanogo, représentant le ministre de la Culture, a laissé entendre que la démarche de l’Amicale contribuera à l’enracinement de la culture dans notre pays. Ce qui, a-t-il dit, est une chance pour la jeunesse de retrouver ses repères naturels. Il a réitéré l’intérêt du département de la Culture à accompagner les activités de l’Anelysko.

Le choix du lycée Mgr de Montclos pour abriter la conférence-débats découle du souvenir que l’Anelysko garde de l’historique établissement scolaire. Créé en 1973 avec 3 classes, le lycée de Sikasso compte aujourd’hui 61 classes pour 3524 élèves.

La rencontre qui s’est achevée sur une soirée de balafon consacre le lancement des activités de l’Anelysko.


Mohamed Daou

(envoyé spécial)

02 Juin 2008