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Plus de 14 milliards de FCFA pour le Plan d’action 2008-2012 de la microfinance


14 157 500 000 FCFA. Tel est le montant que les coopérations canadienne et danoise se sont engagées à mettre à la disposition du gouvernement malien pour le financement du Plan d’action 2008-2012 pour le développement de la micro fiance à travers une intervention commune dénommée mécanisme de financement commun. Les documents relatifs à cette manne financière ont été signés, le vendredi 14 novembre, par les ministres des Finances, Abou-Bakar Traoré, de l’Economie, de l’industrie et du commerce, Amadou Abdoulaye Diallo et l’Ambassadrice du Danemark au Mali, Margit Thomsen
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C’est une bouffée d’oxygène que les coopérations canadienne et danoise apportent au secteur de la micro finance malien, qui avec sa place dans notre économie, a besoin de plus de ressources, notamment de ressources longues.

En effet, cette signature, qui a eu lieu dans la salle de conférence du département de l’Economie, de l’industrie et du commerce, sous les yeux attentifs du président de l’Association professionnelle des institutions de micro finance, Ousmane Traoré, entouré pour la circonstance de nombreux patrons des institutions de micro finance , marque le démarrage effectif de la mise en œuvre du mécanisme de financement commun, pierre angulaire de la stratégie nationale pour le développement de la micro finance et son plan d’action 2008-2012.

Ces documents ont été élaborés par le gouvernement malien pour développer le secteur de la micro finance au bénéfice des populations plus particulièrement les femmes et les jeunes. Le ministre Amadou Abdoulaye Diallo de laisser entendre que  » les différentes orientations fondamentales de cette politique, à savoir, une bonne couverture du territoire national, la diversification de l’offre de services financiers de proximité par l’appui à l’émergence de systèmes financiers décentralisés professionnalisés, sont contenues dans le PDES et le CSCRP II « .

Cet arrangement de financement commun Canada – Danemark de plus de 14 milliards de FCFA, témoigne de la volonté des deux pays donateurs d’harmoniser leurs interventions conformément à l’Accord de Paris et son plan d’action d’Accra en matière d’efficacité de l’aide au développement. « Le Danemark accorde beaucoup d’importance à l’accès au financement, un aspect substantiel pour la croissance économique  » a souligné l’ambassadrice du Danemark au Mali, Margit Thomsen. Elle a espéré que le financement, qui sera fait à travers le projet PAPESPRIM, puisse contribuer, de manière efficace, à mettre en œuvre le plan de travail respectif et surtout à développer des produits spécifiques financiers afin d’améliorer l’accès au crédit en général et plus spécifiquement pour les femmes et les jeunes.

Le secteur de la micro finance a gagné en importance au cours des dernières années, comme composante dynamique du système financier. Les chiffres avancés par le président de l’APIM, Ousmane Traoré sont révélateurs. Selon lui, les systèmes financiers décentralisés (SFD) comptent aujourd’hui 840 agences ou points de services à travers le pays contre 100 pour le système bancaire, emploient 3 100 salariés, sans oublier les travailleurs bénévoles.

Ces institutions de la micro finance ont mobilisé en juin 2008, 50 milliards de FCFA et distribué 68 milliards FCFA, soit l’équivalent du portefeuille de crédit d’une seule banque. Elles enregistrent 900 000 membres, soit 10% de la population malienne, sur lesquels 403 400 ont bénéficié de prêts en 2007, soit 16 % d’augmentation par rapport à 2006.

A en croire le président de l’APIM, le soutient n’a pas manqué au secteur pour atteindre de tel résultat. Malgré cette marque de considération, Ousmane Traoré n’a pas manqué de souligner certaines préoccupations du moment auxquelles le secteur est confronté. Il a cité la concurrence acerbe des banques dans le secteur au lieu d’une complémentarité, la faible mobilisation des ressources locales et l’absence de ressources à moyen et long termes.

A ces préoccupations, vient se greffer la crise financière qui secoue le monde. «  En ce qui concerne le secteur de la microfinance, la sérénité prévaut encore de nos jours, les SFD du Mali, avec 4 milliards d’engagements extérieurs, soit 6% de leur portefeuille, se trouvent être à l’abri de ces secousses financières  » a-t-il expliqué.

Youssouf CAMARA

17 Novembre 2008